Asie - «Menacée», l’équipe de Nouvelle-Zélande de cricket fuit le Pakistan
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Asie«Menacée», l’équipe de Nouvelle-Zélande de cricket fuit le Pakistan

L’équipe néo-zélandaise de cricket a décidé de fuir le Pakistan, où elle s’apprêtait à disputer une série de matches, en raison «d’une menace spécifique et crédible».

Des policiers à l’extérieur du Rawalpindi Cricket Stadium, le 17 septembre 2021.

Des policiers à l’extérieur du Rawalpindi Cricket Stadium, le 17 septembre 2021.

AFP

L’équipe néo-zélandaise de cricket est arrivée dimanche à Dubaï après avoir quitté précipitamment le Pakistan où elle a décidé d’annuler sa participation à plusieurs matches, invoquant des raisons de sécurité, a annoncé sa fédération.

«Les Blackcaps sont arrivés à Dubaï après avoir quitté Islamabad à bord d’un vol charter la nuit dernière (samedi)», a indiqué la fédération de cricket néo-zélandaise dans un communiqué. Les 34 joueurs et accompagnateurs sont tous confinés dans un hôtel pour une période d’isolement de 24 heures, ajoute ce texte. Ils ont été transportés depuis leur hôtel vers l’aéroport d’Islamabad à bord de bus aux vitres blindées.

Le chef de cette fédération David White a reconnu que c’était une «période terriblement difficile» pour la fédération pakistanaise de cricket, mais que la Nouvelle-Zélande n’avait pas d’autre choix que de quitter le pays. Les responsables de la fédération néo-zélandaise se sont toutefois refusés à préciser la nature des menaces sécuritaires pesant sur leur équipe.

«Menace spécifique et crédible»

«Des détails spécifiques ne pourront pas et ne seront pas révélés, publiquement ou en privé», a déclaré David White. «Ce que je peux vous dire que nous avons été informés d’une menace spécifique et crédible contre notre équipe», a-t-il assuré, précisant que cela rendait impossible de rester dans le pays.

La fédération néo-zélandaise assure avoir correctement évalué la situation sur place et les risques encourus avant de décider de gagner le Pakistan mais que tout a changé une fois sur place. «Tout a changé vendredi», a-t-il affirmé, notamment le «niveau de menace» pesant sur l’équipe.

La fédération de cricket néo-zélandaise «nous a fait savoir qu’elle avait été informée d’un risque sécuritaire et qu’elle avait décidé de reporter unilatéralement la série de matches», avait indiqué vendredi le Pakistan Cricket Board (PCB) dans un communiqué, publié quelques minutes après l’heure initialement prévue pour le premier match.

Coup dur pour le Pakistan

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan s’est entretenu vendredi au téléphone à ce sujet avec son homologue néo-zélandaise Jacinda Ardern pour lui assurer que «l’équipe néo-zélandaise bénéficiait d’une sécurité à toute épreuve», a précisé le ministre pakistanais de l’Information, Fawad Chaudhry, sur Twitter.

«Selon le PCB, les autorités néo-zélandaises se sont montrées satisfaites des dispositions de sécurité au Pakistan» et ont estimé qu’il n’y avait «aucune menace pour l’équipe néo-zélandaise», a-t-il ajouté. «Cependant, la Première ministre néo-zélandaise a demandé de reporter la rencontre» par prudence. Cette décision constitue un coup dur pour le Pakistan, privé durant des années de compétitions internationales sur son sol à la suite de l’attentat de 2009 commis contre l’équipe de cricket du Sri Lanka.

Elle pourrait notamment remettre en cause une tournée de l’équipe d’Angleterre prévue en octobre qui aurait été la première depuis 16 ans. Des déplacements prévus de l’équipe australienne en février et des West Indies (Indes occidentales, appellation regroupant plusieurs pays des Caraïbes sous la même bannière sportive) en décembre semblent également compromis. «L’Angleterre ne viendra probablement pas, l’Australie non plus, et ce sera un choc», a estimé le chroniqueur de cricket Osman Samiuddin, interrogé par l’AFP.

(AFP)

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