Actualisé 13.09.2016 à 06:51

FranceMenaces d'attentat: les 3 femmes écrouées

Elles sont soupçonnées d'avoir préparé un attentat sur ordre du groupe EI.

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Inès M., Ornella G. et Sarah H. (de gauche à droite) ont été condamnées respectivement à 30, 25 et 20 ans de prison.

Inès M., Ornella G. et Sarah H. (de gauche à droite) ont été condamnées respectivement à 30, 25 et 20 ans de prison.

AFP
Entre 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées de l'attentat raté près de Notre-Dame, à Paris. Elles doivent connaitre leur sort lundi 14 octobre.

Entre 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées de l'attentat raté près de Notre-Dame, à Paris. Elles doivent connaitre leur sort lundi 14 octobre.

AFP
Cinq femmes comparaîtront lundi aux assises, à Paris, pour avoir tenté de perpétrer un attentat près de la gare de Lyon, en septembre 2016. Des bonbonnes de gaz avaient été découvertes dans une voiture. (Samedi 21 septembre 2019)

Cinq femmes comparaîtront lundi aux assises, à Paris, pour avoir tenté de perpétrer un attentat près de la gare de Lyon, en septembre 2016. Des bonbonnes de gaz avaient été découvertes dans une voiture. (Samedi 21 septembre 2019)

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Les trois femmes soupçonnées d'avoir voulu commettre un attentat en France, téléguidé depuis la zone irako-syrienne via internet, ont été mises en examen lundi soir à Paris par des magistrats antiterroristes. Elles ont aussi été écrouées.

Elles ont été mises en examen pour association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteintes aux personnes, a annoncé le parquet de Paris.

Inès M., 19 ans et Sarah H., 23 ans, ont en outre été mises en examen du chef de tentative d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et Amel S., 39 ans, pour complicité de ce crime. Mohamed Lamine A., 22 ans, compagnon de Sarah H., a lui été mis en examen pour non-dénonciation d'un crime terroriste.

Les quatre personnes ont toutes été incarcérées, mais Inès M. a sollicité un délai pour préparer sa défense dans le cadre d'un débat différé sur sa détention provisoire.

Les trois femmes avaient été interpellées jeudi soir dans l'Essonne par les policiers lancés à leur recherche. Les forces de l'ordre avaient découvert quelques jours plus tôt, en plein coeur de Paris, une voiture chargée de bonbonnes de gaz.

Autre enquête

Dans une enquête distincte, un adolescent radicalisé de quinze ans, arrêté samedi dans le XIIe arrondissement de Paris, a lui aussi été mis en examen lundi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Il a également été écroué.

Selon une source proche de l'enquête, le mineur avait fait état sur la messagerie cryptée Telegram «d'un passage à l'acte avec une arme blanche». Ce qui avait mis en alerte samedi les services de sécurité sur plusieurs sites sensibles à Paris.

Point commun

Les enquêteurs entrevoient un point commun entre ces deux dossiers: les contacts entretenus sur internet par ces femmes et par ce mineur avec Rachid K., 29 ans. Ce djihadiste français téléguide ses émules via Telegram, probablement depuis la zone irako-syrienne.

Ce réseau de messagerie crypté est considéré aujourd'hui comme l'un des moyens de communication préférés des djihadistes.

Selon les enquêteurs, Rachid K. aurait inspiré, de manière plus ou moins directe, les attaques de Magnanville (Yvelines), où un policier et sa compagne ont été tués le 13 juin, et de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), un prêtre a été tué dans une église le 26 juillet.

Récidive

Juste avant son interpellation, Sarah H., consciente d'être repérée, avait attaqué l'un des policiers dans son véhicule en lui assénant un coup de couteau, le blessant à une épaule. Inès M. s'était lancée sur un autre fonctionnaire, couteau à la main, avant d'être blessée par le policier.

Pour les enquêteurs, il ne fait aucun doute que les trois femmes, après l'échec de l'attaque à la voiture piégée qui n'a pas explosé, comptaient repasser à l'action: le commando entendait «clairement (...) commettre un attentat», avait déclaré vendredi le procureur de Paris, François Molins.

Ces trois femmes, dont les deux plus jeunes étaient connues des services pour leur radicalisation et des velléités de départ en Syrie, avaient évoqué des gares de l'Essonne et de Paris ainsi que des policiers comme cibles potentielles, selon des sources proches de l'enquête. Elles envisageaient aussi de se procurer des ceintures explosives ou de lancer des voitures contre des bâtiments, précise une de ces sources.

Perquisition

En perquisition, les policiers ont trouvé au domicile d'Amel S. sept bouteilles en verre vides, «avec à proximité ce qui pourrait s'apparenter à des mèches artisanales en papier» et dans son véhicule «deux jerricans de cinq litres avec des résidus de carburant», avait détaillé le procureur. Sa fille, 15 ans, a été relâchée dimanche.

Samedi, une première suspecte, Ornella G., 29 ans, une convertie radicalisée, avait été mise en examen et écrouée dans l'enquête sur la voiture remplie de bonbonnes de gaz où son empreinte avait été retrouvée.

Selon son récit, elle a échoué à mettre le feu au véhicule dans la nuit du 3 au 4 septembre avec Inès M., avant de fuir en croyant voir un policier en civil. Les modalités de l'attaque à la voiture piégée correspondent aux consignes que Rachid K. dispense via internet.

(AFP)

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