Formule 1 - Mercedes va-t-elle confirmer son appel?
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Formule 1Mercedes va-t-elle confirmer son appel?

Le Grand Prix du siècle, à Abu Dhabi, a été complètement bouleversé à un tour de l’arrivée pour se conclure sur la victoire-surprise de Max Verstappen. Oui, mais l’écurie Mercedes a déposé réclamation avec de solides arguments.

par
Luc Domenjoz

Dernier tour de folie

Il restait cinq tours à boucler. Lewis Hamilton allait s’imposer avec plus de 10 secondes d’avance sur Max Verstappen et ainsi devenir champion du monde pour la huitième fois. C’est alors que l’invraisemblable coup de théâtre se produit. La sortie de piste de Nicholas Latifi cause la neutralisation derrière la voiture de sécurité.

Dans de tels cas, l’article 48 du règlement sportif de la Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA) entre en jeu. Et il est très contraignant.

Mais dimanche, Michael Masi, le directeur de course, a pris des libertés avec l’alinéa 12 de cet article, que voici: «Lorsque le message «Les voitures à un tour peuvent maintenant doubler» est affiché (…) ces voitures doivent reprendre place derrière la voiture de sécurité (…). Une fois que la dernière voiture doublée a passé la voiture de sécurité, la voiture de sécurité retournera dans les stands à la fin du tour suivant», et donc non pas à la fin du tour en question.

Mais on en était au 57e des 58 tours. Pour permettre à la course de repartir dans le dernier tour, le directeur de course a donc simplifié la procédure, n’a pas attendu que les voitures doublées reprennent leur place à l’arrière du peloton, et a relancé la course sans attendre le tour de plus pour faire rentrer la voiture de sécurité, alors que le règlement l’y oblige pourtant.

Mercedes fait appel

Évidemment, chez Mercedes, la pilule était amère à avaler. Dans son casque, Lewis Hamilton a eu une phrase qui n’est pas passée à l’antenne: «Ce championnat est manipulé.»

Dans le stand, Toto Wolff, le patron, a essayé d’empêcher Michael Masi de procéder de cette manière. «Je suis un type calme, mais quand on s’en prend à mon équipe, je peux devenir méchant», assurait-il vendredi, en conférence de presse. Des propos prémonitoires?

Après la course, Mercedes a déposé deux réclamations, contre des violations des articles 48.8 e) et 48.12 du règlement (celui cité ci-dessus).

Pour le cas du 48.8., Mercedes faisait remarquer que Max Verstappen a brièvement doublé Lewis Hamilton derrière la voiture de sécurité, ce qui est interdit. Mais ce qui se pratique souvent: le deuxième remonte à la hauteur du premier, très brièvement, pour montrer son nez, avant de ralentir et de le laisser reprendre la tête. Mercedes a été débouté de cette réclamation et n’a pas fait appel.

Mais Mercedes a aussi été débouté de la réclamation pour violation de l’article 48.12, et pour ce cas, l’écurie a annoncé son intention de faire appel, s’octroyant ainsi 96 heures de répit pour décider de porter l’affaire – ou non – auprès du Tribunal d’appel de la FIA, à Paris.

Soirée au Louvre

Ce temps de réflexion sert à mettre au point les arguments juridiques, mais aussi à jauger les conséquences de l’appel. Car il n’est pas sûr qu’une écurie avec le prestige de Mercedes ait envie de passer pour de mauvais perdants, même si ses arguments sont solides. Et il n’est pas sûr que Lewis Hamilton ait envie de décrocher son huitième titre sur le tapis vert d’un tribunal parisien.

La décision pourrait tomber, techniquement, jusqu’à jeudi soir. Mais jeudi soir, précisément, Lewis Hamilton et Toto Wolff doivent se rendre à Paris pour assister à la soirée de gala de la FIA et y recevoir, le premier le titre de vice-champion du monde, et le second le titre de champion du monde des constructeurs.

Leur présence, à l’heure d’écrire ces lignes, n’est plus garantie. Et dépendra probablement de la décision de l’écurie de porter l’affaire en justice. Ou d’enterrer la querelle et d’essayer de se rattraper en 2022. Après tout, la F1 n’est qu’un divertissement…

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