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Delai de consultationMerck Serono accède à la demande du personnel

La direction de Merck Serono a fait un geste: elle a accepté lundi de prolonger le délai de consultation de trois semaines pour les 1250 employés du site de Genève.

La direction de Merck Serono a accepté lundi de prolonger le délai de consultation de trois semaines pour les employés à Genève. Le personnel et le syndicat Unia ont décidé de suspendre leur préavis de grève pour mardi.

«Le personnel et Unia acceptent de suspendre leur préavis de grève, sous certaines conditions qui devront être négociées cette semaine. Ils entendent ainsi donner une chance à de véritables négociations», ont affirmé les représentants du personnel.

Le délai de consultation est prolongé jusqu'au 4 juin. Jeudi dernier, plus de 600 employés de Merck Serono avaient décidé en assemblée générale d'adresser un préavis de grève à la direction pour ce mardi. Une nouvelle assemblée générale est prévue dans l'après-midi pour décider des actions futures.

Mobilisation «exemplaire»

«Le préavis de grève est suspendu, il n'est pas annulé. Nous restons prudents», a déclaré à l'ats le secrétaire régional d'Unia Alessandro Pelizzari, pour lequel «la mobilisation exemplaire du personnel a porté ses fruits». «Trois semaines de plus, c'est un premier pas, mais ce n'est pas encore suffisant pour maintenir le plus d'emplois possible à Genève», a ajouté le représentant d'Unia.

L'assemblée du personnel organisée mardi après-midi devra avaliser les conditions d'entrée en matière pour de réelles négociations avec la direction, a-t-il précisé. Le syndicat Unia veut définir un protocole d'accord, qui sera soumis lundi prochain à une nouvelle assemblée générale.

Le syndicat affirme qu'il n'a toujours pas reçu les informations financières nécessaires de la part de la direction de Merck Serono. Lundi prochain, «l'assemblée du personnel décidera si les conditions sont réunies pour entamer de véritables négociations et retirer son préavis de grève», a précisé Unia.

«Propositions constructives»

François Naef, président du conseil d'administration de Merck Serono, a déclaré pour sa part dans un communiqué «continuer à recevoir des propositions constructives de la part des employés».

«Nous avons décidé de prolonger la période de consultation afin de laisser aux employés et à leurs représentants davantage de temps pour affiner leurs propositions en matière de mesures d'accompagnement et de reclassement, tout en faisant en sorte que la période d'incertitude reste limitée pour eux», a-t-il expliqué.

«Compte tenu de la situation difficile que traverse Merck Serono dans une conjoncture par ailleurs mauvaise pour l'ensemble du secteur pharmaceutique, le regroupement sur un seul site des fonctions de siège ainsi que celui des activités de R&D en Europe nous semblent malheureusement inévitables pour assurer la viabilité de Merck Serono à long terme,» a affirmé dans le même communiqué Stefan Oschmann, membre du Comité exécutif de Merck et directeur général de Merck Serono.

Stefan Oschmann a précisé «discuter actuellement avec des partenaires potentiels, les services de l'Etat et d'autres organismes actifs dans la région, avec l'objectif de trouver des solutions de reclassement dans les meilleurs délais». Il a ajouté «évaluer par ailleurs des projets de création d'entreprise dans le cadre du fonds de 30 millions d'euros constitué» à cet effet.

Plan global de Merck détaillé mardi

Le délai de consultation fixé par la direction lors de l'annonce des suppressions d'emploi le 24 avril se terminait à l'origine mercredi. Le syndicat Unia et le personnel avaient jugé insuffisant ce délai pour trouver des alternatives à la fermeture du site et mettre sur pied des propositions concrètes.

Mardi, la direction de Merck organise un «Capital Market Day» à l'intention de la communauté financière au cours duquel «il sera donné un certain nombre d'informations concernant le programme de transformation global du groupe Merck, dans lequel s'inscrit le plan de restructuration des activités de Merck Serono en Suisse», a affirmé par ailleurs Bénédicte Bogh, responsable des communications du groupe.

Le 24 avril, la direction du groupe allemand avait annoncé la suppression à Genève de 500 emplois et le transfert de 750 autres employés à Darmstadt (Allemagne), Boston (Etats-Unis) et Pékin (Chine). Avec les sous-traitants et temporaires, le syndicat estime que 1500 postes de travail sont menacés à Genève.

(ats)

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