23.08.2019 à 12:49

Mercosur: l'Irlande et la France menacent le Brésil

Union européenne

Dublin et Paris menacent de ne pas ratifier l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur si le Brésil ne protège pas la forêt amazonienne.

Emmanuel Macron a estimé vendredi que son homologue brésilien Jair Bolsonaro mentait sur ses engagements en faveur de l'environnement. Dans ces conditions, la France s'oppose au traité de libre-échange controversé UE-Mercosur. Dublin a proféré une menace identique.

«Compte tenu de l'attitude du Brésil ces dernières semaines, le président de la République ne peut que constater que le président Bolsonaro lui a menti lors du sommet (ndlr: du G20) d'Osaka», a déclaré l'Élysée, estimant que «le président Bolsonaro a décidé de ne pas respecter ses engagements climatiques ni de s'engager en matière de biodiversité». «Dans ces conditions, la France s'oppose à l'accord Mercosur en l'état», poursuit la présidence française.

Les feux de forêt qui se propagent rapidement en Amazonie sont en train de devenir un sujet diplomatique majeur aux multiples répercussions internationales, tandis que se multiplient les appels à sauver le «poumon de la planète».

M. Macron s'était alarmé jeudi dans un tweet des feux qui ravagent la plus vaste forêt tropicale de la planète, parlant de «crise internationale» et donnant rendez-vous aux pays industrialisés du G7, qui s'ouvre samedi à Biarritz (sud de la France) «pour parler de cette urgence».

«Pas la réponse appropriée»

La décision du président français Emmanuel Macron de s'opposer à l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur «n'est pas la réponse appropriée» aux incendies dans la forêt amazonienne au Brésil, a réagi vendredi un porte-parole du gouvernement allemand.

«L'échec de la conclusion de l'accord Mercosur ne contribuerait pas à réduire le défrichement de la forêt tropicale au Brésil», a ajouté à l'AFP ce porte-parole, soulignant que l'accord UE-Mercosur «contient un chapitre ambitieux sur le développement durable, avec des réglementations contraignantes sur la protection du climat».

Discussions au G7

La chancelière Angela Merkel ainsi que le Canadien Justin Trudeau, deux des membres du G7, ont également jugé impératif de parler de ces incendies massifs pendant la réunion de Biarritz.

Le président brésilien a accusé en retour son homologue français de vouloir «instrumentaliser» le sujet «pour des gains politiques personnels». «La suggestion du président français selon laquelle les affaires amazoniennes seraient discutées au (sommet du) G7 sans la participation de la région évoque une mentalité colonialiste dépassée au XXIe siècle», a également tweeté M. Bolsonaro, un climatosceptique.

Tout comme la France, l'Irlande a menacé vendredi de voter contre l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur si le Brésil ne protège pas la forêt amazonienne.

Le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a expliqué que l'Irlande allait «suivre de près les actions environnementales du Brésil» lors des deux prochaines années avant le vote prévu sur l'accord UE-Mercosur.

L'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), signé fin juin après vingt ans de tractations, est très critiqué, notamment par le secteur agricole ou les écologistes.

(ats)

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