29.07.2020 à 12:47

Défi

Mère et fils traverseront le Léman pour lever le voile sur la dyspraxie

Une enseignante vaudoise et son fils de 8 ans touché par ce trouble méconnu parcourront 14 km en eau libre à la force de leurs bras, reliant Cully à Évian.

par
Laura Juliano

Un verre d’eau qui se renverse, une chute, un habit à l’envers: ces petits incidents qui rythment le quotidien de Benjamin, 8 ans, peuvent faire penser à une simple maladresse. Mais il n’en est rien. Il y a quelques mois, le petit garçon a été diagnostiqué dyspraxique, un trouble encore mal connu qui suscite souvent l’incompréhension de l’entourage.

«Surtout dans le milieu scolaire, déplore sa maman, Carole Brülhart enseignante au secondaire dans un établissement au Jorat (VD). Les professeurs ne sont pas formés pour encadrer ces enfants et confondent ce problème avec un trouble du comportement. En réalité, il s’agit d’une difficulté à se représenter dans l’espace qui rend difficile certains apprentissages. Pour vous donner une idée de ce qu’un enfant dyspraxique endure, essayez de lacer vos chaussures avec des gants de boxe!»

Un périple en paddle

Dans l’espoir de mieux faire connaître ce trouble et d’aider d’autres familles à le déceler assez tôt, mère et fils se sont lancé un défi ambitieux. La Vaudoise, ancienne volleyeuse et passionnée de sports en haute montagne, traversera le Léman à la nage en compagnie de Benjamin, qui l’accompagnera en paddle.

Ensemble, ils partiront de Cully le 6 septembre pour un périple de 14 kilomètres jusqu’à Évian, secondés par un bateau de sécurité. «Des élèves de l’école ont souhaité nous accompagner de manière à former une flèche avec leurs paddles pour m’orienter. C’est un événement collectif, on invite tous ceux qui le souhaitent à faire un bout de chemin avec nous, que ce soit à la nage, en bouée ou sur une licorne», sourit Carole Brülhart.

De l’énergie à canaliser

Au-delà d’une méconnaissance du problème, la diversité de dyspraxies rend le diagnostic peu évident. Certains auront des difficultés de planification motrice, des troubles de l’automatisation des gestes ou du mal à anticiper une action.

Faire un nœud, enfiler un pantalon, découper du papier: des gestes anodins que l’on finit par faire machinalement, mais qui pour ces enfants mobilisent une grande concentration et beaucoup d’énergie. En somme, l’enfant dyspraxique doit constamment apprendre chaque variante d’une tâche comme si elle était nouvelle.

«C’est aussi une grande charge mentale pour les parents, souligne Carole Brülhart. Il faut s’adapter en permanence. Cette traversée du lac est un moyen de canaliser mon énergie de manière constructive plutôt que de m’énerver contre les services de prise en charge psychologique en milieu scolaire. Dans l’urgence, j’ai dû contacter des psychomotriciens, logopédistes, et ergothérapeutes à mes frais, sans quoi, Benjamin aurait sûrement fini en dépression. Je préfère m’endetter pour mon fils que de m’acheter une voiture neuve. Mais je trouve injuste que certaines familles doivent choisir entre le bien-être de leur enfant et manger à la fin du mois.»

Pour faire entendre son témoignage et soutenir les familles concernées en Suisse romande, le duo de choc terminera sa course par une arrivée en fanfare au marché LABEL de Cully. L’action permettra notamment de récolter des dons au profit de l’association Dyspra’Quoi, qui tiendra un stand informatif sur place.

En attendant, mère et fils partagent leurs entraînements et leur énergie communicative sur le compte Instagram swimmdys_cb.

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13 commentaires
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Cm

30.07.2020 à 20:14

Mes erreurs m’ont fait avancer, mes douleurs m’ont rendu plus forte. Je n’ai pas changé, je n’ai rien oublié. J’ai juste avancé. Courage à tous.....

Paul48

30.07.2020 à 08:47

J’ai 29 an je suis dyspraxique mais diagnostiqué sur le tard je suis á l’AI rente pour épisodes dépressif fragilité psychologique avec QI bas mais tout ça n’a jamais été pris en compte ou est-ce que je peux m’adresser ?? ma vie professionnel s’est arrêtée alors que je me sens capable de beaucoup plus mais on me donne pas la chance de le démontrer.. le QI faible de 59 paraît-il..

Paul98

30.07.2020 à 08:45

J en ai marre de la dyspraxie a 28 ans