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AnniversaireMerkel et Hollande à l'ambassade de France de Berlin

Le 22 janvier 1963, le Traité de l’Élysée scellait l'amitié entre «deux ennemis héréditaires». Cinquante ans plus tard, la France et l'Allemagne célèbrent leur réconciliation historique d'après-guerre.

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Le 9 mai 1950, le gouvernement français propose de placer la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une autorité commune.

Le 9 mai 1950, le gouvernement français propose de placer la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une autorité commune.

AFP
Le 18 avril 1951, les ministres des Affaires étrangères d'Allemagne, de Belgique, de France, d'Italie, du Luxembourg et des Pays-Bas signent le traité instituant une communauté européenne du charbon et de l'acier (Plan Schuman). C'est le début de l'UE.

Le 18 avril 1951, les ministres des Affaires étrangères d'Allemagne, de Belgique, de France, d'Italie, du Luxembourg et des Pays-Bas signent le traité instituant une communauté européenne du charbon et de l'acier (Plan Schuman). C'est le début de l'UE.

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Le président français Charles de Gaulle (à gauche) et le chancelier allemand Konrad Adenauer.

Le président français Charles de Gaulle (à gauche) et le chancelier allemand Konrad Adenauer.

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La chancelière Angela Merkel et le président François Hollande se sont retrouvés mardi matin à l'ambassade de France à Berlin pour une rencontre avec des personnalités culturelles, en prélude aux célébrations des 50 ans d'amitié franco-allemande.

«Je suis un enfant de cette amitié même si c'était plus excitant quand j'étais jeune, ma première voiture était une 2CV et mes études, c'était à Paris», a déclaré le réalisateur Wim Wenders à son arrivée à l'ambassade, notant qu'aujourd'hui «il y a une certaine indifférence mais ça ne m'étonne pas après 50 ans de mariage».

Du côté français, Michel Hazanavicius, réalisateur de «The Artist», Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, Fabien Lévy, compositeur, et Renaud Capuçon, directeur artistique du Festival de Pâques d'Aix-en-Provence, participaient à cette rencontre à huis clos.

Outre Wim Wenders, les personnalités allemandes conviées étaient le directeur de la Berlinale Dieter Kosslick, le metteur en scène de théâtre Thomas Ostermeier, l'éditeur Andreas Rötzer, la chorégraphe Sacha Waltz et la directrice des magasins de la chaîne de magasins culturels allemands Dussmann, Julia Claren.

«Il s'agit de débattre des enjeux culturels franco-allemands et européens et notamment de la protection des droits des créateurs sur internet et des enjeux de l'économie numérique», a-t-on précisé dans l'entourage du président Hollande.

Huit ans tous les deux

La France et l'Allemagne célèbrent mardi dans un Berlin enneigé le cinquantième anniversaire de la signature, le 22 janvier 1963, du Traité de l'Elysée par le Général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer qui avait scellé la réconciliation des deux «ennemis héréditaires» après guerre.

Le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel, alors âgés de huit ans tous deux, devaient célébrer mardi ce geste historique avec faste, mais sans grande annonce concrète.

Les gouvernements français et allemands se réuniront en conseil des ministres à la chancellerie. Le président et la chancelière donneront ensuite une conférence de presse commune.

Surtout, de façon tout à fait exceptionnelle, les parlementaires français et allemands seront réunis pour débattre pendant deux heures sous la coupole de verre du Reichstag.

SNCF et Deutsche Bahn aussi à la fête

La SNCF et la Deutsche Bahn célèbrent 50 ans d'amitié franco-allemande par une offre promotionnelle sur leurs liaisons TGV. Leur alliance transfrontalière n'est toutefois que l'arbre qui cache la forêt d'une concurrence féroce entre elles sur le marché des transports publics.

«50 ans, 50 jours, 50 euros»: c'est l'offre proposée conjointement par la SNCF et la Deutsche Bahn (DB), via leur filiale commune Alleo, à l'occasion du cinquantenaire du Traité de l'Elysée. Les billets allers-retours à tarif réduit sont en vente jusqu'au 29 janvier, pour des voyages effectués jusqu'à la mi-mars.

Adversaires sur la plupart des terrains du transport, les deux géants du rail savent aussi faire équipe lorsqu'ils ont des intérêts communs, ce qui est le cas sur les liaisons à grande vitesse entre leurs deux pays.

«C'est un marché très limité donc mieux vaut s'entendre», résume Béatrice Leloup, codirectrice générale d'Alleo, coentreprise créée en 2007 pour exploiter les Paris-Stuttgart-Munich, Francfort-Paris et, depuis mars 2012, Marseille-Francfort.

L'an dernier, ces trois lignes ont totalisé 1,6 million de voyageurs, soit six fois moins que l'Eurostar à lui seul sur Paris-Londres... et trente fois moins qu'une année classique de TGV Paris-Lyon. De quoi justifier une mise en commun des moyens humains et matériels.

«Il ne faut pas se leurrer, il ne s'agit là que d'une alliance de circonstance entre les deux principaux adversaires du rail en Europe pour les vingt prochaines années», explique un expert du secteur. La DB ne fait d'ailleurs pas mystère de sa volonté de lancer, seule, ses ICE Siemens vers les capitales européennes, à commencer par Londres.

(ats)

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