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SyrieMerkel et Poutine unis pour une «solution politique» en Syrie

La chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine ont affiché leur unité vendredi à Berlin au au sujet de la Syrie où apparaissent des signes «précurseurs» de guerre civile.

Le président russe a été accueilli par Angela Merkel à Berlin.

Le président russe a été accueilli par Angela Merkel à Berlin.

AFP

A l’issue d’un entretien avec Angela Merkel, M. Poutine, qui a entamé le 7 mai un troisième mandat de président après ceux de 2000 à 2008, a assuré qu’on ne pouvait "rien faire par la force" en Syrie où le récent massacre de Houla a suscité l’indignation internationale et entraîné l’expulsion de représentants diplomatiques syriens dans des pays occidentaux.

"Nous sommes tombés d’accord (au cours de notre entretien) sur le fait que nous devons travailler de toutes nos forces à une solution politique", a souligné Mme Merkel, affirmant que leur vision de la situation sur place n’était "pas différente". Elle a souligné leur volonté commune d’assurer la stabilité de la région, semblant se démarquer des propos plus virulents de Washington à l’égard de la Russie.

La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton avait directement mis en cause les Russes jeudi en estimant "que leur politique allait contribuer à une guerre civile".

Aucun soutien russe

Malgré l’indéfectible soutien apporté au régime du président Bachar al-Assad par Moscou, Poutine a assuré que son pays ne soutenait aucune des parties qui s’affrontent en Syrie et a démenti livrer des armes utilisables dans une guerre civile. Il a cependant jugé aussi que l’on voyait apparaître des signes "précurseurs" de guerre civile. "C’est extrêmement dangereux", a-t-il souligné.

L’Allemagne a à plusieurs reprises rejeté l’idée d’une intervention militaire en Syrie où le régime du président Bachar al-Assad se livre à des massacres sanglants contre la population.

Face à la "situation très difficile de la Syrie", la chancelière a assuré qu’il fallait "tout faire pour que le plan (de paix de Kofi) Annan soit appliqué et le cas échéant élargi". "Nous devons tout faire pour empêcher qu’on en vienne à une guerre civile" qui "n’est dans l’intérêt de personne", a-t-elle encore martelé.

Poutine à l'Elysée

Le président français, François Hollande, qui reçoit Vladimir Poutine en soirée à Paris, avait évoqué pour la première fois mardi l’hypothèse d’une intervention militaire étrangère en Syrie, sous condition toutefois d’un mandat explicite de l’ONU.

Le dirigeant russe, qui effectue son premier déplacement dans les pays occidentaux depuis son retour au Kremlin, après le Bélarus jeudi, a été reçu à Berlin avec les honneurs militaires, comme le veut le protocole pour la visite d’un chef d’Etat nouvellement élu.

Des manifestants rassemblés devant les grilles ont tenté de perturber la cérémonie en agitant des drapeaux syriens, en sifflant et hurlant. A Paris, le président russe fera connaissance avec François Hollande avec qui il doit dîner à l’Elysée.

L’ONU a mis en garde contre le risque d’une "guerre civile catastrophique" en Syrie après le massacre de Houla qui a fait 108 morts. La Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navi Pillay, a estimé vendredi lors d’une session spéciale du Conseil des droits de l’homme sur la Syrie, que le massacre de Houla pourrait constituer "des crimes contre l’humanité et autres crimes internationaux".

Ces actes "peuvent être le signe d’un modèle d’attaques systématiques ou généralisées contre les populations civiles qui ont été perpétrées en toute impunité", a relevé Mme Pillay. Des organisations de défense des droits de l’Homme ont appelé à l’arrêt immédiat des livraisons d’armes de la Russie à la Syrie.

Livraison d'armes controversée

L’ambassadrice américaine à l’ONU Susan Rice a dénoncé jeudi des livraisons d’armes "condamnables" de la Russie à la Syrie et a qualifié de "mensonge flagrant" les conclusions d’une commission d’enquête syrienne sur le massacre de Houla (centre).

"En ce qui concerne le mouillage d’un navire transportant des armes russes, c’est évidemment un sujet de très grave inquiétude étant donné que le gouvernement syrien continue d’utiliser la force contre des civils", a déclaré à la presse Mme Rice.

"Techniquement, ce n’est pas une violation des lois internationales puisqu’il n’y a pas d’embargo sur les armes (à destination du gouvernement syrien), a-t-elle reconnu, mais il est condamnable qu’un flot d’armes continue de parvenir à un régime qui utilise la force de manière aveugle et terrible contre son propre peuple". (afp)

(AFP)

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