Chronique: Mes nuits avec des «pourquoi»
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ChroniqueMes nuits avec des «pourquoi»

Découvrez la chronique du hockeyeur de NHL Nino Niederreiter, parue dans «Le Matin Dimanche».

par
Nino Niederreiter
Keystone

Pourquoi cela ne veut plus rentrer? Pourquoi ça touche ce maudit poteau? Pourquoi ça ne débloque pas? Que dois-je changer dans mon jeu? Toutes ces questions, je les ai ressassées en me couchant et en me réveillant pendant plusieurs semaines. Moi, le buteur, je ne marquais plus, ou si peu. Je zappais le hockey à la télé et ne lisais pas les journaux pour ne pas être confronté aux critiques. Durant ces phases, les gens ont parfois tendance à oublier que, même si on gagne beaucoup d’argent, on est avant tout des êtres humains et on n’est pas insensibles à ce qu’il se raconte. Cette période, croyez-moi, était difficile à vivre.

Dans de tels moments, il est capital de ne pas perdre confiance en ses qualités et en ses moyens, de ne pas être envahi par des pensées négatives. C’est ce que je me suis appliqué à faire. Notamment avec l’aide de Benoît Pont, je suis revenu aux bases, j’ai travaillé sur mon mental en visualisant des séquences de l’époque où je marquais, et j’ai bossé encore plus fort aux entraînements. Je me le suis répété sans cesse dans ma tête: «Focus, focus, reste focus, ça va venir.» Je me suis employé à ne pas me décourager quand ça ne venait pas et j’ai été prêt à attribuer beaucoup de valeur à n’importe quel but, même s’il était poussé dans un filet désert ou marqué après un cafouillage devant la cage.

Et puis, comme ça, après un mois de ce calvaire, sans que je change quoi que ce soit dans mon jeu, c’est venu. Il y a eu un match avec un but, un deuxième match avec un autre but, un troisième match avec deux buts.

Cela fait du bien, c’est même un sacré soulagement, c’est sûr. Comme ça, en une seconde, il y a une tonne de pression qui s’envole et le regard des gens qui change. Mais si j’y pense, j’arrive à la même conclusion: il n’y a pas de différence entre l’attaquant qui ne marquait pas et celui qui marque de nouveau. Je ne suis pas une machine, je suis un homme qui n’a jamais perdu la foi. C’est fou comme cette fameuse confiance peut tout changer.

Cette chronique est assurée en alternance par Thabo Sefolosha, Nino Niederreiter, Fanny Smith, Thomas Lüthi et Alex Song.

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