11.12.2018 à 09:57

Messi, joue-la comme Nuzzolo

Football

Alors que la première phase de la Ligue des champions touche à sa fin, notre journaliste estime que Lionel Messi ferait bien de s'inspirer de Raphaël Nuzzolo.

par
Florian Müller

Vous avez sûrement assisté à cette pantalonnade en mondovision: j’ai bien nommé le Ballon d’Or. Au premier rang des absurdités les plus crasses – on savait que Martin Solveig n’était pas une lumière, «Fallait pas l’inviter», comme dirait mon illustre homonyme Michel Müller – on a vu Lionel Messi échouer au cinquième rang du classement.

Et moi qui croyais que le trophée de France Football récompensait une performance individuelle, c’est vrai que ce serait stupide de le remettre au meilleur buteur et au meilleur passeur de l’année civil 2018 (ironie).

«C’est les journalistes qui votaient, et ensuite tu l’ouvres. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même et à ta corporation de plumitifs d’opérette.» Arf. Oui, c’est vrai, vous avez raison de me tutoyer au moment de me renvoyer mes propres contradictions à la figure.

Et puis d’ailleurs, Lionel Messi, qui affronte Tottenham avec le Barça ce soir dans le cadre de la dernière journée de la Ligue des champions, n’a nul besoin que l’on vienne défendre sa cause. Lui préfère répondre sur le terrain, comme samedi encore face à l’Espanyol (0-4) en enfilant deux coups francs directs – double lulu, à droite, à gauche – doublés d’une passe décisive.

Tiens, ça ne vous rappelle pas quelqu’un? Raphaël Nuzzolo, évidemment. A 35 ans, le Xamaxien porte son équipe à bout de bras. Et face à Lugano, il y a dix jours de cela, il avait fait pareil: deux coups francs dans la lulu au cours du même match, un à droite et un à gauche.

A cette petite différence près que Nuzzolo, lui, avait – et a toujours – le couteau sous la gorge. Avec ses deux buts, le vétéran neuchâtelois a à chaque fois permis aux siens de revenir au score face à un concurrent direct dans la lutte contre la relégation. Et qui plus est, dans le second cas, alors que le temps additionnel s’égrenait direction la défaite. Un champion, un vrai, de dieu.

Il faudrait peut-être que Léo Messi songe à passer un coup de fil à celui qui lui fait de l’ombre pour en prendre un peu de la graine niveau panache (aucune ironie pour le coup). Nuzz, garde ton téléphone à portée de main, on ne sait jamais.

Bon, on est ici pour parler Ligue des champions – une compétition que Raphaël Nuzzolo aurait mérité de disputer en son temps à YB: on est même tenté de dire que son magnifique pied droit, même à 35 balais, aurait fait du bien aux Bernois cette saison. Donc, voici les points chauds de cette dernière journée de phase de poule avant la très longue trêve hivernale.

C’est tendu entre Tottenham et l’Inter pour la deuxième place du groupe B (7 points chacun) alors que le Barça tient sa qualif’ depuis un moment déjà – merci Léo. Avantage Inter, qui affronte le PSV, bon dernier du groupe aux espoirs déjà essorés.

C’est tout aussi tendu entre Lyon (7 points) et le Shakhtar Donetsk (5 points), qui s’affrontent directement pour décrocher le deuxième ticket qualificatif derrière Manchester City. Avantage à l’OL, qui pourrait se contenter d’un nul, même si un déplacement en Ukraine mi-décembre ne ressemble jamais à une partie de plaisir.

C’est encore plus tendu entre Naples (9 points), Paris (8 points) et Liverpool (6 points). Tous peuvent encore se qualifier pour les huitièmes de finale, alors que l’Etoile Rouge (4 points) lorgne encore la troisième place qualificative pour la Ligue Europa. On ne va pas vous faire tous les scénarios, juste un prono: on voit bien le PSG et Liverpool passer. Même si ça serait triste pour le Napoli de Carlo Ancelotti.

Mais voilà, le football est injuste, il faut se faire une raison. Demandez donc à Léo Messi. Mieux, allez interroger Raphaël Nuzzolo sur la question, il en connait un rayon.

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