Jura – Metteur en scène relaxé après un tournage… explosif!
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JuraMetteur en scène relaxé après un tournage… explosif!

Condamné pour des infractions à la loi sur les substances explosives et à la loi sur les armes, un scénographe du film «Jill» a été acquitté et indemnisé sur les deux tableaux.

par
Vincent Donzé
Pour les besoins du tournage, une maison en bois a été construite dans la forêt.

Pour les besoins du tournage, une maison en bois a été construite dans la forêt.

RFJ

Le tournage d’un film «made in USA» a agité les Franches-Montagnes, en 2018. Pour son premier long-métrage, le réalisateur suisse Steven Michael Hayes a tourné des scènes autour de l’étang de la Gruère. Pour filmer une famille qui décide de vivre au milieu de la nature, dans les années 80, il a fait construire une maison en bois au milieu d’une forêt, entre Les Genevez et Les Reussilles.

Comme le relevait alors la radio «RFJ», la région jurassienne a été choisie pour sa ressemblance avec l’État américain du Montana, où se déroule l’histoire. Le tournage a duré six semaines pour un film 100 minutes, mais il a trouvé un prolongement… au Tribunal de première instance, à Porrentruy: le metteur en scène de Steven Michael Hayes était accusé d’infractions à la loi sur les substances explosives et à la loi sur les armes!

Engin pyrotechnique

Le problème relaté par «Le Quotidien Jurassien», c’est qu’un engin pyrotechnique égaré a été découvert. Il s’agissait d’un bricolage inoffensif, mais il a nécessité l’intervention de la police jurassienne. Un mois plus tard, le 22 novembre 2018, un pistolet et un revolver importés sans autorisation étaient découverts dans un paquet à l’aéroport de Zurich.

Condamné à dix jours-amendes, le metteur en scène a fait opposition pour préserver la poursuite de sa carrière. Le prévenu a assuré qu’il n’était pas présent lorsqu’un piège fictif appelé «Booby trap» a été utilisé lors du tournage. Son rôle se limite à concevoir et installer les décors: la gestion des accessoires n’est pas de son ressort.

Des spécialistes

L’infraction supposée à la loi sur les substances explosives étant prescrite, la juge s’est davantage penchée sur le pistolet et le revolver importés. Là, le scénographe a assuré ne jamais acheter d’armes factices à l’étranger, cette tâche incombant à des spécialistes.

Lorsqu’il s’est rendu aux États-Unis pour se procurer des accessoires, il était question de boîtes de conserve, de lampes de poche et de cartes topographiques, mais pas d’armes factices. Le scénographe a suggéré que l’accessoiriste peut avoir ajouté des armes pour lui rendre service, mais aucune commande formelle n’a été établie.

La région de l’étang de la Gruère a servi de décor au film «Jill», tourné à l’automne 2018.

La région de l’étang de la Gruère a servi de décor au film «Jill», tourné à l’automne 2018.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Rigueur excessive

Selon l’avocat du prévenu, la justice jurassienne a fait preuve d’une rigueur excessive. Lors du tournage de «Jill», une coproduction de SRF et SRG, le producteur zurichois Christof Neracher a indiqué à «RFJ» combien il appréciait l’aide locale: il jugeait les paysans jurassiens «très hospitaliers»…

Pour le metteur en scène, une condamnation compliquerait les tournages avec des armes factices, dans des prisons, des banques ou des commissariats, autant de lieux où il doit fournir un extrait de son casier judiciaire.

Préjudice subi

Au final, le tribunal a jugé qu’«il n’est pas possible ici qu’une infraction a bien été commise», selon le «QJ». Le metteur en scène a été libéré de toute charge. Mieux: il a été indemnisé pour le préjudice subi.

La sortie de «Jill» est prévue pour ce printemps. Le synopsis: «Le père de Jill a tenté un jour de protéger sa famille de quelque chose qui n’existait pas. Sa méfiance à l’égard de la société collective a divisé la famille au point qu’il ne restait plus que la peur et Jill, dans son voyage de retour vers son enfance, doit apprendre à qui elle peut encore faire confiance».

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