Procès en appel: Meurtre de Saint-Léonard: mesure thérapeutique débattue
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Procès en appelMeurtre de Saint-Léonard: mesure thérapeutique débattue

Le Tribunal cantonal examine en appel la pertinence de la mesure thérapeutique accompagnant les douze ans de réclusion infligée au meurtrier de Saint-Léonard (VS).

L'endroit où avait été découvert, blessé et gisant au sol, le jeune meurtrier de sa compagne après avoir tenté de mettre fin à ses jours.

L'endroit où avait été découvert, blessé et gisant au sol, le jeune meurtrier de sa compagne après avoir tenté de mettre fin à ses jours.

SEBASTIEN FEVAL-a

La mesure thérapeutique qui accompagne les douze ans de réclusion infligée au meurtrier de Saint-Léonard (VS) occupe les débats en appel vendredi devant le Tribunal cantonal. Le ministère public y voit une planche de salut pour l'accusé.

La peine de douze ans, assortie d'une mesure thérapeutique, infligée au meurtrier de Saint-Léonard (VS) est exagérée. La défense demande une peine plus légère en appel tandis que le ministère public campe sur ses positions.

L'accusé ne conteste pas la qualification de meurtre. Il n'invoque pas le meurtre passionnel ou l'homicide par négligence. Il ne prétend pas que le coup de feu qui a tué sa compagne au soir du 4 novembre 2011 au cours d'une dispute est parti seul. Mais la peine de douze ans de prison est exagérée, a plaidé vendredi en appel la défense.

L'avocat a cité divers exemples d'assassinats sordides où les accusés sont allés jusqu'à égorger leur victime. Ces crimes ont été punis de 15 ans de prison. «Le jugement de première instance dépeint un monstre psychopathe que l'accusé n'est pas», a lancé le défenseur.

«Ici on est au bas de la fourchette au niveau de l'intention», a déclaré l'avocat. Si un crime odieux est puni de 10 ans ou davantage, la peine pour celui-ci doit être proche de 5 ans.

Tuée au fusil d'assaut

La procureure a en revanche demandé aux juges de confirmer totalement le jugement de première instance. Elle a qualifié ce verdict de «juste peine». «L'accusé a abattu sa compagne pour la faire taire définitivement». Il avait chez lui un fusil d'assaut chargé à portée de main. Il avait déjà menacé plusieurs fois sa compagne de la tuer si elle le quittait.

Le défenseur parle d'un tir «inattendu» et «non prémédité». L'accusé n'a pas pris son arme dans le but de tuer sa compagne. «Si c'était le cas on aurait un assassinat. Or cette qualification n'a pas été retenue. Il n'y a pas eu d'intention froide».

Mesure thérapeutique en question

Pour la procureure, le geste mortel est l'oeuvre d'une personne souffrant de psychose paranoïaque, sous l'emprise de l'alcool et du cannabis. Le tribunal en a tenu compte pour prononcer une peine juste. Elle a demandé aux juges de confirmer également la mesure thérapeutique en milieu fermé.

La défense juge cette mesure impossible en l'état. Pour l'ordonner, il faut une expertise récente. «On ne sait pas si l'accusé est dangereux aujourd'hui», a dit l'avocat. Mais il a précisé que les résultats du traitement suivi actuellement semblent positifs.

La procureure a réitéré la demande de mesure thérapeutique. Certes, une telle mesure, réévaluée tous les cinq ans, peut prolonger l'enfermement au-delà de la peine prononcée. «Mais c'est une alternative intéressante à l'internement car c'est une fenêtre vers une guérison».

L'accusé, né en 1988, a maintenu sa version du tir involontaire. «Je n'ai pas voulu la tuer. Je ne peux pas expliquer, je suis désolé, elle méritait de vivre, pas moi», s'est-il exclamé à l'issue de l'audience. Le jugement sera rendu d'ici un mois, a indiqué la cour.

(ats)

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