30.05.2018 à 20:12

USAMi-humain, mi-poulet, l'embryon hybride qui fait avancer la science

Des chercheurs américains ont réussi à mélanger des cellules humaines artificielles à des embryons de poulets. But: mieux cerner les premiers stades du développement fœtal.

von
K.A.
iStock

Pour mieux comprendre l'organisation des cellules au sein de l’embryon humain, des scientifiques de l’université Rockefeller de New York ont eu l'idée de mélanger des cellules humaines artificielles à des embryons de poulets.

Concrètement, l'équipe traquait les potentielles «cellules organisatrices humaines» qui dictent les activités du développement fœtal, relate le site ulyces.co.

A ce jour, on sait que les cellules souches embryonnaires sont pluripotentes. A savoir qu'elles peuvent se différencier en n’importe quel type de cellules spécialisées de l’organisme. Mais, on ignore pourquoi une cellule souche devient un neurone plutôt qu'une cellule musculaire, par exemple.

Le biologiste Ali Brivanlou et ses confrères prétendent dans leur étude – publiée le 23 mai dans la revue scientifique «Nature» – avoir observé pour la première fois les circuits moléculaires déterminant le destin d'une cellule. En cernant ces premiers stades de développement, les scientifiques espèrent que des traitements pour un large éventail de maladies seront trouvés.

Naissance d'une colonne vertébrale

Les sciences ont montré que «les cellules organisatrices» existent dans les embryons d'amphibiens ou encore de poissons. En revanche, pour des raisons éthiques, les recherches sont limitées côté Homme. D'où l'idée de greffer des cellules humaines artificielles (suivies au microscope grâce un marqueur fluorescent) à des hôtes aviaires.

Cette expérience a mené à la naissance d'une colonne vertébrale secondaire et d'un système nerveux. Elle a ainsi démontré l’existence d'un groupe de «cellules organisatrices humaines».

«À mon grand étonnement, la greffe n'a pas seulement survécu, elle a mené à la naissance de structures merveilleusement organisées», s'est félicité le Dr Ali Brivanlou. Et de compléter: «Une fois que vous avez transplanté des cellules organisatrices humaines dans un embryon de poulet, le langage qu'elles utilisent pour signifier aux cellules d'oiseaux d'établir le cerveau et le système nerveux est exactement le même que celui utilisé par les amphibiens et les poissons.»

Avis aux inquiets: l'être mi-poulet, mi-humain n'est pas prêt de venir au monde. Les embryons hybrides ont été détruits.

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