Football: Michael Lang: «Le regard des autres a évolué»
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FootballMichael Lang: «Le regard des autres a évolué»

Le meilleur joueur du championnat suisse explique avoir gagné du crédit depuis ses débuts en équipe nationale, en août 2013.

par
Tim Guillemin
Lugano
Michael Lang: «C'est seulement quand tu reçois de la confiance que tu peux la rendre en retour.»

Michael Lang: «C'est seulement quand tu reçois de la confiance que tu peux la rendre en retour.»

Keystone

Avec 23 sélections, dont 10 en tant que titulaire, Michael Lang (27 ans) n'est pas un cadre de l'équipe de Suisse, mais il en est un élément important. Remplaçant de Stephan Lichtsteiner, il a toujours donné satisfaction lorsqu'il a fallu remplacer le Lucernois. Interview d'un latéral offensif.

- Michael Lang, vous êtes désormais le seul joueur de Super League dans cette sélection. Quel est votre point de vue à ce sujet?

Je ressens un peu de fierté, je dois bien l'avouer. Il s'agit d'une reconnaissance pour moi et d'une preuve que c'est la qualité individuelle du joueur qui prime. Au final, ce qui compte, c'est d'avoir vingt-trois très bons joueurs dans la liste, qu'ils jouent au Portugal, en Croatie ou en Suisse. Mais pour moi, c'est beau, bien sûr. Si je jette un coup d'œil en arrière, je vois qu'il y a quatre ans ou même deux ans, il y avait plus de joueurs de Super League dans le contingent. Aujourd'hui, je dois représenter le championnat suisse à moi tout seul, j'ai plus de pression (rires).

- Comment jugez-vous les séances d'entraînement du point de vue de l'intensité, ici à Lugano?

On remarque que chacun veut se présenter sous son meilleur jour, c'est clair. Physiquement, on est très bien, je crois. On a tous pu s'entraîner à fond et je peux dire que l'intensité est différente par rapport à celle des derniers rassemblements. C'est normal. En novembre ou en mars, chacun a encore son club dans un coin de la tête. Mais là, on met le quotidien de côté. Il n'y a plus que l'équipe nationale qui compte. On le ressent dans la qualité des séances. Il y a des moments où on prend vraiment beaucoup de plaisir.

- Il s'agit de votre troisième préparation pour un grand tournoi, après 2014 et 2016. L'intensité est-elle plus élevée cette année?

Difficile de comparer. La plus compliquée, pour moi, c'était il y a quatre ans.

- Pourquoi?

Parce que je n'étais pas aussi bon qu'aujourd'hui (rires). J'avais dû me mettre à niveau, c'était difficile. Le pas entre mon quotidien en club et l'équipe nationale était grand. Aujourd'hui, de par mon expérience supplémentaire, c'est plus facile.

- Vous êtes le remplaçant naturel de Stephan Lichtsteiner. Une situation qui vous frustre?

Non, pas du tout. Frustration n'est pas le mot adéquat. Je n'ai jamais ressenti cette émotion et je pense que je ne la ressentirai jamais avec l'équipe nationale. Je suis heureux et fier de faire partie de cette sélection. Et je dois dire que c'est aussi plus facile pour moi d'accepter la situation de remplaçant en ayant un joueur comme Stephan Lichtsteiner devant moi.

- Vraiment?

Il a une carrière formidable, sans doute la plus belle parmi tous les sélectionnés. Il vient de passer sept ans à la Juventus, une équipe de niveau mondial. La situation est claire et elle n'est pas compliquée à accepter pour moi. Je n'ai jamais été frustré. Quand j'ai joué, j'ai apporté satisfaction, je crois. J'ai toujours pu montrer au sélectionneur que j'étais en forme, positif. Même lorsque je n'étais quasiment pas utilisé. De toute faon, la situation ne va pas changer prochainement. En tout cas pas d'ici à la Coupe du monde. «Stephi» est notre capitaine, il va jouer. Il n'y a rien à discuter.

- Savez-vous combien de joueurs ont marqué plus de buts que vous cette saison?

Mario Gavranovic, c'est sûr. Sinon… euh… Xherdan Shaqiri?

- Non. Vous en avez dix. Lui huit.

Bon, on pourrait dire que c'est parce que c'est plus facile de marquer des buts en Super League, mais ça ne tient pas: j'ai aussi marqué en Ligue des Champions (rires). Plus sérieusement, c'est comme ça cette saison, mais ça ne change rien. J'ai encore pu voir aux entraînements cette semaine la qualité et la détermination de nos attaquants. Les statistiques sont une chose. La forme du moment en est une autre. Croyez-moi, nos joueurs offensifs vont être dangereux en Russie.

- Le regard que les autres joueurs portent sur vous a-t-il évolué?

Forcément, oui. La grande différence, c'est l'intégration dans l'équipe. Il y a quatre ans, ce n'était pas aussi simple d'être accepté tout de suite par le groupe en jouant «seulement» en Suisse. Le sentiment dominant, c'était que seuls les joueurs partis à l'étranger avaient réussi. Entretemps, être performant sur la scène internationale avec le FC Bâle m'a apporté beaucoup de confiance et sans doute également un peu de crédit aux yeux de mes coéquipiers. C'est pourquoi je suis peut-être perçu un peu différemment aujourd'hui. Le regard des autres a sans doute évolué, j'ai une très bonne relation avec tout le monde. Je sens aussi la confiance du staff. Et c'est seulement quand tu reçois cette confiance que tu peux la rendre en retour.

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