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SuisseMichael Lauber dénonce une «vendetta calomnieuse»

Dans son recours, le procureur de la Confédération accuse l'Autorité de surveillance du Ministère public de partialité.

Le procureur général de la Confédération Michael Lauber se défend d'avoir menti (archives).

Le procureur général de la Confédération Michael Lauber se défend d'avoir menti (archives).

Keystone

Dans son recours adressé fin avril au Tribunal administratif fédéral (TAF), le procureur de la Confédération Michael Lauber accuse l'Autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération de partialité. Il dénonce une «vendetta calomnieuse».

«Les principes fondamentaux de l'État de droit sont jetés par-dessus bord», avance Michael Lauber, selon des extraits du recours cités par les journaux de Tamedia qui se sont procuré le document de 70 pages.

Les membres de l'Autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération (AS-MPC) ont été «partiaux» et avaient «un parti pris contre lui», reproche M. Lauber. Ce dernier a fait l'objet d'une enquête disciplinaire en raison notamment de rencontres secrètes avec le président de la FIFA Gianni Infantino.

Dans son rapport, l'AS-MPC a conclu en mars que le procureur général a commis des manquements très graves avant, mais aussi durant la procédure disciplinaire. Elle a ordonné que le salaire du procureur soit réduit de 8% durant un an. C'est contre cette décision que Michael Lauber a fait recours auprès du TAF.

Les reproches de l'AS-MPC sont empreints «de conjectures, de spéculations et d'un mépris constant de tous les faits réels et des circonstances atténuantes», accuse Michael Lauber, selon un extrait cité par les journaux. Il demande donc que les sanctions réclamées contre lui soient levées.

Juges et parties

Un autre reproche concerne l'élargissement du champ de l'enquête disciplinaire pour inclure les agissements du procureur durant l'enquête. En agissant de la sorte, les membres de l'AS-MPC sont devenus juges et partie et n'étaient dès lors «plus impartiaux», argumentent les avocats de M. Lauber.

Le Tribunal administratif fédéral devrait se prononcer sur le recours de M. Lauber dans les prochains mois. Michael Lauber sera quant à lui auditionné mercredi par la commission judiciaire du Parlement. Son audition sera décisive pour le lancement ou non d'une procédure de révocation à son encontre.

Le conseiller national Lorenz Hess (PBD/BE) a déposé une demande de révocation auprès de la commission, mais la pression ne s'arrête pas là. Début mai, les groupes parlementaires du PS et du centre (PDC/PEV/PBD) ont invité le procureur général à démissionner de lui-même.

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