Hockey sur glace: Michel Therrien: «J'ai discuté avec une équipe suisse»

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Hockey sur glaceMichel Therrien: «J'ai discuté avec une équipe suisse»

Devenu adjoint d'Alain Vigneault chez les Flyers de Philadelphie, qui défieront le LHC lundi à 20h, l'ancien coach en chef du Canadien de Montréal a failli entraîner en National League.

par
Emmanuel Favre
Après cinq ans passés à Montréal, Michel Therrien est demeuré inactif pendant deux saisons avant de rebondir comme adjoint d'Alain Vigneault à Philadelphie.

Après cinq ans passés à Montréal, Michel Therrien est demeuré inactif pendant deux saisons avant de rebondir comme adjoint d'Alain Vigneault à Philadelphie.

Keystone

Michel Therrien, vous avez dirigé 737 matches de saison régulière de NHL (Pingouins de Pittsburgh et Canadien de Montréal). Vous voilà cette saison adjoint d'Alain Vigneault chez les Flyers de Philadelphie. Comment se passe votre adaptation au rôle de No 2?

Bien! Je suis entouré de personnes que je connais très bien, ce qui facilite le processus d'intégration. Alain, je le fréquente depuis un sacré moment, depuis les rangs juniors. Quant à Mike Yeo, l'autre assistant, il avait notamment été mon adjoint chez les Pingouins.

Être No 2, concrètement, c'est quoi?

C'est un autre métier. Aujourd'hui, je suis plus proche des joueurs, je travaille personnellement avec eux, particulièrement avec ceux qui sont utilisés sur l'avantage numérique dont je suis en charge. Je discute avec eux, je les rencontre en face à face, j'essaie d'exprimer ce que j'ai vu afin de les amener à être meilleurs. En fait, c'est tout un job de préparation pour aider l'entraîneur en chef à prendre des décisions.

L'assistant, c'est aussi un confident, non?

Oui, une équipe de hockey, c'est comme une famille. Parfois, c'est le père qui est un peu plus dur avec son fils, et la mère qui va venir lui caresser le dos.

Chez les Flyers, Vigneault, Yeo et vous cumulez 2435 matches de saison régulière comme entraîneurs Nos 1 en NHL. Autant d'expérience derrière un banc, c'est une nouvelle tendance?

Vous savez, le hockey a tellement changé. La tendance va effectivement dans cette direction. J'avais d'ailleurs effectué un pas dans cette voie lors de mon deuxième séjour à Montréal puisque j'avais embauché Gerard Gallant, qui avait déjà été No 1 en NHL, comme adjoint. Il avait accepté le défi et avait par la suite réussi à rebondir dans la Ligue comme entraîneur principal jusqu'à gagner le trophée Jack Adams (ndlr: avec les Vegas Golden Knights en 2018).

Vous avez évoqué Montréal. Diriger le Canadien, c'était...

(Il coupe)... un rêve d'enfant qui était devenu une réalité. Je suis Montréalais, j'ai grandi dans cette ville, j'ai été témoin de tant de conquêtes de la Coupe Stanley. Et je n'ai pas eu cette chance une fois, mais deux fois dont un dernier séjour de cinq ans. Je me considère donc comme quelqu'un de privilégié d'avoir eu de telles opportunités. En tout cas, même si j'ai été congédié en 2017 ce qui fait partie du business, je suis parti la tête haute.

Après votre congédiement, alors que l'équipe figurait dans la zone des clubs qualifiés pour les play-off, vous êtes demeuré deux ans sur la touche. Un choix?

J'avais besoin de prendre du recul afin d'analyser la situation et de voir les possibilités qui s'offraient à moi. J'ai notamment eu des discussions avec des formations de KHL et une équipe de la Suisse.

De la Suisse? De quelle équipe s'agissait-il?

Il y a eu certains contacts. Mais comprenez que, par respect pour les gens avec qui j'avais parlé, je vais garder l'identité de l'équipe confidentielle.

La direction du Canadien vous avait montré la porte un 14 février. Vous vous êtes marié durant l'été. Allez-vous quand même fêter la Saint-Valentin?

Je ne le pense pas, non. Le 14 février est peut-être la fête des amoureux. Mais, pour moi, cette date reste celle de mon congédiement. On était en relâche cette semaine-là et j'avais été rendre visite à Jacques Demers, le dernier entraîneur en chef à avoir gagné la Coupe Stanley avec le Canadien (ndlr: en 1993). Il venait de subir un AVC. En sortant de chez lui, en fin de matinée, j'avais reçu un appel de Marc Bergevin (ndlr: directeur général des Habs). On s'était rencontré quelques heures plus tard, et il m'avait annoncé la nouvelle. Comprenez donc que, pour moi, le 14 février à une autre signification que pour la plupart des gens.

Pendant votre break, vous avez collaboré avec quelques médias québécois, dont la chaîne de télévision RDS, à qui vous fournissiez quotidiennement votre expertise. On a une question un peu bête à vous poser...

Allez-y!

En hiver, vous interveniez depuis le bureau de votre résidence en Floride. Vous aviez toujours une chemise sans plis pour faire bonne façon. Mais on vous soupçonne du port de costume de bain pour la partie invisible à l'écran. Vous confirmez?

(Gros éclats de rires) Non, ça c'est un secret!

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