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MobilisationMicheline Calmy-Rey signe l'appel du «Matin»

L'ex-ministre des Affaires étrangères demande l'arrêt des violences en Syrie.

par
Ludovic Rocchi
Lionel Flusin

Micheline Calmy-Rey continue de se sentir concernée par la marche du monde. La socialiste genevoise n'a ainsi pas hésité à devenir la première signataire d'un appel citoyen lancé par «Le Matin» pour aider à combattre l'horreur de la crise syrienne. Son message est simple: le président Bachar el-Assad doit cesser de violenter son propre peuple et la communauté internationale doit imposer une intervention humanitaire. Micheline Calmy-Rey explique pourquoi elle signe cet appel, qui fait écho à d'autres, tel un manifeste signé par une cinquantaine de personnalités internationales exigeant de retirer au président syrien son «permis de tuer».

Nous lançons un appel citoyen pour combattre l'horreur du drame syrien. Est-ce naïf?

Un sentiment d'impuissance nous habite face à ces gens qui n'en finissent pas de se faire blesser et tuer. Je trouve donc juste que les citoyens du monde que nous sommes puissent exprimer leur empathie avec les victimes et leur volonté que ce drame cesse. Il est inacceptable que le président d'un pays puisse faire subir une telle violence à son propre peuple. Quelle que soit la complexité de la situation dans le pays, les milliers de morts de cette crise sont inacceptables.

Que peut faire la Suisse?

Notre rôle est avant tout humanitaire. Nous devons être prêts à accueillir des personnes clairement en danger dans leur pays au titre de notre tradition d'accueil humanitaire. Nous pouvons aussi soutenir la médiation poursuivie par le délégué de l'ONU Kofi Annan. J'espère sincèrement qu'il pourra aboutir dans ses négociations.

Est-il encore temps de négocier, alors que des gens meurent chaque jour?

Pour sauver des vies, une intervention humanitaire devrait pouvoir être envisagée comme le réclame la pétition que vous lancez. Elle serait légitime. Le consensus international s'est élargi ces vingt dernières années sur ce qu'il convient de considérer comme des violations graves des droits humains nécessitant une intervention de la communauté internationale. Dans le cas de la Syrie toutefois, je considère comme faibles les chances qu'on s'entende sur une telle intervention.

N'est-ce pas contraire à la politique de non-ingérence que vous avez par exemple défendue face à l'intervention américaine en Irak?

Je n'ai pas défendu l'intervention en Irak car son but n'était pas de sauver des vies mais clairement de changer de régime. Mais je fais partie de celles et ceux qui estiment qu'une intervention en Syrie serait légitime, même si l'absence d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU fait défaut.

Comment expliquez qu'une telle intervention soit si difficile à obtenir en faveur des victimes de la crise syrienne?

L'importance géostratégique de la Syrie ne favorise visiblement pas les vocations. Il existe aussi des réticences de certains pays à cause du précédent libyen. Au départ, l'intervention internationale était motivée dans le but de protéger les civils. Mais l'OTAN a clairement dépassé ce mandat et aidé au changement de régime

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