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Ski alpinMichelle Gisin: la force est dans ses pieds

Révélation suisse en vitesse, l'Obwaldienne dévoile le secret de sa réussite: des pieds et tibias plus longs que la moyenne.

par
Florian Müller
Val-d'Isère
Avoir de grands pieds permet à Michelle Gisin, médaillée d'argent du combiné aux Mondiaux de St-Moritz l'an passé, de «recevoir plus d'informations de la piste».

Avoir de grands pieds permet à Michelle Gisin, médaillée d'argent du combiné aux Mondiaux de St-Moritz l'an passé, de «recevoir plus d'informations de la piste».

Keystone

Elle était slalomeuse, la voilà descendeuse. En une saison, Michelle Gisin (24 ans) a opéré la métamorphose la plus fulgurante du cirque blanc. De technicienne pur sucre elle est passée à cheffe de file des spécialistes de vitesse. En témoignent ses deux podiums cette saison – à Lake Louise en descente (3e) et à Saint-Moritz en super-G (2e) – qui ont surpris autant que séduit. Une mue qui a pour origine la descente de Val-d’Isère, il y a pile une année. Pour son premier saut dans le grand bain des casse-cou, la petite sœur de Dominique décrochait une enthousiasmante septième place.

«C’était une énorme surprise, se souvient Michelle Gisin. Décrocher un top 10 pour la première descente de ma carrière, c’était «waouh»! Un top 30 était mon objectif, donc vous imaginez ma surprise. J’ai ensuite pu confirmer avec une huitième place aux Mondiaux, ce qui était aussi exceptionnel.»

«Juste incroyable»

Durant l’été, Michelle Gisin a poursuivi dans la voie que le destin lui avait tracée sous ses spatules. «J’ai eu la chance de pouvoir régulièrement me mesurer à Tina (ndlr: Weirather, détentrice du globe du super-G) qui est une des meilleures spécialistes de vitesse. Reste que c’était difficile de savoir si elle était vraiment à fond, avec son expérience… Et puis à Lake Louise comme à Saint-Moritz (ndlr: sur le tracé masculin), c’était la première fois que je descendais ces pistes: ce qui m’arrive est juste incroyable.»

Incroyable mais vrai. Bon sang, comment est-ce possible? Comment une slalomeuse de métier peut-elle déjouer à ce point les hiérarchies, pourtant largement établies? «J’ai une théorie, dévoile Michelle Gisin. J’en ai encore parlé avec ma physio récemment. Anatomiquement, j’ai un avantage. J’ai des grands pieds et de grands tibias. Proportionnellement du moins. C’est un sacré plus. Les pieds, d’une part, pour la sensation de glisse: plus on a de surface en contact avec la neige, plus on reçoit d’informations de la piste. Et puis les longs tibias offrent un levier plus important: il suffit de mouvements plus légers au niveau des genoux pour prendre les bons appuis. Le gain en finesse n’est pas négligeable.»

Si la question n’est pas très galante, il fallait néanmoins la poser pour se faire une idée du phénomène: «Michelle Gisin, quelle est votre pointure?» «Du 41 et demi», répond-elle la tête basse, avant d’avouer: «Suivant les modèles, ça peut aller jusqu’à 42 et demi…» Pour une fille qui mesure 172 centimètres, le rapport est conséquent.

Ça vaut ce que ça vaut, c’est néanmoins une tentative d’explication plausible. Si Michelle Gisin est autant à l’aise avec les grands skis de descente chevillés au corps, c’est qu’elle prend un énorme panard.

42

Comme la pointure de Michelle Gisin, selon les modèles de chaussures. Pas mal, pour une fille qui mesure 172 cm.

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