Suisse-Italie: Migrants bloqués à la frontière: Amnesty inquiète
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Suisse-ItalieMigrants bloqués à la frontière: Amnesty inquiète

L'organisation a demandé des explications à Berne sur les centaines de réfugiés entassés près du Tessin, entre la Suisse et l'Italie.

Des migrants à la gare de Côme, en Italie, à deux pas de Chiasso.

Des migrants à la gare de Côme, en Italie, à deux pas de Chiasso.

Keystone

Amnesty International a fait part mercredi de son inquiétude alors que des centaines de migrants s'entassent à la frontière entre l'Italie et la Suisse. L'organisation a demandé des explications à Berne après des informations selon lesquelles des enfants qui voulaient rejoindre leurs parents auraient été refoulés.

Les migrants dorment près de la gare de Côme en Italie, depuis que la Suisse a décidé de les refouler le mois dernier. Berne explique que cet afflux est dû à une arrivée de migrants africains voulant se rendre en Europe du Nord et notamment en Allemagne.

«Nous sommes préoccupés par les informations de mineurs qui, d'après leurs dires, ont été renvoyés en Italie à la frontière suisse et ont été empêchés de rejoindre les membres de leurs familles en Suisse», a déclaré Amnesty International Suisse dans un communiqué.

«Si un mineur a des membres de sa famille en Suisse capables de s'en occuper, alors la Suisse doit traiter cette demande d'asile», ajoute l'organisation de défense des droits de l'homme. Par ailleurs, les autorités ont le devoir d'informer les requérants de leurs droits.

Politique inchangée

Pour les autorités suisses, tout individu qui demande l'asile en Suisse, ou qui fait connaître son intention en ce sens aux gardes-frontières, se verra accorder cette possibilité, ont fait savoir les douanes et les services de l'immigration. Cette politique n'a pas changé ces dernières semaines, précisent ces autorités.

Martin Reichlin, du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), a déclaré qu'à son avis, tout enfant arrivant à la frontière pour tenter de rejoindre ses proches en Suisse se verra confier aux bons soins de son service.

Les migrants refoulés aux frontières suisse et française commencent à se replier à Milan, a déclaré mardi le maire de cette ville, Giuseppe Sala. Plus de 3000 migrants en transit vers d'autres pays européens sont bloqués dans la capitale économique de l'Italie.

Le Tessin ouvre un centre provisoire

Pour affronter la situation d'urgence que connaît la frontière sud depuis environ un mois, le canton du Tessin va ouvrir un centre provisoire à Rancate. Il devrait être opérationnel d'ici fin août ou début septembre.

«Il faut bien comprendre qu'il s'agira d'une structure provisoire pour héberger le temps d'une nuit les migrants entrés illégalement en Suisse et qui n'ont pas l'intention de déposer une demande d'asile dans notre pays», a expliqué mercredi lors d'un point presse le chef du département tessinois de la justice. «Ces personnes, comme le prévoit la loi, doivent être rapatriées en Italie d'où elles proviennent.»

Le centre, établi dans une zone industrielle, remplacera les trois infrastructures de la protection civile du sud du canton actuellement en fonction, mais aucunement les lieux d'accueil pour les requérants d'asile. Ces personnes sont du ressort du Secrétariat d'Etat aux Migrations.

Les mineurs non accompagnés seront accueillis à Rancate et le centre répondra à toutes les exigences humanitaires. Les questions logistiques seront facilitées, le processus de réadmission sera accéléré et la sécurité améliorée. La nouvelle structure sera co-financée par l'Administration fédérale des douanes, a indiqué le conseiller d'Etat tessinois Norman Gobbi.

L'état de nécessité a été décrété mercredi par l'exécutif tessinois au vu de ce qui se passe en Italie voisine. Plus de 500 réfugiés, refoulés par la Suisse, attendent à Côme.

(ats)

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