Grèce: Migrants : les journalistes en grève à Lesbos
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GrèceMigrants : les journalistes en grève à Lesbos

Suite à des violences d'extrême-droite, les journalistes ont décidé de faire grève et de ne plus couvrir l'île de Lesbos, porte d'entrée migratoire en Grèce.

Dans le principal camp migratoire de l'île, à Moria, et d'une capacité de 3100 places, plus de 8000 migrants s'entassent dans des conditions précaires.

Dans le principal camp migratoire de l'île, à Moria, et d'une capacité de 3100 places, plus de 8000 migrants s'entassent dans des conditions précaires.

PETROS TSAKMAKIS, Keystone

L'île grecque de Lesbos était privée jeudi de médias locaux du fait d'une grève des journalistes contre des violences d'extrême droite les visant, sur fond de tensions alimentées par le confinement sur l'île de plus de 10'000 exilés.

L'appel au débrayage de 24 heures intervient alors qu'un homme devait être jugé dans la journée pour «diffamation» et «injures» après une plainte d'une journaliste à laquelle il s'en était pris sur les réseaux sociaux.

Devant le tribunal

Le tribunal de Mytilène, chef-lieu de Lesbos, a finalement décidé de suspendre l'audience jusqu'au 22 janvier, après un recours de l'accusé qui a invoqué des raisons de santé.

La plaignante, Anthi Pazianou, du cas de laquelle s'est saisie le Conseil de l'Europe, avait dénoncé une attaque contre une fillette de neuf ans, prise à tort par ses agresseurs pour une réfugiée.

Harcelement

Mais le cas de Mme Pazianou, qui travaille pour plusieurs organes de presse dont l'AFP, n'est le seul sur l'île, où d'autres collègues ont eu maille à partir avec des militants d'extrême droite, et de tels cas de harcèlements et violences sont déjà rapportés depuis plus d'un an, selon le syndicat local des journalistes.

Dans son appel à la grève, celui-ci met en avant «les conditions dangereuses dans lesquelles s'exerce le travail journalistique à Lesbos et les menaces émanant d'éléments extrémistes pour imposer une censure».

Xénophobie

Si elles restent minoritaires sur cette île qui compte près de 90'000 habitants, les mobilisations xénophobes s'y sont multipliées face au confinement sur place de plus de 10'000 réfugiés et migrants qui continuent d'affluer depuis les côtes turques proches. En principe voués au renvoi en Turquie, mais en pratique éligibles pour beaucoup d'entre eux à l'asile en Grèce, ces exilés attendent des mois sur place une décision sur leur sort.

Dans le principal camp migratoire de l'île, à Moria, d'une capacité de 3100 places, plus de 8000 d'entre eux s'entassent dans des conditions dénoncées par toutes les parties prenantes, du personnel au Haut-Commissariat de l'ONU pour les Réfugiés (UNHCR).

Dernier cri d'alarme en date, 19 ONG, dont Oxfam, Caritas et Terre des Hommes, ont réclamé jeudi une «action immédiate» d'Athènes pour mettre fin à une situation «honteuse» et «pire que jamais».

(AFP)

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