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ConsommationMigros et Coop sont trop chers

Selon la fédération des entreprises, le prix des articles de marque est beaucoup trop élevé chez les deux grands distributeurs du pays.

par
Victor Fingal
«Ces immenses espaces dans les centres-villes rendent la concurrence très difficile», estime Mathieu Fleury.

«Ces immenses espaces dans les centres-villes rendent la concurrence très difficile», estime Mathieu Fleury.

Valdemar Verissimo

Difficile d'imaginer un pareil verdict de la part d'EconomieSuisse, l'organisation patronale habituellement peu encline à se battre contre la vie chère. Mais dans un dossier remis hier aux parlementaires et aux responsables économiques du pays, la fédération des entreprises fustige les deux grands distributeurs, accusés de vendre les produits de marque à des prix beaucoup trop élevés. «C'est d'autant plus grave que Migros et Coop n'ont en partie aucun intérêt à offrir des produits de marque à bas prix, car ceux-ci concurrenceraient plus fortement leurs propres marques», peut-on lire dans le rapport.

L'Etat ne doit pas s'en mêler

Pour lutter contre des prix jugés trop élevés, l'Etat ne doit pas pour autant s'immiscer dans le mécanisme de fixation des prix sur les marchés. En clair, EconomieSuisse ne soutient pas la motion de la socialiste lucernoise Prisca Birrer-Heimo. La présidente de la Fondation alémanique pour la protection des consommateurs estime en effet que les consommateurs suisses devraient avoir un accès plus facile aux marchés étrangers. Surnommée «Lex Nivea», la proposition de la conseillère nationale est ainsi rebaptisée par EconomieSuisse «Lex Migros», le géant orange soutenant la motion de la Lucernoise.

«Dans un pays où Coop et Migros détiennent 65% du commerce de détail, il faut plus de concurrence, ainsi une réelle pression peut s'exercer sur les prix», précisait hier Rudolf Minsch, chef économiste de la fédération des entreprises. Et le scientifique d'ajouter: «L'arrivée des hards discounters Aldi et Lidl va dans la bonne direction, mais ils ne sont pas assez grands pour influer suffisamment sur les prix.» De son côté, Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs (FRC), voit dans le dossier d'EconomieSuisse une démonstration positive. «Nous remarquons que le débat est enfin lancé sur la cherté des produits vendus en Suisse et que l'on cherche à déterminer la chaîne des responsabilités.» Le secrétaire général de la FRC regrette toutefois que le rapport ne prenne pas en considération «le terrain occupé par les deux grands distributeurs dans les cités. Ces immenses espaces dans les centres-villes qui rendent la concurrence si difficile.»

Sur le fond, Mathieu Fleury est aussi d'avis que le dossier d'EconomieSuisse se contente de faire un constat sans apporter de véritables solutions.

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