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Etats-UnisMike Pence, le choix raisonnable de Trump

Le gouverneur de l'Indiana, choisi vendredi par le milliardaire pour devenir son vice-président, lui apportera son expérience de Washington.

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Le médecin de Donald Trump a réalisé un bulletin de santé en 5 minutes, l'an passé. (Samedi 27 août 2016)

Le médecin de Donald Trump a réalisé un bulletin de santé en 5 minutes, l'an passé. (Samedi 27 août 2016)

Reuters
Une statue peu flatteuse de Donald Trump a fait beaucoup rire, à New York. (Jeudi 18 août 2016)

Une statue peu flatteuse de Donald Trump a fait beaucoup rire, à New York. (Jeudi 18 août 2016)

AFP
Le sénateur démocrate Tim Kaine a été investi candidat à la vice-présidence des Etats-Unis. (Mercredi 27 juillet 2016)

Le sénateur démocrate Tim Kaine a été investi candidat à la vice-présidence des Etats-Unis. (Mercredi 27 juillet 2016)

Keystone

Gouverneur de l'Indiana depuis janvier 2013, M. Pence, 57 ans, qui se décrit comme un «chrétien, un conservateur et un républicain, dans cet ordre», apparaît comme le colistier complémentaire que M. Trump recherchait.

Il devrait être à même d'apporter à sa campagne un peu de stabilité, et d'apaiser le climat entre Donald Trump et un parti républicain inquiet, avant la convention de Cleveland qui désignera officiellement le magnat de l'immobilier comme son candidat à l'élection présidentielle.

Mais la démocrate Hillary Clinton l'a immédiatement dénoncé comme «le choix le plus extrême de cette génération», ajoutant qu'il était un homme qui «divisait profondément».

Avocat de formation, ancien animateur de radio, bon communicateur, Mike Pence connaît les arcanes de Washington pour avoir été membre de la chambre des représentants de 2001 à 2013 et président de la conférence républicaine (numéro 3 du parti) de 2009 à 2011.

Anti-tout

C'est un héraut des valeurs familiales traditionnelles, très croyant, anti-avortement, anti-mariage pour tous, hostile à l'installation de réfugiés syriens dans son Etat.

Le speaker républicain de la chambre Paul Ryan, qui marche sur des oeufs avec Donald Trump, a décrit M. Pence, homme aux cheveux blancs, discipliné et relativement discret, comme un «très bon ami».

Il était apparemment le favori des enfants Donald Trump - très influents dans la campagne de leur père - face aux fortes personnalités plus imprévisibles du gouverneur du New Jersey Chris Christie et de l'ancien speaker de la chambre des représentants Newt Gingrich, également pressentis.

Les connexions de M. Pence devraient aussi aider à récolter plus de fonds pour la campagne de M. Trump.

En tant que gouverneur, il a signé des lois rendant plus difficile l'avortement dans l'Indiana. Et il avait été très critiqué pour avoir défendu en 2015 une loi sur la «liberté religieuse», vue par ses détracteurs comme une façon de discriminer la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres).

Cruz, son premier choix

Il avait d'abord soutenu Ted Cruz dans la campagne des primaires, et n'a pas toujours été d'accord avec Donald Trump. Il avait notamment dénoncé comme «insultante et inconstitutionnelle» l'idée de M. Trump d'interdire l'entrée des musulmans aux Etats-Unis, pour lutter contre le terrorisme.

Les deux hommes n'étaient pas particulièrement proches. Mais Donald Trump avait rencontré Mike Pence plusieurs fois ces derniers jours et fait campagne avec lui dans l'Indiana mardi soir. Mercredi, l'homme d'affaires new-yorkais, ses enfants et son gendre s'étaient encore rendus dans l'Indiana pour rencontrer à nouveau M. Pence, peu connu au-delà des cercles républicains.

Il sera à même d'aider M. Trump auprès des conservateurs traditionnels et notamment les évangéliques, encore réticents face à la personnalité du milliardaire, et probablement aussi dans la «Rust Belt», la région industrielle du nord-est en déclin, dont font partie l'Indiana et l'Ohio voisin, Etat clé dans la course à la Maison-Blanche.

Certains élus républicains se sont réjouis à l'idée qu'il devienne le colistier de M. Trump. Mais des experts soulignent que ce choix ne sera pas en mesure d'élargir la base électorale de Donald Trump, notamment auprès des indépendants ou des républicains modérés, à l'égard desquels la démocrate Hillary Clinton devrait redoubler d'efforts.

M. Pence était engagé dans une difficile campagne de réélection dans l'Indiana. Il avait jusqu'à vendredi à la mi-journée pour la quitter.

(ats)

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