05.08.2016 à 08:41

ChineMilitant des droits de l'Homme condamné

Gou Hongguo est le quatrième activiste condamné pour «subversion» cette semaine.

Fan Lili, la femme de Gou Hongguo, en pleine détresse face à la condition de son mari.

Fan Lili, la femme de Gou Hongguo, en pleine détresse face à la condition de son mari.

Keystone

La justice chinoise a condamné vendredi à trois ans de prison avec sursis un militant des droits de l'Homme ayant notamment combattu les expropriations forcées.

Le militant chrétien a été accusé de s'être rendu à l'étranger pour y être «entraîné à subvertir le pouvoir de l'Etat», a indiqué dans un microblog la Deuxième cour intermédiaire populaire de Tianjin (nord). Parmi toute une liste de crimes, il a été reconnu coupable d'avoir cherché à «retourner l'opinion publique» contre le gouvernement et d'avoir tenté de «renverser le système socialiste».

Gou Hongguo s'est au final vu infliger une peine de trois ans d'emprisonnement avec sursis, a annoncé l'agence officielle Chine nouvelle, précisant qu'il avait plaidé coupable et ne ferait pas appel.

La peine apparaît clémente à la lumière des sentences prononcées ces derniers jours par ce même tribunal à l'issue de procès expéditifs contre des militants connus. Des audiences vivement critiquées par les ONG de défense des droits de l'Homme, alors que la justice chinoise reste étroitement soumise aux autorités politiques.

Gou Hongguo s'était distingué en protestant vivement contre les évictions forcées, fréquentes en Chine, qui voient des promoteurs s'emparer de logements de résidents populaires ou démunis après des expropriations souvent violentes cautionnées par le gouvernement.

Vague d'arrestations

M. Gou avait été arrêté il y a un an, à la suite d'une salve de 200 interpellations d'avocats et militants intervenues à l'été 2015 dans toute la Chine. Une dizaine d'activistes avaient ensuite été placés en état d'arrestation.

Outre Gou, trois d'entre eux étaient jugés cette semaine à Tianjin. L'avocat Zhou Shifeng a ainsi été condamné jeudi à sept ans de prison pour «subversion». Hu Shigen, auteur dissident et responsable d'églises clandestines à Pékin, a lui écopé mercredi de sept ans et demi de prison, tandis que le militant Zhai Yanmin, organisateur de manifestations à répétitions, s'en sortait mardi avec trois ans et demi avec sursis.

Depuis l'arrivée du président Xi Jinping en 2013, ONG et experts dénoncent un durcissement croissant de la répression contre les voix critiques à l'égard du régime communiste.

(ats)

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