Actualisé 18.03.2020 à 13:49

Milliers de Suisses bloqués à l'étranger

Coronavirus

Frontières fermées, trafic aérien très réduit: c'est la galère pour tous ceux qui séjournaient à l'étranger. Et Berne ne va pas les aider.

par
cht
Les touristes galèrent pour trouver des vols pour rentrer au pays.

Les touristes galèrent pour trouver des vols pour rentrer au pays.

Les vacances et les séjours à l'étranger sont en train de tourner au cauchemar pour de nombreux Suisses. En effet, avec les restrictions du trafic aérien et la fermeture des frontières, c'est désormais la galère pour rentrer au pays.

Des milliers d'Helvètes sont désormais bloqués à l'étranger et beaucoup se démènent pour trouver une solution de retour, relève le «Blick» mercredi. Selon le Département fédéral des affaires étrangères, 15'000 Suisses sont enregistrés comme étant en séjour à l'étranger. Mais en réalité, il y en aurait près de 50'000, estime le DFAE. La Helpline du DFAE reçoit plus de mille appels par jour, selon Ignazio Cassis.

A chacun de se débrouiller

Mais pas question pour le DFAE de venir en aide aux Helvètes en rade. Chaque Suisse est responsable de ses déplacements, souligne son porte-parole. Berne conseille néanmoins à tous les Helvètes de rentrer le plus vite possible. «Plus ils attendent, plus le risque est grand qu'ils ne trouvent plus de possibilités de retour», explique le porte-parole du DFAE. Le chef du DFAE, Ignazio Cassis a également appelé les touristes à «ne pas perdre de temps» pour réserver un vol de retour en Suisse, avant que les frontières ne soient fermées.

Et le DFAE de préciser que la Suisse ne viendra en aide à ses ressortissants «que s'il peut être prouvé qu'il n'y a absolument plus de possibilité de quitter le pays de manière indépendante». Il portera assistance aux agences et aux compagnies aériennes lorsqu'il s'agit d'obtenir des autorisations ou des prolongations. «Si rien ne porte ses fruits - ce qui sera certainement le cas pour quelques destinations - alors la Suisse mettra en place des retours. Ce sera possible, mais complexe», explique Hans-Peter Lenz chef du centre de gestion des crises du DFAE. De plus, les moyens sont limités.

La loi sur les Suisses de l'étranger (LSEtr) prévoit en effet que toute personne porte elle-même la responsabilité lors de la préparation et l'exécution d'un séjour à l'étranger ou lors de l'exercice d'une activité à l'étranger. En conséquence, dans une situation de crise, les ressortissants suisses à l'étranger «doivent s'informer en tout temps et de manière indépendante sur la situation actuelle, notamment par le biais des médias, des communications des autorités locales, des sites internet des autorités sanitaires, de l'OFSP (COVID-19) et du DFAE (conseils aux voyageurs)», ajoutent les services d'Ignazio Cassis.

Avec l'aide des agences

Il est également attendu que les personnes concernées entreprennent des démarches de manière indépendante pour trouver des solutions alternatives (hébergement à l'hôtel, changements de réservation, annulations, options de retours alternatifs) avec l'aide de leur propre assurance de voyage, compagnie aérienne et tour-opérateur.

Justement, les agences de voyage tournent à plein régime pour aider leurs clients à trouver des vols pour rentrer. «Nous avons encore plusieurs centaines de clients à l'étranger qui aimeraient rentrer en Suisse. Nous faisons de notre mieux pour trouver des vols», a expliqué à Keystone-ATS Bianca Gähweiler, porte-parole de Hotelplan Suisse.

Si nécessaire, l'agence de voyage s'occupe aussi de l'hébergement. Lorsque les vols réguliers sont modifiés ou annulés, «nous cherchons une solution avec les clients», précise pour sa part TUI. Le tour-opérateur est en contact avec tous les clients et leur promet de «prendre soin d'eux».

A la charge des voyageurs

Mais les agences ont précisé au «Blick» que les changements de plan sont à la charge des voyageurs. «S'il s'agit d'un voyage à forfait, l'agence est tenue de les aider, mais pas en termes financiers», souligne Walter Kunz, directeur de l'Association suisse du voyage.

Même les compagnies d'assurance ne couvriront pas ces frais supplémentaires. La raison: «Cet événement est classé comme une pandémie et est donc exclu de la couverture d'assurance».

Maroc, Afrique du Sud et Ukraine

La situation est délicate au Maroc, en Afrique du Sud ou en Ukraine, précise le DFAE. Des démarches politiques ont été nécessaires pour faciliter un retour des Suisses bloqués au Maroc.

Plusieurs vols, affrétés par des compagnies basées en Suisse, ont pu être effectués mardi. Ces vols sont commerciaux et les touristes sont responsables des réservations et doivent prendre en charge les frais, rappelle le département d'Ignazio Cassis.

Les représentations de Pretoria et de Kiev sont en contact avec les ressortissants suisses et les autorités locales pour déterminer dans quelle mesure la Confédération peut apporter son soutien. L'Egypte, les Philippines, Saint Domingue, le Pérou ou le Brésil représentent aussi des zones à risque.

La fenêtre temporelle pour rentrer est en partie déjà fermée. «Nous essayons d'obtenir des prolongations grâce aux démarches diplomatiques», a expliqué Hans-Peter Lenz chef du centre de gestion des crises du DFAE.

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