Norvège-Royaume-Uni – Mise en marche du plus long cable électrique sous-marin du monde
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Norvège-Royaume-UniMise en marche du plus long câble électrique sous-marin du monde

Ce câble, qui relie la Norvège au Royaume-Uni, permet aux deux pays un partage d’électricité.

Le câble électrique passe sous la mer du Nord.

Le câble électrique passe sous la mer du Nord.

Photo d’illustration/AFP

Le plus long câble électrique sous-marin du monde, qui relie la Norvège au Royaume-Uni et permet aux deux pays un partage d’électricité, est entré en service vendredi, indique National Grid, qui gère le réseau de distribution électrique britannique. «Le Royaume-Uni et la Norvège sont maintenant en mesure de partager de l’énergie renouvelable pour la première fois» alors que «la coentreprise North Sea Link à 1,6 milliard de livres, de National Grid avec l’opérateur du système électrique norvégien Statnett, commence ses activités commerciales ce jour», souligne National Grid dans un communiqué.

La liaison électrique sous-marine de quelque 720 kilomètres va démarrer avec une capacité maximale de 700 megawatts (MW) qui va monter graduellement à 1400 MW sur trois mois. «À pleine capacité, North Sea Link pourra alimenter en électricité 1,4 million de foyers», poursuit National Grid. Le North Sea Link relie Suldal, dans le sud-ouest du pays scandinave, à Blyth (près de Newcastle) en Angleterre en passant sous la mer du Nord, renforçant ainsi la sécurité de l’approvisionnement électrique des deux pays à l’heure où le prix du gaz naturel atteint des records en Europe et au Royaume-Uni.

Zone euro: l’énergie propulse l’inflation au plus haut depuis 2008 en septembre

Le taux d’inflation en zone euro a bondi en septembre à 3,4% sur un an, au plus haut depuis 13 ans, en raison de la flambée des prix de l’énergie, a annoncé vendredi Eurostat. Parmi les principales composantes de l’indicateur, le secteur de l’énergie a connu de loin la plus forte hausse des prix le mois dernier (+17,4%, après +15,4% en août), a souligné l’office européen des statistiques.

Depuis juin, l’inflation a progressé chaque mois dans la zone euro. Elle avait atteint 2,2% en juillet et 3% en août, toujours en glissement annuel, dépassant nettement l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE). Les tensions sur les prix font craindre aux marchés financiers une remontée des taux d’intérêt. Mais la BCE, tout comme la Fed, son homologue américaine, jugent le phénomène temporaire. Pour de nombreux experts, la poussée inflationniste actuelle est essentiellement liée à la flambée des prix du pétrole et du gaz et à des pénuries de composants dans l’industrie, qui s’expliquent par la forte reprise économique ayant suivi la crise provoquée par la pandémie de coronavirus.

«Quand ça souffle fort en Angleterre et la production éolienne y est élevée, on pourra en Norvège acheter de l’électricité bon marché auprès des Britanniques et laisser l’eau dans nos réservoirs» de barrages hydroélectriques, source d’énergie principale en Norvège, avait expliqué en juin le directeur du projet chez Statnett, Thor Anders Nummedal. Et vice versa quand le vent n’est pas assez fort au Royaume-Uni.

Défis techniques

La construction, qui a duré six ans, a connu son lot de défis techniques, obligeant notamment à construire une barge spéciale pour faire passer le câble sous un lac norvégien ou encore à percer un tunnel de 2300 mètres. Au classement des câbles électriques sous-marins les plus longs, le North Sea Link détrône Nordlink (623 km, dont 516 sous l’eau), inauguré le mois dernier entre la Norvège et l’Allemagne. Déjà connecté à la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Irlande, le Royaume-Uni prévoit d’autres interconnexions avec les pays du continent, notamment grâce à un nouveau câble sous-marin le reliant au Danemark, Viking Link (765 km, dont 621 sous l’eau). Sa construction doit s’achever fin 2023.

Mi-septembre, un incendie affectant une liaison électrique majeure avec la France avait réduit la capacité du Royaume-Uni, contribuant à faire flamber les prix du gaz dans le pays. D’ici 2030, 90% de l’électricité importée par les interconnexions de National Grid proviendra d’énergies sans émissions de CO2, ce qui «permettra d’éviter de rejeter 100 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère, soit l’équivalent de deux millions de voitures», fait valoir l’entreprise. La Norvège, qui est par ailleurs le plus gros producteur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest, ambitionne quant à elle de devenir une sorte de «batterie verte» pour le continent auquel son réseau électrique est désormais relié par quatre câbles sous-marins (GB, Allemagne, Pays-Bas, Danemark).

Un autre câble (privé) avec l’Écosse est en projet mais l’arrivée imminente au pouvoir d’un nouveau gouvernement pourrait le torpiller, ces câbles ayant pour effet de renchérir la facture électrique des Norvégiens. Le Royaume-Uni, qui accueille à partir de fin octobre la conférence internationale sur la transition énergétique COP26, veut atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

(AFPE)

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