16.04.2016 à 18:53

Amérique centraleModerniser l'économie cubaine prendra du temps

Le chef de l'Etat Raul Castro a prévenu samedi que les réformes économiques de son pays ne se feront pas au détriment des plus pauvres.

Le président cubain Raul Castro.

Le président cubain Raul Castro.

AFP

Raul Castro a écarté samedi tout recours à une «thérapie de choc» pour moderniser l'économie cubaine. Le président cubain a assuré qu'il n'entendait léser personne dans ce processus, à l'ouverture du Congrès .

A l'ouverture de quatre jours de débats entre délégués du parti communiste de Cuba (PCC), qui doivent définir la ligne politique à suivre pour les cinq prochaines années, Raul Castro a prévenu que les réformes économiques en cours ne s'écarteraient pas du chemin tracé lors du précédent Congrès en 2011.

«Cuba ne pourra jamais se permettre l'application de ce qu'on appelle les thérapies de choc, souvent appliquées au détriment les classes les plus défavorisées de la société», a prévenu M. Castro dans son discours inaugural.

«Les formules néolibérales qui prônent la privatisation accélérée du patrimoine d'Etat et des services sociaux, comme l'éducation, la santé et la sécurité sociale, ne seront jamais appliquées sous le socialisme cubain», a encore prévenu le président cubain.

L'organisation de ce Congrès avait nourri de nombreuses attentes ces derniers mois sur l'île comme à l'étranger. Mais celles-ci ont été rapidement douchées par les autorités cubaines, qui ont prévenu que l'assemblée serait placée sous le signe de la continuité politique et économique.

Jusqu'en 2030

Dans la foulée du précédent Congrès, les 1000 délégués du parti devaient évaluer l'avancée des 313 mesures économiques approuvées en 2011 pour «actualiser» un modèle à bout de souffle, calqué sur celui de l'ex-URSS.

Réunis jusqu'à mardi, les caciques du PCC devront aussi approuver un programme de développement économique et social qui sera appliqué bien après le départ de Raul Castro, prévu pour 2018, puisqu'il couvre la période 2016-2030.

Pour moderniser son économie, Cuba s'est doté d'une loi favorisant les investissements étrangers dans un cadre strict, et a ouvert son économie aux petits entrepreneurs indépendants. Selon les médias officiels, 21% des 313 mesures économiques ont déjà été menées à bien et 77% sont encore en phase de mise en place. Restent 2% mises de côté pour l'instant, «pour diverses raisons».

Lenteur justifiée

Samedi, Raul Castro, au pouvoir depuis 2008, a justifié la lenteur des réformes par le souci du gouvernement de ne laisser aucun des 11,1 millions de Cubains au bord du chemin.

«Ce principe, de ne laisser personne désarmé, conditionne en grande partie le rythme de l'actualisation du modèle économique cubain, qui subit de manière indéniable les effets de la crise économique internationale et (...) de l'embargo» américain imposé à l'île depuis 1962 par les Etats-Unis, a-t-il expliqué.

«Les décisions sur l'économie ne peuvent en aucun cas signifier une rupture avec les idéaux d'égalité et de justice de la révolution (...) Nous ne permettrons pas que ces mesures génèrent instabilité et incertitude au sein de la population cubaine», a insisté le président cubain.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!