Football - Mohamed Coulibaly: «Vaduz, c’est une petite famille»
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FootballMohamed Coulibaly: «Vaduz, c’est une petite famille»

Avant d’affronter Lausanne (dimanche à 16 heures), l’attaquant sénégalais de Vaduz explique la réussite de son équipe, deuxième de Super League sur les 13 dernières journées.

par
Brice Cheneval
Mohamed Coulibaly ne connaît pas sa meilleure saison à titre personnel mais il est un observateur privilégié de l’excellent parcours de Vaduz en Super League.

Mohamed Coulibaly ne connaît pas sa meilleure saison à titre personnel mais il est un observateur privilégié de l’excellent parcours de Vaduz en Super League.

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Grâce à votre victoire contre Sion (3-0), vous avez quitté la dernière place de Super League pour la première fois depuis six mois. Ce résultat change-t-il votre perception de la fin de saison?

«Ces trois points nous ont donné de l’air et des possibilités de grimper encore au classement pour obtenir notre maintien directement. Mais le déclic est intervenu bien avant Sion. On reste sur trois victoires d’affilée, l’état d’esprit du groupe est au beau fixe. On n’avait pas besoin de ce match pour prendre conscience de notre valeur.»

Depuis la 16e journée et votre victoire à Zurich (1-0), vous êtes la deuxième meilleure équipe de Super League derrière Young Boys. Qu’est-ce qui fait la force de ce Vaduz?

«Notre force, c’est qu’on a moins de pression que les autres, parce qu’on a le plus petit budget de Super League et qu’on a un effectif en-dessous du reste. Et on ne s’en rajoute pas: on aborde les matches les uns après les autres, on ne se prend pas la tête. Même quand on était dernier, on ne s’affolait pas, car on est sûr de notre plan de jeu. On va continuer parce que ça nous réussit.»

Depuis la 16e journée, le FC Vaduz est la deuxième meilleure équipe de Super League, derrière Young Boys.

Depuis la 16e journée, le FC Vaduz est la deuxième meilleure équipe de Super League, derrière Young Boys.

Capture d’écran Transfermarkt

Avec une victoire sur les 15 premiers matches, vous avez connu un début de saison calamiteux. Avec le recul, comment l’expliquez-vous?

«Il fallait s’adapter à la nouvelle division. Le rythme n’est pas le même par rapport à la Challenge League. Pour beaucoup de joueurs, il s’agit de leur première saison en Super League. On s’était mis un peu trop de pression. Il fallait rebâtir une confiance. Avant les matches, on ne partait pas perdant mais on se considérait en-dessous de l’adversaire. On avait trop de respect pour les autres.»

À quel moment cette mentalité a-t-elle changé?

«Le déclic est intervenu juste avant les vacances de Noël. On s’est déplacé à Sion (ndlr: le 20 décembre) avec un effectif réduit et on a réussi un bon match malgré la défaite (ndlr: 1-2). Trois jours après, on va à Genève et on accroche le nul à la fin (ndlr: 1-1). On a vu qu’on pouvait faire de bonnes choses dans ce championnat, ça nous a donné confiance. Dans la tête de tout le monde maintenant, on est des joueurs de Super League. Quel que soit l’adversaire, on joue pour prendre des points. On est convaincu qu’on peut gagner chaque match.»

«On est convaincu qu’on peut gagner chaque match»

Mohamed Coulibaly, attaquant du FC Vaduz

La bascule de vos résultats coïncide avec un remaniement tactique: fin décembre, Mario Frick a troqué le 3-4-1-2 du début de saison par un 5-4-1 plus compact...

«Ce changement a joué un grand rôle. En début de saison, on pratiquait le même jeu qu’en Challenge League, on avait davantage la balle. Mais on laissait trop d’espaces et cela nous mettait en difficulté. Ce style ne convenait pas à notre équipe en Super League. L’entraîneur a décidé de mettre en place un bloc bas et de laisser peu d’espaces à l’adversaire.»

Comment l’attaquant que vous êtes a-t-il accueilli cette évolution?

«En tant que joueur offensif, ce n’est pas le système où on s’éclate le plus (rire). Mais mieux vaut jouer ainsi et avoir une chance de se maintenir. La saison dernière, en Challenge League, on rencontrait souvent des équipes qui pratiquaient le même football que nous désormais. Donc je suis bien placé pour savoir à quel point c’est frustrant pour un attaquant de se heurter à des défenses repliées.»

Votre équipe semble s’épanouir dans ce style...

«On s’est approprié cette manière de jouer, cette mentalité de se battre sur chaque ballon. Tactiquement, on est vraiment au point. Tout le monde sait ce qu’il a à faire et se bat pour les autres. Sans ces ingrédients, ce serait beaucoup plus compliqué. Et, finalement, on trouve du plaisir à jouer ainsi parce que ça nous donne une chance d’être plus compétitif. C’est un passage obligé pour performer dans cette ligue.»

Vous affichez la moins bonne attaque du Championnat, votre meilleur buteur est un défenseur central (Joël Schmied, 6 buts) et vous vous reposez à outrance sur les coups de pied arrêtés. La réussite de Vaduz semble tenir d’un miracle permanent...

«On a de la réussite, oui, mais ça se provoque.»

«On s’est approprié cette manière de jouer, cette mentalité de se battre sur chaque ballon»

Mohamed Coulibaly, attaquant du FC Vaduz

Ce projet de jeu ne fonctionnerait pas sans un collectif soudé. Qu’est-ce que votre forme des derniers mois raconte de l’état d’esprit au sein du groupe?

«On tire tous dans le même sens. On essaye d’instaurer une bonne ambiance à l’entraînement, cela contribue à réduire la pression. On a un petit budget donc c’est nécessaire de compenser avec des valeurs comme la solidarité, l’entraide, le partage. Vaduz, c’est une petite famille.»

Le collectif liechtensteinois se distingue par une solidarité à toute épreuve. 

Le collectif liechtensteinois se distingue par une solidarité à toute épreuve.

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Votre programme d’ici la fin de saison s’annonce dantesque: après Lausanne, vous allez affronter Bâle, Saint-Gall, Lucerne, Lugano, Young Boys, Servette et Zurich. Comment allez-vous aborder ce sprint final?

«On va continuer à faire ce qu’on sait faire: prendre match après match. On ne se disperse pas avec les à-côtés. Vu de l’extérieur, on est outsider face à toutes les équipes que vous avez citées. Mais nous, on a l’ambition de prendre des points.»

À titre personnel, vous vivez une saison difficile, entre blessures et sorties de banc (13 matches de Super League, 6 titularisations, 2 buts). Quel regard portez-vous sur votre situation?

«La montée a demandé énormément d’efforts physiques. Avec la courte intersaison qui a suivie, je n’ai pas pu complètement récupérer et je me suis blessé en tout début de saison. J’ai en plus attrapé le Covid, ce qui a retardé ma préparation… Puis j’ai rechuté en décembre. Ma saison est tronquée. Mais je me bats pour retrouver ma place et me fondre dans ce nouveau schéma de jeu. Je sens que ça va de mieux en mieux.»

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