Actualisé 22.03.2020 à 17:05

France«Mon père ce héros»: hommage à l'urgentiste décédé

Le premier soignant français mort du coronavirus n’avait pas pris sa retraite pour continuer à s’occuper des malades.

par
lematin.ch
Urgentiste à Compiègne, le Dr Jean-Jacques Razafindranazy avait 68 ans.

Urgentiste à Compiègne, le Dr Jean-Jacques Razafindranazy avait 68 ans.

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Ministre français de la santé, Olivier Véran a expliqué ce dimanche sur RTL que parmi les morts atteints par le coronavirus il y avait «à l'heure actuelle celle d'un médecin hospitalier». Il s’agit à sa connaissance, a-t-il précisé, du seul décès d'un membre du personnel soignant en France.

Cet homme se nommait Jean-Jacques Razafindranazy. L’un de ses fils a annoncé son décès sur Facebook samedi soir, expliquent les médias français. Et il lui a rendu hommage.

«Le covid-19 était plus fort»

«Mon père ce héros, médecin aux urgences de Compiègne est parti trop vite à cause du coronavirus», a-t-il écrit. «Passionné par son travail, il n'a pas pris sa retraite. Mais la maladie est extrêmement grave et ne doit pas être prise à la légère. Le covid-19 était plus fort.» Et ce fils de dire tout l’amour de sa famille pour ce père disparu.

Urgentiste, le Dr Jean-Jacques Razafindranazy, 68 ans, est décédé samedi au CHU de Lille, relate «Le Parisien».

«Il voulait aider ses confrères surchargés»

«Mon père s'est sacrifié», réagit ce dimanche son fils dans le quotidien français. «Il était à la retraite et aurait pu arrêter mais il continuait à venir car il voulait toujours aider ses confrères surchargés. Il travaillait parce qu'il aimait ça, c'était sa vie. C'est injuste. Nous sommes tristes et en colère.»

Fin février, Jean-Jacques Razafindranazy était revenu de vacances à Madagascar, son île d’origine, «en pleine forme». Mais début mars, il a présenté des premiers symptômes. «Il est revenu d'une garde très fatigué. Il est très vite tombé malade, ne mangeait plus, n'avait plus de goût alors que c'était un bon vivant. Malgré tout, se sachant malade, il a voulu retourner travailler et a vite été mis de côté par ses collègues», témoigne encore son fils dans «Le Parisien».

Contaminé par un malade?

L'hôpital de Compiègne, où travaillait le défunt, a fait partie des premiers hôpitaux à prendre en charge les patients atteints du coronavirus dans le foyer de l'Oise, précise France Bleu. «Les précautions étaient alors moindres, en tout cas pas adaptées», confie une source hospitalière au «Le Parisien».

Il n’est cependant pas établi que le Dr Razafindranazy a été contaminé par un malade. Le ministre français de la Santé a tenu à souligner «le courage extraordinaire dont font preuve l'ensemble des médecins, des soignants, des pompiers, de toutes les personnes qui permettent de sauver des vies chaque jour». Mais sans se prononcer sur ce cas particulier, Olivier Véran a avancé: «nous savons c'est que la plupart des soignants qui vont contracter la maladie ne vont pas la contracter dans le cadre de leur mission hospitalière, mais en dehors».

Abattement des collègues

Ce décès d’un soignant engendre beaucoup d’émotion dans la région, notent les médias français. «Compiègne perd un grand médecin, un homme respecté et apprécié de son équipe», a réagi le maire de la ville Philippe Marini.

«Les collègues de Compiègne sont abattus», commente bouleversé un urgentiste de la région resté anonyme dans «Le Parisien». «La situation est grave, on n'a pas demandé à mourir. On assume nos responsabilités mais les citoyens ne se rendent pas compte de la gravité de la situation.»

R.M.

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