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footMondial-2014 - Angleterre: Roy Hodgson n'a plus la bougeotte (MAGAZINE-DOSSIER)

Londres, 22 mai 2014 (AFP) - Décevante depuis de trop nombreuses années, l'Angleterre a confié le soin de redorer son blason au Mondial-2014 à Roy Hodgson, un globe-trotter agréable de 66 ans qui a déjà connu 16 clubs, quatre sélections et pas moins de huit pays.

Arrivé à la tête de la sélection à un mois d'un Euro-2012 qu'il n'avait pu correctement préparer après le brusque départ de Fabio Capello, il avait néanmoins assuré un parcours très honorable, avec une élimination en quart de finale aux tirs au but contre l'Italie sans avoir perdu un match. Depuis, le placide technicien mène son petit bonhomme de chemin. Jusqu'ici, son mandat avec la sélection aux Trois Lions se déroule sans tache ni vrai coup d'éclat, à l'image du personnage: critiquée pour son jeu insipide et laborieux, l'Angleterre, solide et travailleuse, a néanmoins fini invaincue dans son groupe. Hodgson peut ainsi faire valoir un bilan avantageux de 14 victoires, neuf nuls et seulement deux défaites. Avec lui, l'Angleterre peut compter sur un homme charmant et distingué, qui sait être fin et ferme même s'il ne se défait jamais d'un flegme typiquement britannique. Défenseur à Crystal Palace dans une carrière de joueur sans relief, le Londonien a commencé à se former dès l'âge de 23 ans, avant d'embrasser la carrière d'entraîneur à 29 ans... à Halmstad en Suède. Auparavant, le futur professeur de sport, d'où son côté calme et pédagogue, avait passé un an à Pretoria, en plein apartheid, pour braver le boycott sportif et jouer dans une équipe amateur. L'Anglais connaît sur le bout des doigts les pays nordiques, pour avoir aussi exercé en club au Danemark et en Norvège, ainsi qu'avec la sélection en Finlande, que personne d'autre que lui n'a menée aussi haut (33e au classement Fifa en 2007). Il a également eu une expérience à la tête des Émirats Arabes Unis (2002-2004). L'Angleterre est d'ailleurs sa 4e sélection nationale: il a rendu son honneur à la Suisse en 1994 en l'emmenant en 8e de finale du Mondial américain, alors qu'elle attendait un grand tournoi depuis 1966. Dans la foulée, il l'a qualifiée pour l'Euro... Mais le virus de l'étranger l'avait rattrapé et il était déjà reparti. Autant dire donc que cette Coupe du monde ne sera pas une surprise pour lui. Hodgson parle couramment quatre autres langues que la sienne (Suédois, Norvégien, Italien, Allemand) et a de bonnes notions dans trois autres (Français, Danois, Finnois). Comme entraîneur, il a pourtant attendu d'avoir 50 ans pour connaître la Premier League de son pays, avec les Blackburn Rovers en 1997. Bizarrement, la plupart de ses expériences anglaises ne se sont pas très bien passées, et ses collaborations avec le champion 1995, Liverpool et enfin West Bromwich Albion se sont arrêtées en 1998, 2011 et 2012 plus vite que prévu. En 1982 déjà, il avait été remercié quatre mois après son arrivée à Bristol, en raison de la banqueroute du club de 3e division. Seule son expérience à Fulham, la plus longue après sa toute première expatriation en Suède avec deux ans et demi chez les Cottagers, s'est bien terminée. Mais il est vrai aussi qu'à WBA, son mandat n'a pas été stoppé par de mauvais résultats, mais par l'appel flatteur de la FA. Hodgson, qui a passé bout à bout seulement 9 ans en Angleterre en 38 ans de métier, n'a jamais rien remporté dans son propre pays. Pire, deux finales de C3 perdues avec l'Inter en 1997 et Fulham en 2010 entretiennent une image sympathique de beau perdant. Et malgré toute sa gentillesse, il y a peu à parier que sa réputation change dans quelques semaines. cd/pgf/gv

(AFP)

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