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FootballMondial-2014/barrage - France: Giroud et Benzema, marquer pour l'histoire (MAGAZINE)

Par Yann BERNAL PARIS, 18 nov 2013 (AFP) - L'équipe de France doit remonter deux buts face à l'Ukraine, mardi en barrage retour au Mondial-2014: l'efficacité de ses attaquants Olivier Giroud et Karim Benzema sera dès lors plus que jamais cruciale, y compris pour leurs carrières personnelles.

Le match le plus important de leur vie ? L'expression est galvaudée, mais le rendez-vous au Stade de France, avec comme enjeu le Brésil, pays du foot-roi, y ressemble tout de même pour bon nombre de Bleus, dont à coup sûr leurs deux avant-centre. Ils n'ont jamais disputé de Coupe du monde, et en cas d'élimination mardi soir, rien ne garantit que Giroud (27 ans) et Benzema (25) figureront toujours dans le paysage bleu à l'approche du Mondial-2018 en Russie, eux qui seront alors trentenaires. Au-delà de leurs situations personnelles, il s'agit de se mettre au service de la France du foot et d'enfiler le costume de sauveur. Sera-t-il trop large pour eux ? L'enjeu est autrement plus écrasant que de marquer des buts décisifs contre l'Autriche, la Bosnie, le Luxembourg et l'Albanie lors des campagnes précédentes (Benzema), ou même d'arracher un nul certes héroïque en Espagne en octobre 2012 (Giroud). Vendredi à Kiev, Giroud (25 sélections, 5 buts) a été sevré d'occasions, a beaucoup joué dos au but, par remises et déviations, pas toujours ajustées, et a manqué de soutien, avec un Samir Nasri jouant trop bas malgré son rôle de meneur de jeu. Benzema (63 sélections, 17 buts) l'a remplacé pour les vingt dernières minutes sans s'illustrer davantage. C'est plutôt Franck Ribéry qui concentrait toute l'attention, au vu de son statut de leader technique, de sa forme étincelante et de ses propres déclarations, avec le Ballon d'Or en ligne de mire. Il partage désormais cette pression avec les buteurs attitrés, quel que soit celui qui débutera mardi, sachant que l'un succède toujours à l'autre en cours de match. "Pour ma famille, mes proches et moi, j'ai tout simplement envie de faire mieux et plus, de marquer l'histoire, c'est une question de fierté", a lancé Giroud dimanche. "On n'a plus le choix, si on veut aller au Brésil il faut marquer des buts et gagner", avait reconnu pour sa part Benzema après le match aller. Il n'y a plus qu'à... Le hic, c'est que leur talent de buteurs s'est passablement étiolé en 2013. Cette année en équipe de France, "Olive" a marqué trois buts, un contre la modeste Géorgie (3-1 en mars), et un doublé contre la faible Australie en amical (6-0 en octobre); "Benz'" en a inscrit deux, contre la même Australie et la Finlande (3-0 en octobre en qualifications au Mondial-2014). Dépassés par Franck Ribéry et Mathieu Valbuena dans le rôle d'hommes décisifs, ils resteront aussi dans l'histoire des Bleus les deux attaquants qui ont contribué par leur propre inefficacité au record de stérilité de l'équipe de France, 526 minutes. Celle de Benzema s'est même étirée à une éternité de 1222 minutes, soit un peu plus de 13 matches entre juin 2012 et octobre 2013. Son innocuité offensive avait culminé lors de Géorgie-France en septembre (0-0). Cette prestation frôlant le néant, bardée d'une certaine nonchalance récurrente, avait conduit le sélectionneur Didier Deschamps à abandonner définitivement le 4-4-2 associant les deux attaquants, et à détrôner Benzema au profit de Giroud dans la hiérarchie. Mais comme ce n'est jamais simple avec eux, Giroud a connu sa quatrième titularisation de suite en Ukraine seul en pointe alors qu'il connaît une période de méforme à Arsenal, où il n'a plus inscrit le moindre but depuis le 26 octobre. Et son entente sur le terrain avec Ribéry demeure déficiente, alors que le leader technique des Bleus se reconnaît davantage d'affinités, sur le terrain comme dans la vie, avec "Karim". Ce dernier, à l'inverse, a retrouvé son efficacité au Real Madrid, avec 4 buts et 3 passes décisives sur les 4 dernières rencontres, toutes compétitions confondues, aux côtés des stars Cristiano Ronaldo et Gareth Bale. Mais tous les compteurs seront remis à zéro dans un Stade de France qui rêve de chanter, comme à ses plus grandes heures, "et un, et deux, et trois zé-ro !" ybl/kn/jgu

(AFP)

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