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footMondial-2014 - C'est l'Italie de Prandelli (PORTRAIT-DOSSIER)

Par Emmanuel BARRANGUET Rome, 22 mai 2014 (AFP) - L'atout majeur de l'Italie, moins dotée en champions que les autres grandes nations, reste son sélectionneur, Cesare Prandelli, maître tacticien, fin psychologue et modèle de fair-play.

Le vrai "fuoriclasse" s'assied sur le banc. Le "Mister" est le seul entraîneur de la planète à tirer durablement le meilleur du fantasque Mario Balotelli. Cet exploit synthétise les qualités d'un homme qui a déjà re-signé pour deux ans de plus à la tête de la "Nazionale" et poursuivra sa mission, à moins d'une catastrophe au Brésil. Sous le maillot "azzurro", "Super Mario" se replie, participe à l'effort collectif et sourit quand il marque. Il le doit à la patiente gestion paternaliste de Prandelli. Le sélectionneur aux souliers vernis et au brushing impeccable a bien d'autres réussites à son actif. Arrivé après le désastre d'une élimination au premier tour au Mondial-2010, il a conduit en finale de l'Euro-2012 un groupe un rien moins talentueux que les cadors du continent, grâce à une organisation impeccable. Michel Platini, qui a joué avec lui à la Juventus dans les années 1980, salue dès qu'il en a l'occasion la métamorphose du jeu italien, plus offensif, opérée par Prandelli. "De tous mes coéquipiers, j'étais sûr que lui deviendrait entraîneur. Il était intelligent, sensible et ouvert", salue le président de l'UEFA. Le CT (se prononce: "tchiti", pour commissario tecnico) est aussi apprécié des médias pour sa disponibilité à parler du jeu et à donner -quelques fois- son onze la veille, à l'heure où ses collègues abusent des entraînements à huis-clos et de la langue de bois. "Nous travaillons sur deux trois modules, 4-3-1-2, 4-5-1 et 3-5-2, il me semble plus difficile de penser à un 4-3-3", a-t-il expliqué à la Gazzetta dello sport. Son Italie caméléon n'a perdu que deux matchs officiels dans le temps réglementaire en quatre ans, la finale de l'Euro-2012 contre l'Espagne et en poules de Coupe des confédérations contre le Brésil (4-2). Lors de ce tournoi l'Italie ne s'était inclinée qu'aux tirs au but (0-0, 7 t.a.b. à 6) contre la Roja en demies. Sans faux-semblant, il reconnaît que son groupe n'a que trois stars mondiales, Andrea Pirlo, Gianluigi Buffon et Balotelli, deux "vieux" et un jeune pas encore confirmé. Mais il se dit "convaincu d'avoir des joueurs qui, sans avoir cette stature mondiale, sont des très bons joueurs". Comme Daniele De Rossi ? "Par exemple". Prandelli est également apprécié pour sa sobriété et son fair-play. Il avait pris sous sa responsabilité la raclée en finale de l'Euro, déclenchant les applaudissements de la salle en conférence d'après-match, de la part des journalistes italiens comme espagnols. Il s'efforce d'inculquer cette correction à ses joueurs, et raconte dans son autobiographie "Le calcio fait du bien" organiser des matchs d'entraînement où il donne penalty dès qu'un joueur conteste. "Je l'ai fait encore à la Coupe des confédérations, mais je ne vous dis pas combien de penalties j'ai sifflé", raconte-t-il à l'AFP en riant. L'homme public est aussi engagé, il est allé entraîner dans les prisons et participe à la campagne contre les violences conjugales. Seule petite entorse à son image, la non-application stricte de son fameux code éthique pour un coup de coude de Giorgio Chiellini, à quelques jours de la publication de la pré-liste de 30. Prandelli avait pourtant juré que tout joueur coupable d'un mauvais geste était sanctionné d'une convocation. Il a jugé que "Giorgione" n'avait "pas été violent" sur le coup, pêchant plus par maladresse. Le CT n'allait surtout pas se priver d'un pilier de sa défense au Brésil, mais peut-être aurait-il pu le suspendre pour le premier amical de préparation, le 31 mai à Londres contre l'Eire, pour adoucir la polémique. Balotelli, De Rossi ou Mattia Destro avaient eux été sanctionnés en leur temps. Il ne manque qu'un titre à cet entraîneur qui fait bien jouer ses équipes, de la Fiorentina à l'Italie, mais reste sans palmarès. Au Brésil, "nous devons nous organiser pour aller en finale, moi je veux aller en finale, après on verra". eba/ol/jde

(AFP)

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