Publié

FootballMondial-2014 - France: Le cas Benzema (MAGAZINE)

PARIS, 04 sept 2013 (AFP) - Muet depuis plus d'un an en équipe de France, Karim Benzema joue gros lors des deux rencontres qualificatives des Bleus pour le Mondial-2014 en Géorgie, vendredi, et au Belarus, mardi.

Les troupes de Didier Deschamps vont tenter de sécuriser au moins leur 2e place du groupe I, synonyme de barrages, au cours de ce séjour d'une semaine en Europe de l'Est, mais pour l'attaquant du Real Madrid il s'agira avant tout de regagner en crédibilité en mettant un terme à une disette inquiétante. Il faut, en effet, remonter au 5 juin 2012, soit 1155 minutes, pour trouver la trace de la dernière réalisation de Benzema sur la scène internationale. Autant dire une éternité pour un avant-centre. A ce stade, personne n'ose remettre en cause les qualités techniques de Benzema (25 ans, 58 sélections, 15 buts), l'un des fleurons de la fameuse "génération 87", recruté à 21 ans par le grand Real Madrid. Difficile également de qualifier les deux prochains déplacements des Bleus de "matches de la dernière chance" pour le Merengue, faute d'une concurrence féroce à son poste. Dès l'annonce de la liste pour les deux rencontres à venir, le sélectionneur puis les joueurs n'ont d'ailleurs cessé de clamer leur foi en Benzema. "Ce n'est pas de l'entêtement, avait déclaré Didier Deschamps à l'AFP. Il joue au Real Madrid, marque chaque année des buts. Il a une période en équipe de France où il est moins efficace, mais je ne me vois pas remettre en question son potentiel. On ne va pas dire jusqu'à quand, quelle limite... Le débat revient sans arrêt, ça ne lui rend pas service, à nous non plus." Ce fut ensuite au tour de ses coéquipiers de venir à la barre pour le défendre. "Il passe par une situation difficile, mais l'équipe est avec lui, a affirmé le défenseur Laurent Koscielny. Il a prouvé par le passé que c'était un grand buteur. Je ne pense pas que ses qualités sont parties du jour au lendemain. On le soutient." "Il n'a pas besoin de leçon de morale, mais plutôt d'encouragements", a également relevé Dimitri Payet alors que pour le défenseur Bacary Sagna, montrer du doigt Benzema est "injuste. Benzema-Giroud, la solution? Mais quels que soient les résultats des Français, Benzema aura du mal à se remettre d'un nouveau zéro pointé et son statut sera forcément sérieusement écorné en cas de nouvel échec personnel. Car derrière le Madrilène, ses rivaux, jusque-là très timides, sont prêts à s'engouffrer dans la brèche. Olivier Giroud, auteur d'un beau début de saison avec Arsenal en championnat (3 buts), fait figure de premier recours, lui qui n'a jamais caché son objectif de s'installer comme un titulaire en bleu et de déboulonner Benzema. André-Pierre Gignac, de retour en sélection pour la première fois depuis le Mondial-2010, ne constitue pas encore un réel danger pour le Merengue, mais sa cote pourrait grimper s'il poursuit sur sa lancée en Championnat de France (3 buts). A court terme, Deschamps pourrait se résoudre à associer Benzema et Giroud, histoire de réveiller un secteur offensif globalement atone (pas de but depuis quatre rencontres) et amener un peu plus de présence dans la surface, mal récurrent des Bleus. Mais un éventuel sursaut de l'attaquant français doit peut-être aussi passer par une prise de conscience. Malgré son bon début de saison avec le Real Madrid (2 buts), le joueur a ainsi exaspéré dimanche une partie du public de Santiago Bernabeu qui l'a sifflé contre l'Athletic Bilbao (3-1), lui reprochant un manque d'investissement et d'implication sur les phases défensives, en dépit de deux passes décisives. "Benzema a été sifflé. (L'Argentin Angel) Di Maria a été applaudi. Les supporteurs voient le travail, a réagi l'entraîneur Carlo Ancelotti. Benzema est dans une position différente, il n'a pas besoin de travailler beaucoup, mais c'est un signe aujourd'hui très clair pour tout le monde. Le travail est applaudi." Les temps sont durs pour Benzema. kn/pgr/sk

(AFP)

Ton opinion