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footMondial-2014 - La Premier League bombe le torse, l'Angleterre fait profil bas (PAPIER GENERAL-DOSSIER)

Par Colin DRONIOU Londres, 22 mai 2014 (AFP) - Avant le Mondial-2014, l'Angleterre a enfin compris que ses chances de briller au Brésil étaient minces et préfère mettre en avant la réussite économique et la renommée de son championnat, jugé pourtant en partie responsable du déclin de sa sélection.

"Si les joueurs anglais donnent le maximum et même si ce n'est pas assez pour gagner, je pense que c'est tout ce que les supporteurs veulent voir, a même estimé récemment l'ex-buteur des Trois Lions Alan Shearer. Il n'y a pas trop d'espoir que l'Angleterre gagne le tournoi mais les gens veulent que l'équipe montre qu'elle a progressé". Un discours qui colle assez bien à l'ambiance dans le pays, mais qui tranche singulièrement avec ceux que les Anglais, aussi bien les joueurs que les supporteurs, ont pu tenir par le passé lorsqu'ils partaient systématiquement pour un tournoi en étant persuadés qu'ils allaient le remporter. Ce qui n'est pourtant arrivé qu'une fois, en 1966, qui plus est "à domicile" et dans des conditions contestées en finale contre l'Allemagne puisque personne ne saura jamais si le ballon avait entièrement franchi la ligne sur un des buts (4-2). Victime à son tour de ce coup du sort en 2010 en 8e de finale contre l'Allemagne (4-1), l'Angleterre avait quitté l'Afrique du Sud par la petite porte et depuis 1966 sa 4e place en 1990 reste sa meilleure performance. "C'est difficile de dire quelles sont les attentes, reconnaissait même le sélectionneur Roy Hodgson le jour de l'annonce de sa liste. Mais, en tant qu'entraîneur excité par l'annonce de son équipe, ce serait triste de ne pas croire qu'il y a de l'espoir". "Si l'Angleterre est assurée de disputer les matchs du premier tour, il y a une forte probabilité qu'elle ne joue pas d'autre matchs ensuite", a même conclut récemment un rapport du Home Office en se prononçant contre l'ouverture des pubs en soirée pour cette raison. Avec Hodgson qui la fait travailler humblement, l'Angleterre reste pourtant sur un Euro-2012 encourageant, achevé aux tirs au but en quart de finale contre l'Italie (0-0, 2-4 t.a.b.) sans avoir perdu un match. Sans vraie génération intermédiaire, la sélection est pourtant encore tombée sur de gros morceaux dans le groupe D avec les Italiens toujours mais également l'Uruguay et le Costa Rica, pour sa 14e participation. Arrivé à l'improviste en mai 2012, Hodgson, qui a perdu deux matchs sur 25, a pris en main une équipe 6e au classement FIFA, l'a faite monter à la 3e place après l'Euro, puis l'a stabilisée autour de la 10e place après qu'elle est descendue jusqu'à la 17e. Elle est actuellement 11e. Alors que l'Angleterre ne perd jamais une occasion de rappeler que c'est elle qui a inventé le football, le président de la FA Greg Dyke a pourtant dépeint jeudi le Brésil comme la place la plus forte du football mondial. Du coup, le pays préfère se féliciter de son championnat, la Premier League, qu'il vend très cher à travers la planète, qui génère d'incroyables revenus et qui attirent les meilleurs joueurs du monde. La FA estime pourtant que ce championnat est devenu une faiblesse pour le développement de ses propres joueurs, mis en minorité par des stars internationales dans leurs propres clubs. Selon ses calculs au moment de la publication de son plan début mai pour endiguer le processus en instaurant des quotas de joueurs étrangers et en intégrant des équipes B des clubs d'élite à un vrai championnat, elle estimait ainsi que seul 66 joueurs sélectionnables évoluaient régulièrement dans les 20 formations de Premier League. Sans garantie que ce soit suffisant, elle aimerait porter ce nombre à 90 d'ici 2022. En attendant, elle se prépare pour une fois à souffrir cet été. cd/ol/jcp

(AFP)

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