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footMondial-2014 - Ukraine: un poison nommé Zozulya (MAGAZINE)

KIEV, 18 nov 2013 (AFP) - De l'Ukraine, la France craignait surtout les flèches Andrei Iarmolenko et Yevgeni Konoplyanka, mais c'est l'inconnu Roman Zozulya qui a été la pointe au curare fatale aux Bleus, vendredi lors du barrage aller (2-0) où les Ukrainiens se sont ouvert la voie de la qualification au Mondial-2014.

Lorsque Didier Deschamps s'était plié à l'exercice de recenser les dangers de l'Ukraine, il avait mentionné l'intensité physique voire l'agressivité de l'adversaire, et le talent de Iarmolenko. Il n'a pas eu tort. A Kiev, les Français ont été dépassés dans l'engagement et la star des Jaunes a marqué le 2e but sur penalty. Mais il n'avait pas anticipé que le véritable poison se nommerait Zozulya. Infatigable, inspiré, déterminant, l'attaquant de Dniepropetrovsk, 24 ans, a été le bourreau de la défense française en ouvrant le score à la 61e minute, à la conclusion pleine de rage d'une action collective, puis en provoquant vingt minutes plus tard le penalty du break face à Laurent Koscielny. La performance majuscule de Zozulya a été saluée unanimement, en premier lieu par Konoplyanka, également son partenaire de club: "Roman a été excellent, il a marqué et a été à l'origine du second but. Sa prestation a été énorme, je voudrais bien qu'il la répète au retour", à Saint-Denis mardi soir. Le sélectionneur Mikhail Fomenko, qui, depuis sa prise de fonction en fin d'année passée, en a fait un titulaire régulier lors de la phase qualificative au détriment de Marco Devic, a forcément été conforté dans ce choix. "Il est important à mes yeux qu'un joueur ait en équipe nationale la bonne approche, physique comme mentale, avant un match, et je suis souvent arrivé à la conclusion que Zozulya était dans cette aptitude mon joueur-modèle, plus que les autres attaquants." Le natif de Kiev, où il a débuté à 18 ans sa carrière au Dynamo en 2007, compte sous l'ère Fomenko l'essentiel de ses 13 sélections (le but contre la France est son troisième). Un tableau de chasse modeste quand on sait qu'il fut pour la première fois appelé le 2 juin 2010 contre la Norvège, avec un but la clé. A cette époque-là, l'Ukraine, non qualifiée pour le Mondial sud-africain, prépare déjà l'Euro qu'elle doit coorganiser avec la Pologne en 2012 et qui constituera le baroud d'honneur de la génération Shevchenko. Parallèlement à ce rendez-vous manqué avec l'histoire de son pays, Zozulya prend la décision également douloureuse de quitter Kiev en 2011, club avec lequel il a été champion deux ans auparavant mais où la concurrence est trop rude. "J'avais rêvé depuis tout petit de jouer pour le Dynamo", expliquait récemment l'intéressé qui n'y a disputé que 32 matches en trois saisons (3 buts). A Dniepropetrovsk, il gagne vite la confiance de l'entraîneur Juande Ramos, qui en fait son titulaire d'attaque. La confiance retrouvée, il se fend de performances remarquées en championnat, qui lui rouvrent les portes de la sélection, où son heure de gloire vient de sonner contre la France. "Il a été excellent vendredi, mais ça ne lui garantit pas de jouer mardi, a pourtant malicieusement prévenu Fomenko. On choisit les titulaires selon le type de match qui nous attend". Deschamps est prévenu: son homologue a manifestement plus d'une corde à son arc, prêt à envoyer une nouvelle flèche empoisonnée. vb-af/nip/pgr/gv

(AFP)

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