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rugbyMondial-2015 - Argentine-Australie: les Pumas se saoulent de jeu (PAPIER D'ANGLE-ACTUALISATION)

Twickenham (Royaume-Uni), 25 oct 2015 (AFP) - Les Pumas, pleins de bonnes intentions, ont payé cher leur soif de jeu tous azimuts, punie par l'Australie, hyper-réaliste et victorieuse (29-15) en demi-finale de la Coupe du monde, dimanche à Twickenham.

Ils ont tenu parole. Depuis leur entrée dans le Four nations en 2012, les Argentins se sont pliés aux coutumes de l'hémisphère sud. Ils jouent tous les ballons, y compris dans leur camp, quitte à s'exposer aux contres de l'adversaire.

"Si nous devions refaire le match, nous l'aborderions de la même façon, a déclaré l'entraîneur des Pumas Daniel Hourcade. Nous sommes en apprentissage et nous avons pris cette voie-là. C'est le bon chemin. C'est ce que l'on veut pour le rugby argentin."

Cette stratégie du "jeu à tout-va" a payé face à l'Irlande, balayée (43-20) en quart de finale le 18 octobre à Cardiff. Mais elle a précipité la défaite de dimanche, scellée dès le premier quart d'heure.

Exemple le plus symptomatique ? La première action. Le jeu va et vient depuis le coup d'envoi. Les Argentins attaquent dans leurs 22 mètres et multiplient les renversements d'attaque.

Le deuxième ligne australien Rob Simmons traine par là, intercepte et, après 20 mètres de course, va inscrire le premier essai après 68 secondes de jeu.

Dans la foulée, l'ailier argentin Santiago Cordero joue les héros et veut déjà sauver la patrie en danger. Il joue rapidement une pénalité à la main dans ses 22 mètres mais commet un en-avant... Une faute de débutant.

Mêlée Australie. Trois passes plus loin, l'ailier Adam Ashley-Cooper plonge dans l'en-but australien. L'Australie mène 14-3. On joue depuis 10 minutes, les Pumas ne reviendront jamais.

Et pendant ce temps-là, que font les Australiens ? Pas question d'attaquer depuis leur moitié de terrain, le plan de jeu est clair !

Ils privilégient l'occupation du camp adverse, grâce aux pieds de l'ouvreur Bernard Foley, de l'arrière Israel Folau et du centre Matt Giteau.

Et ils attendent que les occasions se présentent. Ils s'offrent même un moment (rare) de fantaisie mais attendent pour cela que les Pumas soient réduits à 14 à la suite de l'exclusion temporaire du deuxième ligne Tomas Lavanini.

Ils parient sur la pénaltouche plutôt que d'assurer trois points sur une pénalité. Bonne décision. Neuf temps de jeu plus loin, Ashley-Cooper inscrit le troisième essai des Wallabies, son deuxième de l'après-midi (32). L'esprit d'entreprise oui, mais à moindre frais.

Cette méthode hyper-réaliste des Wallabies repose sur un dernier pilier: une défense hyper-organisée et agressive, qui a interdit --à une exception près-- l'entrée dans la zone critique des 5 mètres devant la ligne.

Car en dépit de tous leurs efforts, les Pumas ont été rarement en position d'inscrire le moindre essai. Ils ont joué, beaucoup. Ils se sont fait beaucoup de passes; mais ils n'ont pas marqué le moindre essai.

Seul le demi d'ouverture Nicolas Sanchez, auteur de 5 pénalités, a meublé le tableau d'affichage.

En 2007, lors de leur première accession aux demi-finales d'un Mondial, les Argentins avaient été balayés (37-13). Quatre ans plus tard, ils ont encore raté la dernière marche vers la finale, victimes d'un plan de jeu trop ambitieux et de l'hyper-réalisme des Wallabies.

pga/pyv

(AFP)

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