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rugbyMondial-2015 - Les All Blacks, monstres de sang-froid (COMMENTAIRE)

Twickenham (Royaume-Uni), 25 oct 2015 (AFP) - Têtes froides, sans jamais paniquer, les All Blacks impressionnent par leur exceptionnelle maîtrise collective durant les temps faibles et quels que soient les enjeux, un atout considérable avant de disputer samedi prochain la finale de la Coupe du monde.

Samedi, Twickenham, demi-finale Nouvelle-Zélande - Afrique du Sud. Les All Blacks reviennent avant leurs adversaires sur la pelouse après une première période stérile, durant laquelle ils se sont mis plusieurs fois à la faute. Menés 12 à 7, réduits à 14 après l'exclusion temporaire du troisième ligne Jerome Kaino, les partenaires de Richie McCaw sont dans une position délicate.

Et pourtant... Douze minutes plus tard, les voilà en tête de cinq points (17-12), portés par la sérénité de leurs jouers-clés. En dépit d'une intense pression des Springboks et d'une pluie incessante qui contrariera leur rugby de vitesse et de passes, les All Blacks ne desserreront plus leur étreinte (20-18).

"La beauté de cette équipe, c'est que personne n'attend que l'autre prenne les choses en main", souligne l'ouvreur Dan Carter qui, du haut de ses 111 sélections, a toutefois été le détonateur de la remontée des All Blacks.

"Personne en seconde mi-temps n'a été attentiste, tout le monde a voulu oeuvrer pour l'équipe", poursuit le chef d'orchestre du jeu All Black, auteur d'un drop pied gauche à la 46e minute, puis de la transformation en coin de l'essai de Beauden Barrett (52e).

"La dernière chose que je voulais faire était de rester planté là à attendre que quelque chose se passe", assure-t-il encore. "C'est le caractère de l'équipe: quand on est sous pression, ou en infériorité numérique par exemple, on arrive à élever notre niveau tous ensemble."

Cette force collective, à laquelle le sélectionneur Steve Hansen a encore rendu hommage samedi soir, donne au final aux All Blacks l'allure d'une implacable machine que rien, ou presque, ne peut dérégler. Ce n'est pas un hasard si les partenaires de Richie McCaw n'ont perdu que 3 matches sur les 50 disputés depuis la dernière Coupe du monde, un ratio ahurissant.

Il faut dire que cette génération puise aussi cette assurance dans une expérience considérable qui a introduit une véritable culture de la victoire. Sur la feuille de match samedi, quatre joueurs avaient plus de 100 sélections (McCaw 147, Carter 111, Nonu 102, Mealamu 130), pour une moyenne de 57 "caps" au total.

Ce vécu leur offre la conviction qu'ils peuvent se sortir de toutes les situations et cette tranquillité infuse dans tout le groupe, bénéficiant aux nouveaux entrants également.

"On a un groupe de leaders qui sur le terrain a énormémement confiance en lui", souligne ainsi Hansen. "Il y a des moments sur le terrain où il faut garder cette confiance en soi, je pense évidemment à des matches comme celui de l'Irlande" en novembre 2013.

Cette rencontre avait été la parfaite illustration de la solidité mentale des All Blacks, comme mûs par un increvable moteur intérieur.

Menés 19 à 0 à l'issue d'un premier quart d'heure catastrophique, ils étaient patiemment revenus, jusqu'à arracher la victoire sur la dernière action et une interminable séquence dans les arrêts de jeu (24-22).

"C'est une affaire de process, il faut savoir se demander: qu'est ce que l'on doit faire maintenant? Une fois que cette tâche est réalisée, qu'est ce que l'on va faire après ? Peu à peu, ce savoir-faire devient la norme", explique Hansen. "Vos leaders sur le terrain le sont car ils ont vécu ces situations difficiles plusieurs fois. C'est le cas quand vous avez joué 147 tests (comme McCaw, ndlr), que plusieurs de vos joueurs ont disputé plus de 100 tests."

Durant cette Coupe du monde, la Nouvelle-Zélande a déjà fait étalage de cette patience en renversant dans les 25 dernières minutes seulement l'Argentine, lors du match d'ouverture (26-16). Samedi, les joueurs ont décrit un vestiaire calme à la mi-temps, réfléchissant intelligemment à la riposte pour contrer les Springboks.

A six jours d'un potentiel deuxième titre mondial d'affilée, on se demande bien quel venin pourrait instiller le doute à ces hommes-là, si sûrs de leur fait.

jmt/pga/dhe

(AFP)

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