Publié

FootballMondial moins de 20 ans - L'équipe de foot "a rendu sa fierté à l'Irak" (MAGAZINE)

Par Francis CURTA BAGDAD, 08 juil 2013 (AFP) - L'équipe de foot des moins de 20 ans d'Irak, qualifiée en demi-finale du Mondial en Turquie, "a rendu sa fierté" à la nation, saluent les supporters des "Lions" dans un pays secoué par des vagues d'attentats.

L'équipe des "Lions" a "rendu sa fierté à l'Irak, quelque chose dont les politiques se montrent incapables depuis des années," lance ainsi Yassin Alabd, 46 ans, qui a suivi à la télévision chez lui la victoire contre la Corée du Sud dimanche au bout du suspense, au terme de la séance des tirs au but (3-3 a.p., 5 t.a.b à 4.) Et voilà l'Irak, sensation du tournoi en Turquie, qualifiée en demi-finale contre l'Uruguay, affiche qui se jouera mercredi (La France affronte le Ghana dans l'autre demie mercredi). Cette qualification a été célébrée dimanche soir dans les rues en Irak par un feu nourri d'armes automatiques. "Il y avait foule hier soir et les gens se sont mis à chanter et à danser à l'heure de la victoire", raconte Ahmed Razaq, 25 ans, responsable du café "Jungle Night" où le match était retransmis par une chaîne de télévision satellitaire. Plus de 250 personnes, des jeunes hommes pour la plupart, avaient pris d'assaut le café pour y suivre la rencontre, retransmise uniquement sur une chaîne payante, bravant la peur des attentats. "Ces mois derniers de plus en plus de cafés comme le mien ont été la cible d'attaques à la bombe. Parfois jusqu'à deux ou trois cafés par jour", selon M. Razaq qui reconnaît "être vraiment inquiet" malgré la présence de policiers et de gardes chargés de fouiller les consommateurs à l'entrée. "Bien sûr que j'étais inquiet" à l'idée de passer la soirée au café à suivre le match, raconte pour sa part Fahad, 19 ans, un marchand de cigarettes qui ne souhaite pas donner son nom de famille. "Mais ça ne va pas m'empêcher d'y retourner" pour suivre le match de mercredi contre l'Uruguay, bourreau de l'Espagne (1-0 a.p.). Dimanche soir, "tout le monde était dans la rue, ils riaient, ils chantaient, ils dansaient en brandissant le drapeau national. Il n'y avait pas que des jeunes, il y avait même des familles", raconte Fahad. Et d'ajouter: "Il fallait qu'on gagne pour que les Irakiens soient heureux. Si Dieu le veut nous gagnerons mercredi". "J'étais vraiment heureux parce que nous avons battu la Corée du Sud alors même que notre équipe manque totalement de moyens", raconte pour sa part Ahmed Mohammed, 23 ans, qui a fermé son magasin dimanche soir pour se joindre à la liesse populaire qui a duré au delà de minuit. Lundi, les Irakiens échangeaient des messages de félicitations sur Facebook, tandis que les journaux, tel le quotidien al-Destour, s'en donnait à coeur joie en écrivant: "Les Lions ont bouffé Samsung". La victoire est d'autant plus douce que l'Irak vit depuis des années en marge des grandes compétitions de football. En mars, la Fédération internationale de football (Fifa) avait autorisé l'Irak à organiser des matches internationaux amicaux, et des équipes de Syrie et du Liberia ont pu jouer à Bagdad. Mais la semaine dernière, face à une nouvelle vague d'attentats qui a notamment ciblé des terrains de football, la Fifa à de nouveau interdit ces rencontres à domicile. Au total, quelque 50 personnes ont péri au cours des derniers mois dans au moins 10 attaques liées au foot à Bagdad, ses environs, et le nord du pays, selon un décompte effectué par l'AFP. L'entraîneur de l'équipe de football irakienne d'Erbil, le Croate Rodion Gacanin, a d'ailleurs récemment démissionné plutôt que de devoir se rendre à Bagdad et dans d'autres villes du pays, secoué par une vague de violences. fc/pgr/cd/jde Samsung Electronics Facebook

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!