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tismeMondiaux-2015 - Le Jour J pour Napoléon Lavillenie (PRESENTATION)

Par Frédéric BOURIGAULT Pékin, 23 août 2015 (AFP) - C'est le jour J pour Renaud Lavillenie, le Napoléon de la perche dont le seul titre de gloire manquant à son empire, celui de champion du monde en plein air, se joue lundi à Pékin, aux Mondiaux-2015 d'athlétisme.

Champion olympique, recordman du monde, multiple champion d'Europe et champion du monde en salle: la cartographie du territoire Lavillenie commence à ressembler au globe. Et de nouvelles annexions sont à prévoir dans les années à venir, car à 28 ans, bientôt 29 en septembre, le Français est à son top. Toujours en tête des bilans mondiaux, impressionnant de maîtrise quand les hauteurs commencent à tutoyer les sommets, Lavillenie est l'immense favori de la finale, lundi à partir de 13h05 (heure française). Mais, dommage, Lavillenie fait de la perche, probablement la plus imprévisible des disciplines. Celle qui nécessite en tout cas la maîtrise du plus grand nombre d'éléments de nature différente: l'élan, la perche, le piquet, le vent, l'enroulé tel un gymnaste... Des facteurs qui font que, même s'il domine depuis plus de cinq ans totalement son sujet, Lavillenie n'a encore jamais réussi à être champion du monde en plein air. En 2009, pour ses premiers Mondiaux à Berlin, le Français avait lancé sa carrière, avec une médaille de bronze. C'est à partir de Daegu, en Corée du Sud en 2011, que l'histoire se complique. Déjà favori, Lavillenie fait "des mauvais choix" de son propre aveu, et doit se contenter du bronze, à nouveau, battu notamment par la surprise du jour, le Polonais Pawel Wojciechowski. En Russie à Moscou il y a deux ans, c'est la piste d'élan qui est trop courte pour lui permettre d'utiliser convenablement ses vingt foulées. L'Allemand Raphael Holzdeppe, qui s'élance habituellement en seize foulées, en profite pour lui chiper l'or, aux essais. Deux bronze et une médaille d'argent, ça ne ressemble par vraiment à une malédiction. Mais il n'y a que l'or, lundi, qui intéressera Lavillenie. "Il n'y a pas de superstition, c'est du sport. Si j'étais capable de tout gagner tout le temps partout, les gens pourraient se poser des questions", a déclaré Lavillenie. Signe du destin, il a disputé les qualifications samedi sur... seize foulées d'élan, la piste étant de nouveau trop courte. Mais pour la finale, l'emplacement du sautoir sera changé et le Français pourra donner sa pleine puissance. Lundi, la clôture de la soirée sera consacrée au sprint féminin avec la finale du 100 m. La Jamaïcaine Shelly-Ann Fraser-Pryce, la Bolt au féminin double championne olympique en titre, tentera de conserver sa couronne mondiale. Au regard des séries, elle pourrait avoir fort à faire avec l'Américaine Tori Bowie, qui a signé le même chrono qu'elle (10.88), avec un vent un peu moins favorable. Trois autres titres mondiaux seront décernés lundi, dont le 10.000 m dames où le contingent éthiopien paraît impressionnant. Au triple saut dames, la grande favorite est Colombienne. Caterine Ibarguen espère conserver sa couronne mondiale, acquise à Moscou. Enfin, la finale du 3000 m steeple messieurs promet beaucoup. L'Américain Evan Jager peut-il mettre un terme à l'hégémonie kényane? Ou au contraire Ezekiel Kemboi peut-il revenir au top au meilleur moment pour glaner un 4e titre mondial consécutif? fbr/jpa

(AFP)

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