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CyclismeMondory positif à l'EPO, son équipe dévastée (2ELEAD)

Saint-Amand-Montrond (France), 10 mars 2015 (AFP) - Le Français Lloyd Mondory (AG2R La Mondiale) a fait le mois dernier l'objet d'un contrôle positif à l'EPO qui a dévasté mardi le responsable de son équipe, Vincent Lavenu.

"J'ai honte, j'ai honte, j'ai honte", a réagi Vincent Lavenu, manager de l'équipe française, après la révélation de ce cas par l'Union cycliste internationale (UCI), mardi, en marge de Paris-Nice. "J'ai un sentiment de trahison, ça fait douze ans qu'il est avec nous, l'équipe est salie", a ajouté le responsable de l'une des deux formations françaises présentes en première division (WorldTour), inquiet sur l'avenir de son groupe. Dans la soirée, Vincent Lavenu a annoncé avoir reçu le soutien de son parraineur sur la poursuite de l'activité de l'équipe. Mais il s'est montré évasif sur son avenir personnel. "Je veux faire le point après Paris-Nice. Je prends ça comme un échec, un vrai échec", a-t-il dit après avoir détaillé les mesures adoptées (notamment la mise en place de contrôles supplémentaires pour dépister des addictions) suite aux deux cas positifs intervenus précédemment dans son équipe, ceux des Français Steve Houanard (2012) et Sylvain Georges (2013). Mondory (32 ans), qui a subi ce contrôle inopiné le 17 février, est un coureur de deuxième plan, qui a dû surmonter plusieurs blessures, sans obtenir de résultat majeur. Professionnel depuis 2004, il a accompli toute sa carrière sous le maillot de l'équipe AG2R La Mondiale pour laquelle il a gagné en 2006 la Coupe de France. Mais il ne compte que deux participations au Tour de France (2009 et 2010). Son contrat avait été prolongé en juillet dernier jusqu'à fin 2016 par Vincent Lavenu qui a avoué sa perplexité et son découragement devant ce qu'il a qualifié d'"erreur individuelle": "Que peut-il bien se passer dans la tête d'un coureur de 32 ans assuré de son avenir ? Sûrement l'envie d'aller plus haut. Lui seul peut le dire." "Il y a des gens qui valent le coup, regardez ceux qui sont à côté de moi", a ajouté le responsable de la formation qui s'est exprimé avec, autour de lui, ses deux leaders (Péraud et Bardet). "On se sent trahi", a confirmé Romain Bardet, accablé par la nouvelle. "Quand j'étais au collège, on me traitait de dopé parce que je faisais du vélo. Et ce genre de comportement donne des arguments supplémentaires à ceux qui nous stigmatisent. A chaud, c'est décourageant". Par rapport au Mouvement pour un cyclisme crédible dont elle est membre fondatrice, l'équipe française n'a plus de droit à l'erreur. En cas de contrôle positif de l'un de ses coureurs à un produit lourd (suspension supérieure à six mois) avant le 10 mai 2015, elle devrait s'auto-suspendre pendant un mois, conformément aux règles du MPCC. Il revient maintenant à la Fédération française d'ouvrir une procédure disciplinaire à l'encontre de Mondory, premier coureur français membre d'une équipe WorldTour positif à l'EPO depuis Houanard en 2012. jm/yk

(AFP)

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