Motocyclisme: Monsieur le Président...
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MotocyclismeMonsieur le Président...

Après le geste de folie du pilote italien Romano Fenati, notre spécialiste écrit au président de la Fédération internationale de motocyclisme, le Vénézuélien Vito Ippolito.

par
Jean-Claude Schertenleib Misano

Monsieur le président, cher ami,

Nous nous connaissons depuis longtemps. Vous savez que je n’ai pas toujours ma langue dans ma poche et encore moins ma plume dans un concentré de baume tranquille. C’est vrai. Parfois, je n’hésite pas à la remplir de vitriol.

C’est le cas aujourd’hui, et vous devinez bien pourquoi. Dans deux mois, vous allez remettre votre mandat de président de la Fédération internationale, votre mission remplie. Certains vous regretteront, d’autres moins, il en a toujours été ainsi des dirigeants. Le grand public ne connaît certainement pas votre héritage, on le rappellera en bref: modernisation et professionnalisation de la structure, développement de programmes complémentaires, comme ceux qui veulent promouvoir le rôle de la femme dans un monde, celui de la moto, qui a été si longtemps trop masculin. Mais aussi les projets qui obligent les organisateurs des événements importants à penser à l’avenir de la planète, voire le dernier en date, qui rappelle malheureusement que beaucoup trop de vies sont encore enlevées, parce que le motard est et sera toujours l’élément le plus vulnérable du trafic.

Il vous reste, Monsieur le président, cher ami, une ultime mission: rappeler que le pouvoir sportif vous revient de droit. Donc, retirer à vie la licence de Monsieur Romano Fenati, pilote italien qui a commis hier un geste sur Stefano Manzi qui aurait pu avoir des conséquences mortelles. Ce «Monsieur» – et je ne suis pas sûr qu’il mérite ce terme – doit être banni à tout jamais des circuits. Un accompagnement thérapeutique, psychiatrique, doit lui être ordonné.

Les pilotes «chauds» ont toujours été présents, ils sont le sel qui rend si bonne la soupe, si passionnante la course. Mais les pilotes irresponsables n’ont pas leur place dans un peloton. Dans n’importe lequel. A n’importe quel niveau. Et ne lui cherchez pas des excuses, Monsieur le président, parce que Romano Fenati est un récidiviste (voir son affrontement avec Niklas Ajo, à l’époque du Moto3, en Argentine). Récidiviste non pas d’un acte stupide, mais bien d’un réflexe que seul un malade est capable d’imaginer.

Une dernière fois, Monsieur le président, je vous le demande: ne sombrez pas dans la diplomatie. Oubliez que vous êtes un politique du sport. Agissez comme si vous étiez encore, comme à l’époque où nous nous sommes connus, patron d’un team – Venemotos. Et qu’un de vos brillants compatriotes partis à l’assaut du monde aurait été victime d’un tel geste. C’était une autre époque, bien sûr. On ne s’y faisait jamais de cadeaux. Mais jamais, non, jamais, on aurait permis à un malade mental de jouer dans la cour des grands.

Mes amitiés, Monsieur le président.

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