Boxe - «Monte ta garde et rentre ta droite!»
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Boxe«Monte ta garde et rentre ta droite!»

Les boxeurs ont remis les gants ce jeudi soir à Genève, devant une centaine de spectateurs comblés. Anaïs Kistler et Bryan Fanga ont illuminé le Palladium.

par
Christian Maillard
(Genève)
Après quatre ans d’absence, Anaïs Kistler a su répondre présente pour son premier combat pro.

Après quatre ans d’absence, Anaïs Kistler a su répondre présente pour son premier combat pro.

Pierre Maillard

Cela faisait tellement longtemps qu’ils attendaient ce moment-là, qu’il y avait forcément un peu d’appréhension dans la salle mais surtout énormément d’excitation dans les vestiaires et sur le ring. Au Palladium de Genève, la boxe avait remis ses gants entre les cordes pour le plus grand bonheur des amoureux du noble art. Que ce soit dans le coin gauche ou dans le rouge, les coaches et leurs protégés avaient tous hâte de connaître le résultat de leur grosse préparation, à la merci des juges.

Ce sont une dizaine de pros qui se sont retrouvés jeudi soir en quête de vérité dans cet endroit qui a vu défiler durant des décennies de nombreux champions. À l’image de Patrick Kinigamazi devenu aujourd’hui promoteur de combats. C’est lui qui était le big boss de cette belle soirée, lui, le jeune retraité, patron de Noblem Promotion, s’est battu pour la jeune génération avec la même pugnacité qui le caractérisait quand il allait chercher ou défendre une ceinture. C’est lui qui a permis à une grosse centaine de passionnés de pousser dans leurs derniers retranchements des athlètes sevrés de leur passion depuis plus d’un an, alors que la pandémie a mis K.-O. la planète.

Le prometteur boxeur lausannois Liridon Koxha (de dos) a démontré un tempérament de feu.

Le prometteur boxeur lausannois Liridon Koxha (de dos) a démontré un tempérament de feu.

Pierre Maillard

«Monte ta garde et rentre ta droite en double jab!» Assis au bord de l’arène, le public n’a pas esquivé sa joie. Ces encouragements ont notamment donné des ailes à Stefan Rumpold, le poids lourd bernois, qui a pris la mesure de Milan Milosevic. Ils ont également mis le feu dans les mains du prometteur lausannois Liridon Koxha, plus explosif que Sladjan Dragisic. Mais les envolées des «docteurs» dans la salle n’ont pas influencé les juges qui ont préféré le Marseillais Salim Ben-Rejeb au Carougeois Khalid Graidia.

Ça, c’était avant le clou de la soirée, avant qu’Anaïs Kistler et Bryan Fanga nentrent en scène en fin de réunion et illuminent le Palladium. Les deux protégés de Georgio Costantino et de Christophe Rime disputaient ce jeudi leur premier combat dans le monde des pros. Avec pour tous les deux une performance très convaincante. Comme s’ils avaient toujours boxé sans casque et avec des petits gants…

Présente dans les gradins, Olivia Belkacem-Boudouma, artiste peintre, amie et sparring-partner de la Valdo-Neuchâteloise du CP Carouge, a beaucoup apprécié la performance de cette femme qui revenait à la compétition après quatre ans d’absence. «Je suis très fière d’Anaïs, c’est une vraie guerrière, qui a extrêmement bien boxé». Ce n’est pas la seule à avoir apprécié son combat sans fausse note face à la Serbe Jovana Miarovic. Le commentateur Bertrand Duboux, grand spécialiste de boxe, a lui aussi beaucoup aimé ces quatre reprises. «Elle a confirmé ses progrès techniques, réussissant des frappes nettes et précises dont un magnifique crochet du droit à la 3e reprise», senthousiasme-t-il, de quoi presque faire rougir l’ancienne championne de Suisse amateur, qui a vite retrouvé ses sensations.

«Après quatre ans sans boxer, je n’avais pas perdu mes habitudes, même si aujourd’hui je suis clairement une autre boxeuse, que ce soit au niveau de ma technique ou de mon mental», reconnaît cette ancienne joueuse de rugby qui a sorti, portée par le public, quelques jabs du gauche pour repousser une «tête dure».

Bryan Fanga a fait valoir un sacré coup d’œil et une maîtrise étonnante.

Bryan Fanga a fait valoir un sacré coup d’œil et une maîtrise étonnante.

Pierre Maillard

Comme celle de Bryan Fanga? Le Genevois d’origine camerounaise de 26 ans a prouvé, lui, qu’il suivait les traces de Patrick Kinigamazi. Contre le Serbe Marko Petrovic, cette fausse garde a fait preuve d’une grande maîtrise et une classe qui lui autorise un avenir serein qui pourrait lui ouvrir des portes au niveau européen ou mondial. «On est là pour montrer que la Suisse romande existe, se marre-t-il. Je suis assez content de ce que jai démontré même s’il me reste encore du travail pour être au top à 100%. D’ailleurs, j’ai entendu Patrick Kinigamazi au pied du ring qui m’a rappelé à l’ordre quand j’ai commis quelques bêtises!» Or qu’il se rassure, il y en a eu très peu. Et puis, comme Anaïs et tout le Palladium, ce jeudi, l’essentiel était ailleurs. Cela faisait tellement longtemps qu’ils attendaient ce moment-là

Résultats de la soirée

Palladium, Genève. Meeting de boxe.

Lourds, 4x3 : Stefan Rumpold (94,900/BC Brugg) bat Milan Milosevic (96,300/Serbie) aux points (40-36, 40-36, 40-36).

Super-welters, 6x3: Liridon Koxha (68,300/Fight District Lausanne) bat Sladjan Dragisic (69,100/Serbie) aux points (60-54, 59-55 60-54).

Super-moyens, 6x3 : Sali Ben Rejeb (75,600/Marseille) bat Khalid Graidia (74,400//CP Carouge) aux points (57-56, 56-57, 57-56).

Super-légers, 6x3 : Bryan Venant Fanga (63,700/CP Carouge) bat Marko Petrovic (63,400/Serbie) aux points (60-54, 60-54, 59-55).

Dames, légers, 4x2 : Anaïs Kistler (64,200/CP Carouge) bat Jovana Marovic (64,600/Serbie) aux points (40-36, 40-35, 40-35).

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