Montreux Jazz: une édition historique

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BilanMontreux Jazz: une édition historique

La 56e édition a attiré plus de 250’000 festivaliers sous un ciel radieux. Les organisateurs se préparent d’ores et déjà à 2023 et 2024.

par
Laurent Flückiger
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Ilira, Ibis Music, 15 juillet.

Ilira, Ibis Music, 15 juillet.

© FFJM 2022 Lionel Flusin
Jaya Marleen, parc Vernex, 15 juillet.

Jaya Marleen, parc Vernex, 15 juillet.

© FFJM 2022 Thea Moser
Montreux, ambiance.

Montreux, ambiance.

François Melillo

Plus de 250’000 festivaliers, 17 concerts payants sold out (10 à l’auditorium Stravinski et 7 au Lab, avec un taux de remplissage à 85% sur les deux salles, un score jamais atteint ces dernières années) et évidemment 16 jours de soleil sur 16: «On frise les records dans l’histoire du Montreux Jazz et on devrait atteindre les chiffres noirs», commente Mathieu Jaton. Un patron heureux et ému, qui a rappelé qu’en janvier, quand ils ont décidé de lancer la transformation des lieux commencée un an avant, il fallait «du courage et de l’audace». 

C’est à la Lake House qu’il pense en particulier. Cette nouvelle maison du Jazz a rapidement trouvé son public. Mais aussi au nouvel aménagement des quais avec davantage de terrasses et du parc Vernex. «Au début du festival, on avait le trouillomètre à zéro mais la magie a opéré», confie-t-il. Il est vrai qu’avec 550 concerts et activités, le Covid toujours présent et les problèmes de transport, en particulier aériens, auraient pu torpiller Montreux. Au final, il y a eu très peu d’annulations.

Appréhension avant Diana Ross

«Je suis radieux, ravi, aux anges. Je ne vais pas vous faire des superlatifs, sinon je ne m’arrêterai pas durant deux heures» sourit Mathieu Jaton. Et de citer le bonheur d’artistes d’avoir pris part à la fête, comme Nick Cave, Morten Harket (a-ha), Olly Alexander (Years & Years), Anitta ou encore Paolo Nutini, qui est resté deux jours de plus. Sur Diana Ross, sans doute le moment le plus attendu de l’édition, il a reconnu qu’il y avait de «l’appréhension» avant que le concert commence. «Allait-elle être là? Est-ce que tout se passerait bien? Soulagement: son show était une grosse machine américaine bien huilée, décrit le boss du Montreux Jazz. Et puis, à la fin, il se passe un truc: on sent qu’elle n’a pas envie de quitter la scène pour ce qui était sa dernière date européenne. Et là, on a vécu un moment d’histoire.»

Anticiper 2024

Après l’histoire, l’avenir. Si Mathieu Jaton aime la nouveauté, il y aura pourtant peu d’ajustements en 2023. Il estime toutefois qu’il y aura plusieurs centaines de milliers de francs de coût supplémentaire sur l’énergie – déjà plus chère actuellement. Sur 2024, c’est autre chose. Pour rappel, le bâtiment 2m2c, antre du Stravinski et du Lab, sera alors en travaux et donc inutilisable. Le directeur de la manifestation assure que cette édition hors des murs se passera bel et bien à Montreux. «Et pour anticiper cette transformation, des jalons ont déjà été posés», explique-t-il. Traduction: le montage de la Scène du Lac en 2021 et la création de la Lake House en 2022. Le parc Vernex ne sera pas non plus disponible. Le festival devra alors regarder à l’est de son site habituel. Pas forcément comme jadis du côté du Casino, cette salle n’étant pas adaptée à des concerts comme il s’en donne aujourd’hui. Une chose est sûre: le Montreux Jazz Festival continuera à surprendre.

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