05.09.2020 à 12:06

AutomobilismeMonza, temple de la solitude

D’habitude, le légendaire Autodromo accueille plus de 100’000 tifosis. Au moins, les fans de Ferrari n’assisteront pas à la déchéance de leur équipe.

von
Luc Domenjoz, Monza

Monza, désert et triste

Aucun spectateur ne sera autorisé cette année dans l’enceinte du Parco di Monza. Aucun resquilleur n’osera franchir le mur d’enceinte, qui remonte à 1807 (le parc a été créé par Napoléon).

Pas de spectateurs dans les gradins du Parco di Monza.

Pas de spectateurs dans les gradins du Parco di Monza.

DR

Personne ne va s’aventurer dans la forêt environnante pour espérer apercevoir les monoplaces tourner sur l’un des circuits les plus rapides de la saison - les vitesses de pointe approchent les 380 km/h au bout de la ligne droite des stands.

Le circuit, cette année, est tristement vide, tellement même que les rares journalistes présents peuvent parquer leur voiture devant le tunnel de la salle de presse, dans un pré normalement noir de monde, là où se trouvent les dizaines de boutiques vendant des articles de F1, t-shirts et casquettes. Le circuit est divisé en bulles isolées les unes des autres. Un journaliste n’a donc pas accès au paddock et ne peut discuter avec les pilotes ou les ingénieurs. Les conférences de presse sont organisées dans une salle, et les journalistes qui souhaitent y poser des questions sont installés dans une autre, et ne peuvent communiquer que par vidéo.

Dans ces conditions, se déplacer sur les circuits n’a aucun sens, sinon de rencontrer les gens discrètement, le soir (Frédéric Vasseur, le patron de l’écurie Sauber Alfa Roméo, a passé la soirée avec «Le Matin», jeudi). La Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA) n’a plus même besoin de limiter le nombre de journalistes présents: à Sotchi, pour le Grand Prix de Russie, dans trois semaines, seuls cinq d’entre eux sont annoncés volontaires. Les salles de presse, ces dernières années, en comptaient près de cinq cents…

La fin d’une ère

Frank Williams.

Frank Williams.

Keystone

Frank Williams n’avait pas un sou lorsqu’il a débuté dans le sport automobile. Pendant des mois, il a dormi sur le canapé d’un ami, incapable de louer un appartement.

Après plusieurs essais manqués, il a démarré son écurie en 1975, avec une seule voiture, avant de décrocher plusieurs sponsors arabes qui lui ont permis de développer une monoplace capable de gagner.

Williams a remporté son premier Grand Prix en 1979, en Angleterre, avec Clay Regazzoni au volant. Le Suisse a offert à celui qui est devenu «Sir Frank» la première de 114 victoires, qui se sont accompagnées de neuf titres mondiaux des constructeurs.

Au fil des ans, Frank Williams a reçu plusieurs offres pour son équipe (BMW et Laurence Stroll voulaient l’acquérir), mais il les a toujours déclinées. Il voulait garder le contrôle de Williams Grand Prix.

Cette année, pourtant, Sir Frank savait que les carottes étaient cuites. Sans sponsor ou presque, avec les coûts faramineux impliqués par la Formule 1 contemporaine - son usine compte 450 employés -, il a dû se résoudre à vendre toutes les parts de son équipe à un fonds de placement américain, Dorilton Capital. La société a acheté les 52% qui restaient à Frank Williams ainsi que toutes les actions qui étaient sur le marché de la bourse de Francfort.Lorsque l’annonce en fut faite, la semaine dernière, il semblait entendu que Claire Williams (la sous-directrice actuelle) et son père Frank resteraient à la direction de l’équipe.

Claire Williams.

Claire Williams.

Keystone

Mais jeudi matin, la fille du fondateur a annoncé qu’elle préférait se retirer au soir de ce Grand Prix d’Italie: «Je ne peux pas diriger cette écurie pour quelqu’un d’autre. Je suis trop impliquée émotionnellement avec elle. J’y ai investi toute ma vie, j’ai grandi dans l’équipe…». Claire Williams assure que Dorilton Capital souhaitait pourtant qu’elle reste en place.

La fin de la famille Williams marque aussi celle d’une époque. Celle des petits constructeurs qui dirigeaient leur propre écurie, comme Colin Chapman chez Lotus, ou Ken Tyrrell et Jack Brabham, dont les écuries portaient leurs noms. Désormais, toutes les équipes appartiennent à des fonds de placement (Dorilton Capital pour Williams, Longbow Finance pour Sauber), à des milliardaires (Gene Haas, Laurence Stroll (Racing Point), Dietrich Mateschitz (Red Bull et Alpha Tauri) ou à des grands constructeurs (Mercedes, Ferrari et Renault).

Avec le départ de la famille Williams, la page des années ’60 ou ’70 se tourne définitivement. L’écurie va garder son nom, et les monoplaces continueront d’être numérotées «FW», en hommage à Sir Frank. Maigre consolation.

Pepperoni ou Margherita?

En hommage à la culture italienne, Lando Norris a décidé de décorer son casque avec des dessins de pizza. Incapable de choisir, il a décidé que la moitié de gauche montrerait une pizza pepperoni, et celle de droite une pizza margherita.

Un choix qui a causé des débats passionnés dans le paddock, beaucoup jugeant que le pilote aurait dû porter un choix définitif entre l’une ou l’autre des pizzas plutôt qu’adopter cette version moitié-moitié! Enfin un débat sérieux en Formule 1…

Désastre annoncé par Charles Leclerc

Charles Leclerc et sa Ferrari vont vivre un week-end difficile

Charles Leclerc et sa Ferrari vont vivre un week-end difficile

Keystone

Circuit de moteurs par excellence, Monza ne va pas spécialement favoriser les Ferrari SF1000… Alors que Charles Leclerc s’était élancé de la pole position l’an dernier avant de remporter la course le lendemain, il n’en sera probablement pas de même cette année.

«La voiture est tellement difficile à conduire… Les qualifications vont être un désastre», annonce ainsi Charles Leclerc dans sa radio de bord au cours des essais libres, vendredi.

Les Ferrari ne sont tout simplement pas assez rapides sur l’Autodromo, et la Scuderia n’a aucun moyen de corriger le tir avant, au mieux, la saison prochaine. Heureusement qu’aucun tifosi n’est autorisé sur place, ça leur épargnera au moins le triste spectacle de la débâcle annoncée.

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7 commentaires
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Juan Pelota

05.09.2020 à 15:23

Euh... claire Williams en photo? Vous plaisantez? De mieux en mieux... c’est Suzie Wolff!!!

joel

05.09.2020 à 14:57

euhhh les journalistes du matin le é sur Alfa Romeo, n'existe pas, renseignez-vous avant d'écrire la marque.

Faitesattention

05.09.2020 à 14:02

Ce n’est pas Claire Williams sur la photo