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Ski alpinMorisod ne sera pas le messie

Swiss-Ski n'a pas su convaincre Patrice Morisod de revenir. Le Valaisan a décidé de rester à la tête de l'équipe de France de vitesse jusqu'en 2015.

par
Gaëlle Cajeux
à Schladming
Patrice Morisod avait donné sa parole, il a voulu tenir ses engagements envers la France.

Patrice Morisod avait donné sa parole, il a voulu tenir ses engagements envers la France.

Jean-Christophe Bott, Keystone

Les championnats du monde de Schladming se sont terminés sur une nouvelle désillusion pour l'équipe de Suisse. Non que ses slalomeurs aient particulièrement déçu avec leurs 17e, 18e et 28e places – elles sont conformes à leur niveau de Coupe du monde. Mais elle a dû essuyer le refus de celui qu'elle envisageait en sauveur de ses hommes de la perdition: Patrice Morisod.

Malgré les sollicitations alléchantes de Swiss-Ski, qui n'avait pas su le retenir en 2009, l'entraîneur qui a «fait» les Plaschy, Cuche ou Défago a choisi de rester en France. A la tête du groupe de vitesse masculin, heureux double médaillé à Schladming (argent de Tessières en super-G et bronze de Poisson en descente).

Les Français sont heureux

La confirmation est venue du clan français, forcément fier de conserver ce coach réputé auprès de ses skieurs. Le directeur technique national a profité du bilan, hier au terme du slalom masculin, pour annoncer: «Il y a eu beaucoup d'interrogations autour de Patrice Morisod depuis le début des Mondiaux, mais je vous confirme que – tout comme David Chastan (responsable du groupe technique) – Patrice est confirmé dans ses fonctions. Son contrat est prolongé jusqu'aux Mondiaux 2015, à Vail.» Et Fabien Saguez de souligner: «Lorsqu'on a des entraîneurs qui sont bons, il faut savoir le leur dire et leur montrer notre confiance.»

Président de la Fédération française, Michel Vion assure n'avoir jamais craint de perdre le Valaisan malgré l'insistance des Suisses. «L'entraîneur et tout son staff forment un groupe solide, qui marche bien. Nous travaillons dans la sérénité pour amener nos skieurs sur le podium. Patrice se sent bien chez nous. Bien sûr il serait payé un peu plus chez Swiss-Ski, mais c'est un choix de la vie.»

«Une décision du cœur, explique Patrice Morisod. Dès le début, j'ai dit que mon aventure avec les Français irait jusqu'aux JO de Sotchi (et maintenant jusqu'à Vail). Je pense qu'il faut avoir une parole, tenir ses engagements. Les discussions avec les dirigeants de Swiss-Ski m'ont confirmé qu'ils souhaitaient vraiment mon retour. Et j'avoue que ça aurait pu être d'actualité car cela ne me fait pas plaisir de voir l'état actuel de l'équipe masculine. Mais, éthiquement, j'aurais eu de la peine à me regarder dans un miroir si j'étais revenu en Suisse comme ça, en laissant l'équipe que l'on a maintenant en France. Le groupe est superintéressant. Je n'ai pas eu de grande réflexion à faire.»

Swiss-Ski lui proposait non pas le nouveau poste de chef alpin mais un rôle «sur le terrain» en contact direct avec les skieurs, comme entraîneur du groupe de vitesse. «Nous regrettons son non, mais nous nous en doutions un peu», avoue le vice-président de Swiss-Ski, Jean-Philippe Rochat. Du côté français, on évoque pourtant «une offre assez extraordinaire» de la Fédération suisse. Un salaire annuel qui se serait élevé à 150 000 francs. «Il n'y a pas eu de discussion d'argent avec Patrice, nous n'avons pas essayé de l'appâter avec ça, rétorque Rochat. Il était juste clair qu'il n'allait pas revenir pour moins que ce qu'il gagnait lorsqu'il est parti» (aux environs de 100 000 francs).

Patrice Morisod reconnaît simplement que «financièrement cela aurait été plus intéressant de revenir en Suisse». Mais il a fait le choix du cœur. Swiss-Ski doit «aller chercher» un nouveau messie.

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Résultats des athlètes français entraînés par Morisod à Schladming

Résultats des athlètes suisses dans les mêmes disciplines

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