Actualisé 26.07.2013 à 19:17

EgypteMorsi en prison pour ses anciens liens avec le Hamas

La justice égyptienne a ordonné vendredi la détention du président déchu Mohamed Morsi pour complicité présumée avec le Hamas début 2011, une décision condamnée par les Frères musulmans.

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L'ancien président Mohamed Morsi a vu sa condamnation à perpétuité pour espionnage être annulée. Il a été destitué en 2013. (Mardi 22 novembre 2016)

L'ancien président Mohamed Morsi a vu sa condamnation à perpétuité pour espionnage être annulée. Il a été destitué en 2013. (Mardi 22 novembre 2016)

Keystone
L'Australien Peter Greste, basé au Kenya (centre), et le Canado-Egyptien Mohamed Fahmy (gauche), chef du bureau du Caire d'Al-Jazeera en anglais, ont été condamnés à sept ans de prison. Leur collègue égyptien Baher Mohamed (droite) a écopé d'une peine supplémentaire de trois ans de prison pour détention d'armes. (23 juin 2014)

L'Australien Peter Greste, basé au Kenya (centre), et le Canado-Egyptien Mohamed Fahmy (gauche), chef du bureau du Caire d'Al-Jazeera en anglais, ont été condamnés à sept ans de prison. Leur collègue égyptien Baher Mohamed (droite) a écopé d'une peine supplémentaire de trois ans de prison pour détention d'armes. (23 juin 2014)

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Le correspondant australien d'Al-Jazeera, Peter Greste, a été condamné à sept ans de prison comme ses deux confrères égyptiens. (23 juin 2014)

Le correspondant australien d'Al-Jazeera, Peter Greste, a été condamné à sept ans de prison comme ses deux confrères égyptiens. (23 juin 2014)

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Mohamed Morsi est détenu au secret par l'armée depuis sa destitution le 3 juillet. Il a été formellement placé en détention pour une durée maximale de 15 jours.

La décision, qui intervient sur fond de manifestations pro et anti-Morsi, a été vivement condamnée par les Frères musulmans et le mouvement palestinien concerné.

Mohamed Morsi a été placé en détention préventive pour une durée maximale de 15 jours. Selon l'agence officielle Mena, il est entre autres accusé d'être impliqué dans des attaques contre la police, imputées au Hamas, sous son prédécesseur Hosni Moubarak. Mohamed Morsi est détenu au secret par l'armée depuis sa destitution le 3 juillet.

Le nouveau pouvoir le soupçonne d'avoir «tué des détenus, des officiers et des soldats, délibérément et avec préméditation». L'acte d'accusation comprend également «l'enlèvement de certains officiers et soldats», ainsi que son évasion de prison à la même époque, précise l'agence de presse.

«Vengeance de l'ancien régime»

Ces accusations «sonnent comme une vengeance de l'ancien régime, qui indique qu'il fait un retour en force», a déclaré Gehad el-Haddad, un porte-parole des Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi. «Elles (les accusations) ne sont absolument pas prises au sérieux. Nous poursuivons nos manifestations dans la rue», a-t-il averti.

Le Hamas condamne également cette décision, fondée selon lui «sur le postulat que le mouvement Hamas est hostile» à l'Egypte, a déclaré un porte-parole du mouvement à Gaza.

«C'est un développement dangereux qui confirme que le pouvoir actuel en Egypte renonce aux causes nationales (...), allant même jusqu'à leur nuire, à commencer par la cause palestinienne», a déploré Sami Abou Zouhri.

Le Hamas est visé depuis des mois par une féroce campagne des médias égyptiens hostiles au président islamiste. La presse remet en cause le patriotisme des Frères musulmans en leur reprochant leurs liens avec le Hamas. Ce dernier est accusé d'ingérence dans les affaires égyptiennes, avant et après la révolution de 2011, qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak.

Rassemblements de pro et anti-Morsi

La mobilisation à travers tout le pays des partisans et adversaires du président destitué ne connaît, quant à elle, aucun répit. A l'appel du chef d'état-major de l'armée, le général Abdel Fattah al Sissi, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans de nombreuses villes vendredi, jour de la grande prière hebdomadaire.

Les militaires avaient invité les Egyptiens à descendre dans la rue, faisant clairement savoir que cette journée serait un tournant dans leur épreuve de force contre les pro-Morsi. Des milliers de personnes sont descendues dans la matinée place Tahrir au Caire et plus d'une centaine de milliers de personnes étaient attendues.

«Les Frères nous ont volé notre révolution», scandaient les protestataires. «Ils sont venus, se sont assis sur le trône et ont tout contrôlé», a commenté un manifestant.

Parallèlement, les Frères musulmans ont lancé pour ce jour un mot d'ordre de contre-manifestations à travers le pays. L'événement a été baptisé «Journée visant à abattre le putsch».

Affrontements meurtriers

Au total, trente-quatre rassemblements ont été annoncés rien que dans la capitale et beaucoup craignent un enlisement des violences. Près de 200 personnes ont déjà trouvé la mort depuis le renversement de Mohamed Morsi.

A Alexandrie, deuxième ville d'Egypte, des milliers de pro-Morsi se sont déjà affrontés avec des manifestants favorables à l'armée, a constaté un journaliste de Reuters. Certains ont lancé des pierres sur la foule depuis le toit de maisons avoisinantes. Deux personnes sont décédées et dix-neuf ont été blessées.

L'armée avait menacé jeudi de retourner ses armes contre ceux qui useraient de violence lors de ces manifestations. Selon un responsable militaire, elle a lancé un ultimatum aux Frères musulmans. Ces derniers ont jusqu'à samedi pour signer une «feuille de route» de réconciliation politique qu'ils ont jusqu'ici boycottée.

(AFP)

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