Hommage: Mort de Luke Perry: l'adolescence perdue
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HommageMort de Luke Perry: l'adolescence perdue

Dylan McKay, son personnage dans la série «Beverly Hills 90210», a marqué la décennie 1990-2000 et toute une génération. Souvenirs.

par
Laurent Flückiger
Dylan (ici avec Brenda): mystérieux, solitaire, fan de surf, riche. Et bien sûr toutes les filles rêvent de lui.

Dylan (ici avec Brenda): mystérieux, solitaire, fan de surf, riche. Et bien sûr toutes les filles rêvent de lui.

Starface

Nous sommes au début de l'année 1993. Une nouvelle série américaine débarque sur TF1. Si, depuis deux ans, les naïades d'«Alerte à Malibu» ont déjà réussi à faire oublier «Madame est servie» ou «La petite maison dans la prairie», émoustillant l'adolescent de presque 15 ans que je suis, cette fois, c'est encore autre chose. Le nom claque: «Beverly Hills» (on ne disait pas le code postal à l'époque). En plus du soleil de Los Angeles, c'est le luxe qu'on nous promet, les villas de rêve, des collégiens populaires et peut-être même des stars.

La frime à l'état pur

Premier épisode. On découvre Brandon Walsh au réveil: «Premier jour d'école, drôle de vie, nouvelle maison, pas de copain, je suis traumatisé.» Voici Brenda, sa soeur jumelle. Elle n'a toujours pas trouvé sa tenue. Et pour cause: la première impression est la bonne. Et comme elle dit: «Tout le monde ici a l'air de sortir d'un clip vidéo de Madonna et moi je n'ai même pas la bonne coiffure!

Brandon et Brenda embarquent dans une épave marron. Les riches enseignes défilent, Ralph Lauren, Georgio Armani, Cartier, des palmiers, encore des palmiers et nous voici arrivés à West Beverly Hills High. Il y a un service de parking, tout le monde ou presque porte des lunettes à soleil, les berlines et les voitures de sport affluent. L'un a un téléphone portable, l'autre un ordinateur portable. C'est la frime à l'état pur. Couleur années 1990, on s'entend!

Pour l'instant, on ne connaît pas encore Dylan McKay. Mais, déjà, on a vu Steve Sanders arriver en crissant les pneus, Kelly Taylor avec son nez fraîchement refait, David Silver tout excité, Andrea Zuckerman descendant du bus (manque encore Donna Martin). D'ailleurs, il faut passer le premier épisode pour que le personnage joué par Luke Perry apparaisse enfin. Le voilà s'interposant dans un conflit sous les yeux de Brandon. Blouson foncé, T-shirt blanc dans une salopette en jean avec une bretelle tombée, petite boucle à l'oreille gauche, coupe à la James Dean. Dylan est mystérieux, solitaire, fait du surf, ne se laisse pas marcher dessus et n'assume pas le fait d'être riche. Et bien sûr toutes les filles rêvent de lui. Vont succomber: Brenda, Kelly, Valérie et finalement Kelly à nouveau.

Partir pour mieux revenir

Dylan McKay était un bad boy mais pas trop. Il pouvait succomber à l'alcool et aux drogues tout ayant un côté grand frère avec les autres. En le voyant, on se disait qu'il avait presque de la chance d'avoir un père un prison – ça le rendait différent et donc le transformait en aimant à filles – tout en le plaignant sur son sort.

Brandon était trop parfait, David trop jeune et Steve trop bête. C'est donc Dylan McKay qui, pour les ados, marquera toute la décennie 1990-2000. Si présent et pourtant fuyant. Luke Perry, à l'image de son personnage, a en effet d'autre choses que la vie facile de Beverly Hills en tête. Il quitte la série au milieu de la 6e saison pour tenter une carrière au cinéma avant de faire son retour deux ans avant que tout se termine, en 2000. À cette époque, le téléspectateur que je suis ne retient que le fait que Dylan a quitté la ville pour mieux revenir. Toujours aussi cool et en même temps agaçant pour l'homme que je deviens, alors que j'avance désormais cette année-là au rythme de «Smack My Bitch Up» pour quitter bientôt le 90210. Merci Luke Perry et The Prodigy.

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