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Crise en UkraineMoscou menace Washington, rencontre Kerry-Lavrov

En pleine escalade verbale entre Moscou et Washington sur l'Ukraine, le chef de la diplomatie russe rencontrera dimanche son homologue américain à Rome.

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Kiev doit chercher à convaincre la Cour internationale de Justice lundi que Moscou soutient le «terrorisme». (Lundi 5 mars 2017)

Kiev doit chercher à convaincre la Cour internationale de Justice lundi que Moscou soutient le «terrorisme». (Lundi 5 mars 2017)

Keystone
Le FMI et l'Ukraine sont parvenus à un accord préliminaire pour verser une nouvelle aide à ce pays en proie à la crise et à la violence. (Samedi 4 mars 2017)

Le FMI et l'Ukraine sont parvenus à un accord préliminaire pour verser une nouvelle aide à ce pays en proie à la crise et à la violence. (Samedi 4 mars 2017)

Keystone
Un pompier dégage des débris à la suite des bombardements des forces pro-russes. (Image du 25 février 2017)

Un pompier dégage des débris à la suite des bombardements des forces pro-russes. (Image du 25 février 2017)

AFP

La Russie a menacé samedi 13 décembre de prendre des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis, en réaction à l'adoption d'une loi autorisant la livraison d'armes à l'Ukraine. Dans ce contexte tendu, John Kerry et Sergueï Lavrov se rencontreront dimanche à Rome.

Cette rencontre entre les chefs de la diplomatie américain et russe a été annoncée par les deux pays. Elle sera essentiellement consacrée au Proche-Orient. Mais les deux hommes, qui se rencontrent pour la 17e fois de l'année, parleront aussi de la situation en Syrie et en Ukraine.

Cette rencontre survient deux jours après l'adoption par le Congrès américain d'une loi autorisant la livraison d'armes -y compris létales- à l'Ukraine et l'adoption de nouvelles sanctions contre Moscou.

Décision «inacceptable» pour Moscou

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a dénoncé samedi des «décisions inacceptables» qui, a-t-il dit, ne pourront pas rester «sans réponse». Cité par l'agence Interfax, il a dénoncé les «sentiments anti-russes» qui, selon lui, ont guidé le vote qualifié d'«historique» par des députés ukrainiens.

Le vote au Congrès américain constitue un premier pas très symbolique pour l'Ukraine, qui cherche désespérément depuis des mois à convaincre ses alliés de lui vendre des armes pour ses soldats, largement sous-équipés face à des rebelles prorusses soutenus militairement par la Russie, selon Kiev et les Occidentaux.

Ce vote ne signifie pas pour autant que Barack Obama se résoudra à livrer de telles armes aux forces ukrainiennes. Le président américain a jusqu'à présent toujours préféré fournir l'Ukraine en matériel «non létal», comme des radars, des lunettes de vision nocturne ou des gilets pare-balles.

Kiev a par ailleurs appelé l'Union européenne à «garder sur la table» la possibilité de nouvelles sanctions lourdes contre Moscou. La Russie «joue un jeu» et «essaie de créer un écran de fumée» sur son rôle dans le conflit, a affirmé à Bruxelles l'ambassadeur ukrainien, Konstantin Elisseïev.

«Signe positif» pour Burkhalter

Sur le terrain, l'armée ukrainienne a fait état samedi de onze attaques rebelles contre ses positions dans l'Est séparatiste prorusse au cours des dernières 24 heures en dépit du cessez-le-feu, et d'un drone survolant le port stratégique de Marioupol, dernière grande ville de l'Est sous contrôle de Kiev.

Une trêve a été instaurée mardi dans l'est de l'Ukraine. Les protagonistes estiment qu'elle est globalement respectée même si au moins cinq soldats et volontaires ukrainiens ont été tués depuis dans des affrontements.

Dans un communiqué, le président de la Confédération Didier Burkhalter, président en exercice de l'OSCE, a salué une «diminution significative» des combats, y voyant un «signe positif». Il a appelé toutes les parties au conflit à poursuivre leurs efforts pour une pleine mise en œuvre des accords conclus en septembre à Minsk.

Les autorités ukrainiennes ont pourtant annoncé contre toute attente l'interdiction «pour des raisons de sécurité» de vols à destination de Dnipropetrovsk, Kharkiv (est) et Zaporijjia (sud), grandes villes proches du front de l'Est séparatiste prorusse.

Pour l'expert militaire ukrainien Serguiï Zgoursets, cette décision pourrait s'expliquer par le fait que les rebelles auraient reçu de nouvelles armes antiaériennes ou «servir de signal à l'agresseur potentiel que ses avions seront abattus».

Refus de fonds russes

La crise russo-ukrainienne a également connu samedi un développement inattendu sur le front culturel. L'Ecole chorégraphique de Kiev a renoncé aux fonds levés pour une rénovation de l'établissement lors d'un gala de charité au Bolchoï organisé par la danseuse étoile Svetlana Zakharova à cause de son soutien à l'annexion de la Crimée.

Ces fonds «ne sont pas comparables à des milliers de morts, des centaines de milliers de km2 de territoire, des dizaines de milliards de hryvnias qu'a perdus l'Ukraine», a lancé le directeur de l'Ecole Ivan Dorochenko faisant référence au conflit dans l'Est qui a suivi le rattachement de la Crimée.

(ats)

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