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SyrieMoscou pourrait coopérer avec la coalition anti-EI

Jeudi, le Kremlin s'est déclaré prêt à rejoindre l'alliance contre les djihadistes menée par les Etats-Unis.

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Le chef de l'Etat syrien, Bachar al-Assad, s'exprime pour la première fois sur l'accord de cessez-le-feu, qu'il estime «difficile». (16 février 2016)

Le chef de l'Etat syrien, Bachar al-Assad, s'exprime pour la première fois sur l'accord de cessez-le-feu, qu'il estime «difficile». (16 février 2016)

Keystone
Des tirs de missiles ont «tué près de cinquante civils dont des enfants et fait de nombreux blessés» dans «au moins» cinq établissements médicaux et deux écoles à Alep et Idlib (nord de la Syrie), a annoncé lundi l'ONU. (Lundi 15 février 2016)

Des tirs de missiles ont «tué près de cinquante civils dont des enfants et fait de nombreux blessés» dans «au moins» cinq établissements médicaux et deux écoles à Alep et Idlib (nord de la Syrie), a annoncé lundi l'ONU. (Lundi 15 février 2016)

AFP
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La Russie a réitéré jeudi ses frappes en Syrie contre des cibles du groupe Etat islamique (EI). Elle s'est même dit prête, sous condition, à coopérer avec la coalition menée par les Etats-Unis. Sur le terrain, un projet de cessez-le-feu près de Damas a échoué.

La position de Moscou semble évoluer sur le dossier syrien. «Nous sommes prêts à une coopération pratique avec les pays de la coalition et à travailler avec eux pour en définir les modalités», a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Il a émis une condition. Cette coopération devra «respecter la souveraineté de la Syrie et les prérogatives du gouvernement syrien (...) «Je suis convaincu qu'avec une approche pragmatique, de telles modalités peuvent être trouvées», a-t-il dit, cité par les agences russes.

«Rassembler nos forces»

Ces propos ont été commentés peu après par le ministre français des Affaires étrangères. «Il y a une ouverture, si on peut dire, des Russes. Nous pensons qu'elle est sincère et il faut rassembler toutes nos forces» contre l'Etat islamique, a déclaré Laurent Fabius à la radio France Inter.

La France aura sous peu l'occasion de vérifier les intentions russes dans la lutte contre l'EI et au sujet du règlement de la situation en Syrie. Le président François Hollande et Laurent Fabius doivent rencontrer le président russe Vladimir Poutine jeudi prochain 26 novembre, soit deux jours après avoir rencontré le président américain Barack Obama.

Coopération franco-russe

Après les attentats meurtriers à Paris, les Occidentaux et la Russie rapprochent leurs positions sur le dossier syrien. Ils ont aussi décidé avec leurs partenaires du G20 de renforcer leur coopération contre la menace djihadiste. Paris et Moscou ont ainsi décidé d'une «coordination plus étroite» de leurs agences de renseignements.

La France et la Russie ont aussi choisi de bombarder Raqa, principal bastion de l'EI en Syrie. Des raids qui ont fait au moins 33 morts parmi les djihadistes en trois jours. Jeudi, la Russie a tiré douze missiles de croisière sur des cibles de l'EI à Alep et la la ville voisine d'Idlip, a signalé l'agence RIA Novosti, citant l'état-major russe.

De son côté, le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a appelé jeudi tous les pays musulmans à présenter un front uni contre l'EI. Il a rendu le président syrien Bachar el-Assad responsable de la montée en puissance de l'organisation djihadiste.

Calendrier contesté

Sur le plan politique, le calendrier de sortie de crise adopté à Vienne samedi dernier prévoit une réunion entre le régime de M. Assad et des membres de l'opposition d'ici le 1er janvier prochain. Un gouvernement de transition doit ensuite être formé dans les six mois, une nouvelle constitution adoptée, suivi d'élections libres dans les dix-huit mois.

Cet agenda pourrait être bousculé. Le président Assad estime qu'il ne peut y avoir de calendrier de transition prévoyant des élections tant que des régions sont contrôlées par les rebelles, a-t-il déclaré à la télévision publique italienne Rai.

Obstacle de taille

Autre obstacle de taille sur le chemin de la paix, les positions inconciliables des Etats-Unis et de la Russie sur le sort du dirigeant syrien. Le président Obama a réitéré son point de vue jeudi à Manille.

Selon lui, la guerre ne peut se terminer sans le départ de M. Assad. Il a écarté des suggestions de dirigeants du Proche-Orient et européens selon lesquelles le président syrien pourrait participer à de futures élections.

Trêve avortée

Sur le terrain, un projet de cessez-le-feu de quinze jours dans la région de Damas a avorté, a annoncé jeudi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Cette ONG, proche des opposants au régime de Bachar el-Assad, a aussi signalé des tirs de rebelles à Damas. Ceux-ci ont fait seize blessés.

(ats)

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