Diplomatie - Moscou sanctionne huit responsables européens

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DiplomatieMoscou sanctionne huit responsables européens

Le Kremlin a annoncé vendredi des sanctions contre huit responsables européens en représailles à celles mises en place par l’UE en mars.

La tension monte entre l’administration du président russe Vladimir Poutine et l’Europe.

La tension monte entre l’administration du président russe Vladimir Poutine et l’Europe.

AFP

La Russie a annoncé vendredi des sanctions contre de hauts responsables de l’Union européenne, dont le président du Parlement européen, en représailles à celles mises en place par Bruxelles en mars dans un regain de tensions entre Moscou et l’Occident.

«L’Union européenne poursuit sa politique de mesures de restriction unilatérales illégitimes visant des citoyens et des organisations russes», a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué, accusant l’UE de chercher à entraver «à tout prix le développement» de la Russie.

Moscou interdit notamment l’entrée sur le territoire russe à huit responsables européens, parmi lesquels, outre le président du Parlement européen David Sassoli, figurent la commissaire Vera Jourova, le procureur de Berlin Jörg Raupach et le député français Jacques Maire, le rapporteur spécial sur l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny à l’Assemblée parlementaire au Conseil de l’Europe (APCE).

Responsables européens en lien avec Navalny

Ces mesures comprenaient notamment l’interdiction d’entrée sur le territoire de l’UE et le gel des avoirs de ces hauts responsables, parmi lesquels le chef du Comité d’enquête russe Alexandre Bastrykine et le procureur général Igor Krasnov. Le 22 mars, le Conseil de l’UE a décidé d’introduire des mesures restrictives contre les responsables de violations graves des droits de l’homme dans divers pays du monde, notamment pour la torture et la répression contre les personnes LGBT et les opposants politiques en Tchétchénie, république du Caucase russe.

«L’UE se réserve le droit de prendre les mesures appropriées en réponse à la décision des autorités russes», ont réagi dans une déclaration commune les présidents des trois institutions de l’Union européenne (Parlement, Conseil -Charles Michel- et Commission -Ursula von der Leyen-). «Aucune sanction ou intimidation n’empêchera l’@Europarl_EN (Le Parlement européen) ou moi-même de défendre les droits de l'homme, la liberté et la démocratie», a pour sa part assuré David Sassoli sur son compte Twitter.

Le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, a de son côté dénoncé des sanctions «injustifiées et inutiles», tandis que l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt a appelé l’UE à «aller au-delà des sanctions symboliques» et à «frapper les oligarques» proches du président russe Vladimir Poutine. Quant au ministère allemand des Affaires étrangères, il a déploré ces sanctions russes qui «contribuent inutilement à tendre davantage encore les relations avec la Russie».

Riposte russe

Moscou explique dans son communiqué riposter ainsi aux sanctions imposées par l’UE les 2 et 22 mars à de hauts responsables russes, des actes visant aux yeux des responsables russes à «lancer un défi ouvert à l’indépendance de la politique intérieure et extérieure russe».

Le 2 mars, l’Union européenne a annoncé sa décision d’imposer des mesures restrictives à l’encontre de quatre Russes responsables selon l’UE de graves violations des droits de l’homme, notamment des procédures judiciaires contre Alexeï Navalny, ainsi que de la répression massive et systématique de la liberté de réunion pacifique en Russie.

Ces mesures comprenaient en particulier l’interdiction d’entrée sur le territoire de l’UE et le gel des avoirs de ces hauts responsables, parmi lesquels le chef du Comité d’enquête russe Alexandre Bastrykine et le procureur général Igor Krasnov. Le 22 mars, le Conseil de l’UE a décidé d’introduire des mesures restrictives contre les responsables de graves violations des droits de l’homme dans divers pays, notamment pour la torture et la répression des personnes LGBT et des opposants politiques en Tchétchénie, une république du Caucase russe.

Alexeï Navalny en toile de fond

Bête noire du Kremlin, Alexeï Navalny, 44 ans, est en prison depuis mi-janvier. Il avait été arrêté à son retour d’Allemagne où il avait passé près de cinq mois en convalescence pour se remettre d’un empoisonnement à un agent neurotoxique dont il accuse le Kremlin.

Parmi les personnes visées par les sanctions annoncées vendredi par Moscou il y a aussi Asa Scott, une responsable d’un laboratoire spécialisé dans les substances hautement toxiques en Suède qui a confirmé les conclusions d’un laboratoire allemand sur l’empoisonnement de cet opposant russe.

Ces nouvelles sanctions russes interviennent après que plusieurs capitales occidentales ont multiplié ces dernières semaines les expulsions de diplomates russes, sur fond d’autres accusations d’espionnage, de cyber-attaques ou d’ingérences dans des élections. En retour, Moscou a quasi systématiquement pris des mesures de représailles et expulsé des diplomates des pays concernés.

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