Motocyclisme: Motegi: questions pour un GP

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MotocyclismeMotegi: questions pour un GP

Les hommes et le matériel sont arrivés à temps au Japon, malgré les menaces météorologiques. Sur le circuit de Motegi, les interrogations sont nombreuses, parce qu’on n’a pas roulé ici depuis 2019.

par
Jean-Claude Schertenleib

Les GP du Japon – et ceux à suivre en Thaïlande, en Australie et en Malaisie ces quatre prochaines semaines – n’ont pas été organisés ces deux dernières années. Corollaire: près des 50% du plateau peut être considéré comme formé de «rookies», les plus jeunes (c’est le cas d’Izán Guevara, le leader de la classe Moto3) n’ayant jamais posé leurs roues sur le sol japonais, beaucoup d’autres ayant changé de catégories depuis 2019, comme Enea Bastianini, Luca Marini, Brad Binder et notamment Miguel Oliveira en MotoGP. Alors, avantage logique aux «anciens»? Pas sûr, dans la mesure où, ces deux dernières années, les motos ont énormément évolué, à l’image des progrès spectaculaires de l’Aprilia d’Aleix Espargaró et Maverick Viñales.   

Quel temps?

On annonce un week-end très humide sur Motegi, un élément supplémentaire dont il faudra tenir compte dans la bagarre pour les titres mondiaux, spécialement en MotoGP où, après les événements d’Aragón, les trois premiers – Quartararo, Bagnaia, Aleix Espargaró – se retrouvent désormais en 17 points.

Autre précision: pour anticiper d’éventuelles complications dans le transport (ce qui n’a pas été le cas), l’horaire traditionnel du week-end a été modifié et, vendredi, il n’y aura qu’une seule séance d’essais libre (certes allongée) pour chaque catégorie. C’est dire que, suivant la météo, il s’agira d’apprendre le circuit, de chercher les bons réglages, mais aussi de réussir le plus rapidement possible un bon chrono pour s’assurer une place en phase finale des qualifications.

On annonce un week-end très humide sur le circuit de Motegi.

On annonce un week-end très humide sur le circuit de Motegi.

AFP

Quelles blessures?

Le premier tour du GP d’Aragón, dimanche dernier, s’est terminé douloureusement pour Fabio Quartararo et Takkaki Nakagami. Comment vont-ils? «J’ai repris mon entraînement physique. Par chance, je n’ai souffert que d’abrasions, c’est un peu douloureux, mais c’est supportable», explique le champion du monde en titre et leader du championnat. La situation de Nakagami est plus complexe: «J’ai subi une opération à ma main droite lundi à Barcelone, ce ne sont donc pas les meilleures conditions pour attaquer un week-end de GP. Ce matin, j’ai reçu le feu vert des médecins pour participer à la première séance d’essais libres, vendredi après-midi (tôt le matin en Suisse). Au terme de celle-ci, on fera un nouveau contrôle et on décidera alors s’il vaut la peine d’insister ce week-end.» 

Opéré de la main droite lundi à Barcelone, Takkaki Nakagami a reçu le feu vert des médecins.

Opéré de la main droite lundi à Barcelone, Takkaki Nakagami a reçu le feu vert des médecins.

Getty Images

Quelles revendications?

Marc Márquez et Pol Espargaró, les deux pilotes officiels Honda, ont visité le HRC – le service-compétition de la grande marque – mercredi. L’octuple champion du monde a-t-il profité de l’occasion pour revendiquer? «J’ai vu le président, les ingénieurs; tous savent où ils en sont et où ils veulent aller. Cette visite était importante pour moi, car il est toujours préférable d’échanger entre quatre yeux que par courrier électronique.» 

Marc Márquez: «Il est toujours préférable d’échanger entre quatre yeux que par courrier électronique.» 

Marc Márquez: «Il est toujours préférable d’échanger entre quatre yeux que par courrier électronique.» 

AFP

Quels ordres?

Bagnaia revenu à 10 points de Quartararo – l’écart aurait pu être de 5 si Bastianini, son futur équipier, ne l’avait pas battu en Aragón -, tout le monde aimerait savoir si et quand des ordres seront donnés au sein des quatre teams Ducati: «Ce n’est pas à moi de prendre ce genre de décisions. Et heureusement», relève ainsi Bagnaia. «Je préfère gagner sur la piste, pas recevoir un éventuel titre parce qu’un collègue de marque a été obligé de me laisser passer.» Bastianini, de son côté, noie encore le poisson: «On ne m’a rien demandé en Aragón. Le championnat est encore long – cinq courses, soit 125 points en jeu -, ce n’est pas le moment de parler de course d’équipe, même si je suis assez intelligent pour savoir que je ne dois pas commettre d’erreurs si je me retrouve en bagarre pour la victoire avec Bagnaia», répond l’homme qui monte, et qui n’a peut-être pas dit son dernier mot pour le titre.

Enea Bastianini n’a peut-être pas dit son dernier mot pour le titre.

Enea Bastianini n’a peut-être pas dit son dernier mot pour le titre.

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